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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 08:25

Le procureur argentin de la Cpi Luis Moreno Ocampo a transmis aux juges avant son départ, le fruit de plusieurs années de complot contre Gbagbo, à la demande de Sarkozy et du dictateur.

 

600 éléments de preuve ! Dont la plupart ont été fabriqués de toutes pièces par ce magistrat peu crédible. Ocampo et ses 600 éléments de preuve ! Le fruit de plusieurs années de complot contre Gbagbo, à la demande de Sarkozy et du dictateur d’Abidjan. L’ami de la coalition, à la veille de son départ, abandonne à son successeur, Fatou Bensouda, un dossier dont l’opinion à travers le monde s’accorde à dire qu’il est hautement politique, d’autant plus qu’il ne repose sur aucun élément juridique crédible.

 

Nous parvenons donc à l’épilogue de la compromission d’un magistrat qui s’est allié à Nicolas Sarkozy et au pouvoir Ouattara pour transférer illégalement Laurent Gbagbo à La Haye, tout en couvrant honteusement les criminels avérés et bien connus du camp Dramane dont il joue le jeu. Ces «éléments de preuves», sortis de la boîte magique du procureur bientôt à la retraite de la Cpi, font question. D’où les tient-il, lui qui n’a pas fait faire d’enquête pour savoir la vérité avant de transférer Laurent Gbagbo ?

 

On le sait, il avait, pour servir ses amis, délibérément refusé de mener des investigations sur le terrain pour établir les responsabilités de chacun et la véracité des allégations mises en avant par le pouvoir. Ni les crimes commis depuis 2002 par les ex-rebelles, ni les génocides perpétrés par les forces pro Ouattara ne l’intéressaient. Mieux, l’homme a tenté de manœuvrer à la Cpi pour limiter les crimes de sang commis en Côte d’Ivoire à la période postélectorale, à la demande de Ouattara.

 

Le dictateur installé à Abidjan avait demandé, le 3 mai 2011, à Ocampo d’user de son statut pour faire en sorte que la Cpi n'enquête que «sur les crimes les plus graves commis depuis le 28 novembre 2010 sur l'ensemble du territoire ivoirien». C’est à peine s’il n’a pas mentionné que les choses devaient se limiter aux crimes dont le camp Gbagbo est accusé. Car, dans son esprit, il n’était pas question que lui et ses ex-rebelles répondent des atrocités qu’ils ont infligées aux innocentes populations, pour l’ambition politique d’un simple mortel. En pleine épopée sarkosienne, Ouattara était convaincu que sa volonté serait faite à la Cpi. Grâce à l’ami Ocampo. C’est pourquoi les conspirateurs n’ont pas hésité à déporter Laurent Gbagbo en foulant les lois et la procédure aux pieds.

 

Pour Ocampo, dès lors que Sarkozy, à l’Elysée à ce moment, contrôlait les choses à l’Onu et à La Haye, par un trafic d’influence qui lui permettait d’exercer des pressions de toutes sortes, la messe était dite pour l’illustre prisonnier. Aussi Laurent Gbagbo a-t-il été transféré à la Cpi sans que la moindre enquête n’ait été menée. Sur quelle base l’a-t-on déporté, alors que pas une seule preuve n’a été établie ? On retient donc que Laurent Gbagbo a été inculpé par Ocampo de façon fantaisiste, illégale et arbitraire. Sans preuve. mais malheureusement pour la ligue des comploteurs, d’énormes grains de sable se sont glissés dans les roues de ce projet qui bafoue la dignité de l’Afrique.


Les conclusions de l’enquête des experts de la Cpi attendues

 

En plus de se faire surprendre par la mobilisation des démocrates qui ont mis à nu la combine à La Haye, le procureur argentin a été rappelé à l’ordre par les juges intègres de la Cpi. Lesquels lui ont fait remarquer que le dossier de l’accusation ne repose sur aucun élément juridique qui justifie les chefs d’accusations portées contre le prisonnier le plus célèbre de la planète. Les juges de la Cpi ont signifié fermement au procureur à la démarche douteuse qu’ils voulaient en «savoir davantage» sur les crimes commis en Côte d’Ivoire par «les deux camps». Ils lui ont donc exigé de réunir tous «les témoignages et les preuves sur le terrain» pour présenter des «conclusions» crédibles à la Cpi. mieux, les juges ont tenu à ce que les investigations en Côte d’Ivoire portent aussi sur les crimes commis par l’ex-rébellion depuis 2002. Ce que Laurent Gbagbo, alors Président de la République, avait lui-même demandé à la Cour pénale internationale : que les responsables des crimes commis depuis septembre 2002 soient punis.

 

L’exigence des juges ne fut naturellement pas du goût de Sarkozy, encore moins de Dramane et des consorts ex-rebelles. C’est donc à son corps défendant que Ocampo s’est vu imposer la venue en Côte d’Ivoire, en mars 2012, des experts de La Cpi pour des enquêtes sur le terrain. De même qu’il à dû accepter, peu avant, de préparer des mandats d’arrêts contre Soro et les premiers proches de Ouattara qui doivent comparaître. En attendant que Dramane lui-même ne soit confortablement logé à son tour au frais à La Haye, pour les crimes qui ont été commis par son camp.

 

Jean Ping, le commissaire de l’Union africain, qui sait de quoi il parle, n’a pas manqué de révéler le vrai visage d’Ocampo «Cet homme fait de la politique» a-t-il affirmé. Aussi une question se pose-t-elle. «Les 600 éléments de preuve» brandis subitement par Ocampo seraient- ils les «conclusions» de l’enquête qui a été récemment menée par les experts de la Cpi qui se sont rendus à Duékoué notamment, entre autres sites de massacres collectifs commis par les Frci ? Si tel est le cas, les observateurs et les Ivoiriens attendent non seulement que cela soit précisé (à la bonne date, pour que les observations s’ouvrent à ce niveau) mais aussi et surtout d’en connaître le contenu. Dans le cas contraire, il faut craindre qu’Ocampo qui «fait de la politique» et qui n’inspire de fait plus aucune confiance à personne, après le scandale de sa «lettre de félicitation à Guillaume Soro» et la récente affaire, dit-on, des «faux témoignages contre Laurent Gbagbo», ne se livre à un dernier «kata».

 

Lié qu’il serait certainement à ses amis par les engagements passés, il pourrait tenter de se donner bonne conscience en gesticulant une dernière fois, pour garder le sentiment d’être parti après avoir rempli son «contrat». En regardant le citoyen Sarkozy et le tyran Ouattara du coin de l’oeil. Rappelons que le procureur argentin a tenté, dans la lettre à Soro, d’engager Fatou Bensouda dans la même aventure que lui. En souhaitant en substance que Guillaume Soro préserve «l’excellente collaboration» qui a marqué leurs relations. mais nul doute que la magistrate gambienne a très tôt pris conscience de l’ampleur de l’affaire ivoirienne. Elle sait qu’elle joue gros: sa crédibilité et celle de la Cpi. Les avocats de Gbagbo, eux, restent plus que vigilants, en attendant de connaître les «conclusions solides» de l’enquête de la Cpi sur «les crimes de sang commis en Côte d’Ivoire depuis 2002». Pour leur part, les démocrates vont faire bouger le monde entier, le 18 juin, à partir de La Haye, pour dénoncer l’arbitraire et pour réclamer la libération, ici et maintenant, du Président Laurent Gbagbo.


K. Kouassi Maurice

 

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