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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 15:12

L’intensification de la chasse aux pro-Gbagbo a contraint les refugiés ivoiriens vivant au Ghana à donner de la voix pour dénoncer cette situation qu’ils qualifient d’injuste et d’illégale.


Amener les nouvelles autorités ghanéennes à se pencher sur la situation des refugiés ivoiriens, afin d’y trouver une solution idoine et pérenne. C’est à cela que s’attèlent les leaders politiques en exil, qui disent ne pas comprendre la chasse aux pro-Gbagbo qui s’intensifie ces jours-ci au Ghana. A cet effet, les responsables du Ghana Refugee  Board (GRB) et de la National Security ont été approchés aux fins de donner des réponses aux interrogations soulevées par l’ensemble de la communauté ivoirienne. Selon certaines sources proches du dossier, il ressort que le premier responsable du GRB, le Chairman M.Emmanuel Bentil Owusu, dit être informé des enlèvements et autres déportations manu militari des pro-Gbagbo en direction de la Cote d’Ivoire. Toutefois, il ne donne aucune explication de nature à faire baisser la tension entre sa structure et ses protégés. Pire, il semble s’être résigné à laisser faire les auteurs de ces actes, comme s’il n’avait aucun pouvoir d’y mettre un terme. Cette situation ne fait qu’augmenter la colère et l’angoisse des refugiés, qui disent ne plus savoir à quel saint se vouer. Du coté du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Refugiés (UNHCR), c’est le black out total. Nul ne veut se hasarder à commenter ces enlèvements- déportations, qui pourtant foulent au pied la convention de Genève relative au statut des réfugiés, adoptée le 28 juillet 1951 par une conférence de plénipotentiaires sur le statut des réfugiés et des apatrides. Les responsables de cette structure onusienne préfèrent faire profil bas et laisser les choses se poursuivre. Ce qui en l’espèce n’est pas surprenant, vu que dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, ils sont restés insensibles et muets lorsque des refugiés placés sous leur protection se faisaient massacrer par les Frci, les dozos et autres partisans armés d’Alassane Dramane Ouattara, dans le camp de Nahibly. Cette collaboration des polices ghanéennes et ivoiriennes ne manque pas de susciter des interrogations. Relatives, bien évidemment, aux nouvelles relations établies par le président John Dramani Mahama avec le gouvernement d’Alassane Ouattara. «Entend-t-il remettre en cause les acquis de son prédécesseur, le professeur John Evans Atta Mills, qui s’était toujours opposé à toute expulsion ou extradition d’opposants ivoiriens», s’interrogent les refugiés. Car, le défunt président faisait du respect scrupuleux de la Constitution du Ghana et des accords internationaux signés par son pays, une de ses valeurs cardinales. Comment son successeur, son vice-président d’alors, élu sur la même liste que lui pour défendre justement lesdites valeurs, en serait-il arrivé à l’acceptation d’une alliance contre-nature avec le régime Ouattara ? L’héritage de feu Atta Mills, qui consistait à faire du Ghana un Etat de droit, serait-il passé en pure perte ? Par ailleurs, sous cette ère, de nombreux observateurs de la vie politique ghanéenne avaient cru en la solidité de ses institutions. Malheureusement, après la tragique et brutale disparition du président Mills, force est de constater qu’il en va autrement. En effet, à ce jour, ni la Cour Suprême, ni l’Assemblée Nationale – pour ne citer que celles-là, n’ont réagi aux kidnappings/déportations des refugiés ivoiriens perpétrés sur le territoire ghanéen. Pourquoi ce silence ? D’autant plus qu’en la matière, un exemple des plus éloquents aurait dû les orienter dans leur attitude. Il s’agit en effet de l’affaire Koné Katinan Justin. Kidnappé dans des conditions identiques, l’ex-ministre du gouvernement Laurent Gbagbo avait manqué de se faire déporter vers Abidjan par Interpol Ghana, assisté de certains éléments de la Dst ivoirienne. Fort heureusement, le Bureau National d’Investigation (BNI) s’était interposé avec fermeté pour empêcher cette forfaiture.


Portée à la sagacité de la justice ghanéenne sur instruction des autorités de l’époque, l’affaire Katinan


suit toujours son cours. Ainsi, si celui-ci devait être extradé, ce serait au regard d’une décision de justice. Dans les cas de Jean Yves Dibopieu et Jean Noel Abehi, la communauté ivoirienne en exil au Ghana se dit très choquée de la tournure prise par les événements. Elle ne s’explique toujours pas pourquoi ces deux personnalités ont été déportées en catimini et manu militari vers Abidjan par les services de police ghanéens. D’autant plus que non seulement il n’existe pas d’accord d’extradition entre la Cote d’Ivoire et le Ghana, mais comme l’affirmaient fort judicieusement les avocats du ministre Katinan, il «existe en la matière la suprématie de la Convention de l’UEMOA sur les refugiés politiques». Les susnommés et toute personne dans la même situation ne sauraient par conséquent
être traités avec autant de mépris et de désinvolture, comme si force n’était plus à la loi.


Aujourd’hui, les refugiés Ivoiriens désemparés, ne savent plus quelle attitude adopter face à un pouvoir qui semble avoir choisi le parti du non droit et de la compromission. Erigeant le kidnapping et les déportations tous azimuts en mode de gestion du pouvoir d’Etat…Pour le plus grand bonheur des tenants du pouvoir d’Abidjan. Comme si le régime Mahama voulait faire savoir aux uns et aux autres que désormais, il optait pour un deal politique avec son voisin ivoirien, et non pour l’Etat de droit.


Ange-Aimé Drébli

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