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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 11:36

" Réconciliation d’accord, mais justice d’abord ", un refrain qu’a fidèlement et laconiquement repris le Premier ministre Kablan Duncan, le lundi 5 février 2013. Qui ne croit pas si bien s’aligner sur une rhétorie à teneur de postulat de son maître Ouattara. Qui à tue-tête ne cesse de déclarer sur les toits et à tout venant, que la réconciliation ne peut se dissocier de toutes actions judiciaires.

Soit. Il est tout à fait plausible que pour l’Etat qui revendique son statut d’Etat dit de droit, la justice à rendre aux justiciables ne saurait être foulée aux pieds ou sacrifiée sur l’autel d’un certain nombre de contingences politiques. En ce sens qu’une justice bien rendue peut être aussi un facteur de réconciliation.

 

Dans la conviction de paraître équilibriste.

Qu’à cela ne tienne. Mais que vaut une logique défendue mordicus à l’aune d’une ambition, si elle se laisse emballer ou enivrer par des velléités politiques sur fond de haine contre un camp, notamment contre celui de Laurent Gbagbo. À qui on applique et continue d’appliquer une justice partielle et parcellaire. Et qui doit payer des tributs de guerre sous forme d’emprisonnements et de privations de toute sorte.

 

Laurent Gbagbo ayant pris le pouls du danger que représente une quelconque idée de vengeance ou de belligérance à tout vent, a choisi de privilégier l’intérêt supérieur de l’Etat en engageant une véritable politique de réconciliation inclusive. Quoique son régime a été éprouvé pendant dix ans, du 19 septembre 2002 au 11 avril 2011, par ceux qui sont au pouvoir, aujourd’hui.

 

La portée historique des actes posés par Gbagbo

 

Les actes posés par Laurent Gbagbo en faveur de la réconciliation ne manqueront aucunement de faire école. Pour tous ceux qui souffrent encore d’amateurisme dans cette dynamique. Et qui s’attèlent, chaque fois que l’opportunité à eux est offerte, a continuer de souffler le chaud et le froid, quand bien même le jeu n’en vaut pas la chandelle.

 

Des données incompatibles que le régime Gbagbo a précocement cernées au bond.

 

Dans la mesure où il était incongru de vouloir rapprocher et approcher des positions tranchées, si une partie n’avait pas fait montre de concession en donnant des signaux fort disponibilité et de bonne foi. Sur cette base, Laurent Gbagbo a pris son bâton de pèlerin, pour engager et réussir la réconciliation dont avait besoin la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens.

 

L’Accord politique de Ouagadougou et la loi d’amnistie qui sauvent les agresseurs de l’Etat

 

Après plusieurs années de tergiversations et de rencontres infructueuses, de Lomé à Accra, Laurent Gbagbo a changé d’approche pour sauver son pays et son peuple. Ainsi du 5 février au 3 mars 2007 ont lieu à Ouagadougou des rencontres entre les délégations des différentes parties. Un accord politique est signé le 4 mars 2007 par Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et le président burkinabé Blaise Compaoré, qui a joué le rôle de facilitateur.

 

En vertu de cet accord, Gbagbo nomme Guillaume Soro comme Premier ministre le 29 mars 2007, lequel a même déclaré, dans une adresse à la nation le 13 avril 2007, savoir «gré au Président Laurent Gbagbo pour avoir pris l'initiative du dialogue direct» et «demandé Pardon pour tous et au nom de tous». «Nous devons à présent apprendre à pardonner», avait-il déclaré.

 

Dans la foulée, pour corser son culte pour une réconciliation réellement inclusive, Laurent Gbagbo a signé le 12 avril 2007 une mesure d'amnistie via l'ordonnance 2007-457. Il ne fallait pas plus une telle débauche d’énergie et de volonté politique émanant du grand artificier Gbagbo, pour dissiper toute psychose de la peur de la part des membres de l’ex-rébellion. Qui se verront même promus, à l’instar de Guillaume Soro, à des postes importants de responsabilité. Ce qui explique le tout et pour le tout, que Gbagbo n’avait pas perdu de vue qu’il était au centre du dispositif de réconciliation et qu’il en demeurait la clé de voûte. Et qu’il était dans son intérêt de rapprocher toutes les parties. C’est en ce sens qu’il s’y est mis sans apriori pour atteindre les résultats escomptés.

 

En d’autres termes, il a fait fi d’un certain nombre de réalités, y compris des charges des violations des droits humains relayées par plusieurs organisations internationales, qui pesaient sur les auteurs de la rébellion de 2002 contre son régime.

 

Voilà ce que vaut un homme d’Etat qui veut vraiment une réconciliation pour les citoyens d’une même Nation. Une vision réalisée et un défi relevé par Laurent Gbagbo, en mettant en avant l’intérêt supérieur de la Nation au détriment de toute considération politicienne. Attitudes à valeur propédeutique qui devraient servir de socle à Ouattara, s’il aspire vraiment à une réconciliation.

 

Tout comme l’attitude Toumani Touré, Président déchu du Mali, ne manquera de servir tous ceux qui veulent être de vrais chefs d’Etat et dont les jets politiques peuvent êtes qualifiés de maximes. «Je dis que le plus important pour moi aujourd'hui ce n'est pas ma personne. Je suis à deux mois de la fin de mon mandat. Je pense que le plus important aujourd'hui, ce n'est pas Att, ce n'est pas les hommes, ce qui est important c'est la démocratie, ce sont les institutions, et c'est le Mali. S’il y avait à choisir entre le Mali et la guerre, je choisirai le Mali», déclarait Toumani Touré, le mercredi 28 mars 2012, sur Rfi.

 

Exprimant à la face du monde son degré pour la vie d’une Nation qu’il faut sauver au prix de sacrifice.

 

Marcel Dezogno

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