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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 16:54

A court d’arguments pour soutenir ses accusations contre Laurent Gbagbo, le procureur de la Cpi, Fatou Bensouda, a simplement choisi de falsifier l’histoire récente de la Côte d’Ivoire. L’acte d’accusation produit par le procureur de la Cpi contre Laurent Gbagbo pèche par son caractère outrageusement mensonger, la vacuité des chefs d’accusation et son parti-pris flagrant en faveur du camp Ouattara.

 

Qu’on en juge à travers ces quelques morceaux choisis de ce tissu d’affabulation de 58 pages sorti tout droit des officines qui instrumentalisent la Cpi pour maintenir en prison le président ivoirien renversé par l’armée française.

 

Déjà dans l’exposé des motifs, Fatou Bensouda plante le décor de cette sorcellerie juridico-politique en affirmant que «Gbagbo était déterminé à rester au pouvoir ». Un postulat manifestement faux que les juges de la Cpi n’auront pas du mal à déceler. Qu’est-ce qui permet au successeur de Luis Moreno Ocampo de dire que l’ancien chef de l’Etat voulait rester au pouvoir quel que soit le résultat de l’élection présidentielle ? Rien.

 

Le procureur de la Cpi s’est contenté d’affirmer de façon péremptoire que le président Gbagbo, aidé par les membres de son entourage immédiat, a adopté une politique visant à attaquer son rival politique Alassane Ouattara et ses partisans dans le but de conserver le pouvoir. Gbagbo avait-il besoin d’attaquer Ouattara et ses partisans pour se maintenir au pouvoir ? Comment un chef d’Etat, jouissant de l’onction du peuple souverain, qui veut se maintenir par tous les moyens, peut-il accepter d’aller à des élections alors même que la Constitution de son pays interdit l’organisation d’élections présidentielles tant que le pays n’a pas recouvré l’intégrité territoriale ?

 

Faut-il rappeler, pour la gouverne du procureur de la Cpi, que la loi fondamentale de la Côte d’Ivoire permettait à Laurent Gbagbo de rester au pouvoir sans élection tant que le pays était coupé en deux par la rébellion armée. Voici ce que dit l’article 38 de cette Constitution. « En cas d'événements ou de circonstances graves, notamment d'atteinte à l'intégrité du territoire ou de catastrophes naturelles rendant impossible le déroulement normal des élections ou la proclamation des résultats, le Président de la Commission chargée des élections saisit immédiatement le Conseil constitutionnel aux fins de constatation de cette situation. Le Conseil Constitutionnel décide, dans les vingt quatre heures, de l'arrêt ou de la poursuite des opérations électorales ou de suspendre la proclamation des résultats. Le Président de la République en informe la Nation par message. Il demeure en fonction ».

 

La Côte d’Ivoire étant divisée en deux depuis septembre 2002 par une rébellion armée soutenue par la France et le Burina Faso, Gbagbo n’avait donc pas besoin d’organiser des élections ou encore d’attaquer Ouattara et ses partisans pour rester au pouvoir. Qui plus est, l’Accord politique de Ouagadougou signé en mars 2007 exigeait le désarmement de cette rébellion armée, deux mois avant la tenue de la présidentielle. En acceptant d’aller à des élections alors même que la rébellion armée qui avait pour mission d’installer Ouattara au pouvoir était toujours en armes, Laurent Gbagbo a montré qu’il était un démocrate disposé à l’alternance à tout moment et prêt à se soumettre au suffrage du peuple même dans les conditions où le jeu démocratique était manifestement biaisé par les armes rebelles pointées sous la tempe des électeurs.

 

Contrairement aux accusations graves, grotesques et farfelues du procureur de la Cpi, Gbagbo est un digne patriote attaché à son peuple pour lequel il était prêt à tous les sacrifices. La quête permanente du dialogue avec son opposition politique et armée sanctionnée par de multiples accords de paix signés sous l’égide de la communauté internationale procédait de cette volonté de l’ancien chef d’Etat de sortir son pays de la crise sans effusion de sang.

 

Loin d’être des persécutés, Ouattara et ses partisans étaient dans les bonnes grâces de la République. Ouattara était membre du Cadre permanent du dialogue (Cpc) et bénéficiait d’un statut d’ancien chef d’institution que lui avait accordé Laurent Gbagbo. Statut assorti d’avantages financiers et divers. Le Rdr de Ouattara et tous les partis du Rhdp, ainsi que la rébellion armée, qui pillait la moitié nord du pays sous son contrôle, siégeaient au gouvernement .

 

Comment Gbagbo pouvait-il siéger avec Ouattara et ses partisans au Cpc et au gouvernement et les attaquer dans le même temps ? Personne n’est dupe. Les observateurs avertis de la crise ivoirienne savent que Gbagbo est loin d’être un bourreau qui aurait concocté une politique pour attaquer Ouattara et ses partisans. Bien au contraire, l’ancien chef d’Etat ivoirien injustement déporté à la Cpi est un humaniste, un chef au grand coeur qui a consenti beaucoup de sacrifices pour son pays. Le tissu de mensonges de Fatou Bensouda inspiré de son prédécesseur Luis Ocampo, ne pourra pas effacer la vérité.

 

Jean Khalil Sella

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