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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 18:05

 

La Cpi a engagé des nouvelles poursuites judiciaires contre des personnalités ivoiriennes, pour Crimes contre l’humanité.

 

Elles sont douze dont Guillaume Soro.

 

Tout doucement la juridiction internationale remonte la filière Ouattara.

 

Comme dit l’adage, qui rira bien rira le dernier. Ce qui est reproché à Laurent Gbagbo sera le même pour l’actuel «chef suprême des armées» des FRCI Six personnalités, outre l’expremière dame Simone Ehivet Gbagbo (que Ouattara ne voudrait pas voir comparaître devant la Cpi parce que selon lui, «la Côte d’Ivoire a recouvré sa pleine souveraineté judiciaire et peut désormais juger tous ses enfants sur son territoire), Charles Blé Goudé, Mao Glofiéhi, Brou Amessan Pierre Israël et les Généraux Dogbo Blé Bruno et Vagba Faussignaux sont poursuivis par la Cour pénale internationale (Cpi) pour «crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocides» durant la crise postélectorale de décembre 2010 à fin mai 2011. Ces personnalités sont issues du camp du Président Laurent Gbagbo.

 

Sept autres acteurs du camp Ouattara sont également dans le viseur de la Cpi et pourraient être poursuivis les jours à venir. A savoir, le président de l’Assemblée nationale, ancien Premier ministre, ancien ministre de la Défense dans le premier gouvernement Ouattara et ex-Secrétaire général de la rébellion des Forces nouvelles au moment des crimes, le capitaine Eddy Medi, les commandants Chérif Ousmane, Losseni Fofana dit Loss, Coulibaly Ousmane dit Ben Laden, Fofié Kouakou Martin et le supplétif des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), le mercenaire Burkinabé Amadé Ouérimi qui sévit dans les montagnes de l’Ouest. L’information a été révélée par le confrère le bimensuel La Lettre du Continent dans sa dernière parution n°635.

 

Une vague de poursuites judiciaires qui, à peine lancées contre les autorités ivoiriennes par la juridiction internationale, est déjà frappée du sceau de suspicion. Elles sont censées établir une certaine parité (7 du côté L’ex-majorité présidentielle Lmp, 7 du côté du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). En effet, certains milieux africains parlent de parité ou de «rééquilibrage juridique» et perçoivent très mal cette volonté du procureur argentin Luis Moreno- Ocampo de satisfaire tous les camps, à l’effet de se donner bonne conscience avant son départ de la Cpi programmé pour juin 2012, après une cérémonie de passation des charges avec sa remplaçante la Gambienne Fatou Bensouda. Laquelle va plancher sur les accusations portées par le pouvoir ivoirien contre le camp Gbagbo.

 

A ce sujet, Le Temps a déjà annoncé dans une de ses éditions antérieures qu’Ocampo voulait «s’en laver les mains», parlant du dossier ivoirien. Si ce n’est pas encore le cas, en tout cas, ç’en a bien l’air. Mais il y a plus qui fait jaser. L’argument évoqué pour poursuivre Guillaume Soro. Dans la douzaine de mandats d’arrestation qui seront lancés dans la première semaine du mois de juin, selon des indiscrétions, le cas Soro intrigue les juristes. Pas qu’il ne soit pas justifié, mais il reste sur un goût d’inachevé.

 

Deux personnages, même rôle. Il y a le Guillaume Soro, Secrétaire général de l’ex-rébellion des Forces nouvelles. Ce dernier serait impliqué dans les assassinats et autres violations des droits humains depuis le déclenchement de sa rébellion (septembre 2002), à 2007 la période où il est nommé Premier ministre de Laurent Gbagbo grâce aux Accords politiques de Ouagadougou. Il y a aussi le Guillaume Soro, personnage de novembre 2010, période à laquelle il rejoint l’hôtel du golf le Quartier général d’Alassane Dramane Ouattara. Bien que distinctes, ces deux périodes ont ceci en commun qu’elles mettent au grand jour l’activisme meurtrier de Guillaume Soro, le rebelle et le ministre. Son engagement dans les combats postélectoraux, en tant que Premier ministre et ministre de la Défense d’Alassane Dramane Ouattara a été remarqué du procureur de la Cpi. Guillaume Soro sera poursuivi non pas en tant que «auteur» des présumés crimes contre l’humanité, mais il pourrait l’être en tant que «co-auteur indirect». Comme Laurent Gbagbo. Ou alors «témoin» si l’on veut intégrer la logique des Etats-unis d’Amérique dont les dirigeants exigent sa comparution devant la Cpi.

 

Laurent Gbagbo était au moment des faits qui lui sont reprochés et qui pourraient  être confirmés ou infirmés le 18 juin prochain, le chef suprêmes des armées de Côte d’Ivoire (les Forces de défense et de sécurité – Fds-Ci). Guillaume Soro n’est pas moins assimilable à un criminel passible des poursuites de la Cpi, ne serait-ce qu’en sa qualité de ministre de la Défense d’Alassane Dramane Ouattara. C’est à ce niveau que l’ordre de responsabilité devient intéressant. Guillaume Soro est-il ministre de la Défense pour son propre compte ou pour le compte de celui qui le nomme et dont il répond devant la loi.

 

Il est clairement établi que sa qualité de ministre de la Défense a amené Guillaume Soro à diriger la bataille pour le contrôle du District d’Abidjan. Le jeudi 17 mars, à l’Hôtel du Golf d’Abidjan, «le chef de l’Etat, chef suprême des armées», Alassane Dramane Ouattara, signe l’ordonnance portant création des Forces républicaines de Côte d’Ivoire, «la nouvelles armée». C’est l’ordonnance n°2011-002 du 17 mars 2011, portant également unification des Forces armées nationales et des Forces armées des Forces nouvelles. Première mission que ces armées s’assignent : l’arrestation du Président Laurent Gbagbo. Ce qui est fait un mois après, le 11 avril.

 

Pour revenir aux poursuites engagées contre le Secrétaire général des Forces nouvelles et ministre de la Défense, commandant en second (Ouattara en étant le commandant en chef) des nouvelles Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) créées par ordonnance par Alassane Dramane Ouattara, chef suprême desdites forces, l’argument avancé par le juge de la Cpi l’argentin Luis Moreno- Ocampo suffit largement pour étendre les poursuites au chef de cette armée des Frci. D’autant plus que si Laurent Gbagbo est poursuivi en tant que « co-auteur indirect », rien n’empêcherait la juridiction internationale de poursuivre Alassane Dramane Ouattara en sa qualité et fonction de chef de l’Etat, président de la République, chef suprême des armées (Frci).

Simplice Allard

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