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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 17:53

Un plan pour les clochardiser ?

A l’Hémicycle, l’atmosphère est quasi floue et tendue. Des députés interrogés jouent le même disque. La question de leur traitement financier, notamment, les primes d’installation, les salaires, les moyens de mobilité et les bureaux, est loin d’être élucidée. Une situation désastreuse qui vient déclencher une sorte de crise entre le chef de l’exécutif, Alassane Ouattara et celui du Parlement, Guillaume Soro. Du coup, se profile à l’horizon un blocage, alors que la première session est ouverte depuis le 25 avril dernier, à Yamoussoukro. Jusque-là, ce qui leur a été versé, à en croire l’un d’entre eux, l’a été de main à main, parce que, justement, l’exécutif tergiverse sur le montant exact des salaires et autres émoluments.


Le président Ouattara rejette les dispositions contenues dans la loi de 2007 portant indemnités et salaires des députés. Selon son entourage, cette loi n’a pas été promulguée et publiée au Journal officiel. De leur côté, les parlementaires expliquent que selon certaines dispositions de la Constitution, la loi concernant leur salaire ne doit pas être rendue publique.


Raison pour laquelle elle a été votée à huis-clos. De quel côté se trouve la vérité ? L’affaire est, dit-on, sur le bureau du Conseil constitutionnel. En attendant, les élus de la Nation sont dans la tourmente. Ils sont d’autant plus désemparés que même les facilités qui leur avaient été annoncées pour l’acquisition de véhicules, du fait de la réticence du chef de l’Etat à faire appliquer les nouveaux salaires, coincent. Enchantés au départ à l’idée de se procurer des véhicules neufs à moindres frais, les députés, qui ne savent même pas encore leur statut salarial final, préfèrent jouer la prudence, en se retirant de cette offre.


La réalité du député de 2012 n’est plus celle de celui de 1970


Pourtant, en temps normal, des dispositions particulières permettent à ces élus d’acquérir deux voitures de 15 chevaux, hors taxe et hors douane. Rien de tout cela n’est effectif aujourd’hui. Les problèmes des députés se situent également au niveau des primes d’installation. Avec 10 millions de primes d’installation, quelle maison doit s’offrir un député et dans quel quartier ? La réalité du député de 2012 n’est plus celle de celui de 1970. Il faut donc en tenir compte. Les parlementaires ont besoin d’être mis dans de bonnes conditions de travail pour mieux servir le peuple qui les a choisis.

 

Si le rejet des nouvelles dispositions concernant leurs salaires et leurs primes est maintenu, cela signifierait leur clochardisation pure et simple. Ou alors, la Côte d’Ivoire aura un parlement qui n’existera que de nom. Car, que peut bien faire un député qui n’a pas les moyens adéquats d’établir et entretenir le pont entre lui et les populations ? Rien du tout.

 

Peut-être que, comme certaines mauvaises langues l’avancent, l’exécutif veut utiliser cette arme pour affaiblir les membres du Parlement et les empêcher ainsi de jouer pleinement leur rôle, qui pourrait bousculer l’exécutif quand même le pays n’est pas astreint à un régime parlementaire. A toutes ces équations, il faut ajouter la lenteur des travaux de réhabilitation de l’Institution.

 

Conséquence : les députés travaillent ‘’dans la rue’’ pour l’instant. Autant dire que l’ambiance n’est pas bonne en ce moment au sein de l’Assemblée nationale, et cela risque de compromettre la mise en place effective et rapide des institutions et le vote des lois organiques qui doivent permettre à Ouattara de bien conduire son programme de gouvernement.

MASS DOMI
massoueudomi@yahoo.fr

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