Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 15:11

Depuis le dimanche 20 mai 2012, une délégation composée de 15 membres représentant le Conseil de sécurité de l'Onu est à Abidjan, pour une visite de travail de trois jours. Selon un confrère qui citait l'Opération des nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), le Conseil évaluera, au cours de son séjour «les progrès réalisés dans les domaines de la réforme du secteur de la sécurité et du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion des combattants, la situation sécuritaire et la situation humanitaire, en particulier à la frontière avec le Liberia ». La délégation est censée se pencher aussi sur les questions de «la réconciliation locale et nationale, la bonne gouvernance, la lutte contre l'impunité et à la consolidation de l'Etat de droit, en particulier de la justice».

 

A en croire ce confrère, «la délégation aura des rencontres avec le chef de l’Etat Dramane Ouattara, le Premier ministre Jeannot Ahoussou Kouadio et le président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, ainsi que les représentants des groupes et commissions parlementaires». Avant d’échanger avec «la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr) ainsi que des dirigeants de partis politiques et de la société civile». La délégation onusienne devait participer lundi après- midi, à «une réunion de "haut niveau" avec la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao)». C’est le mardi que «le Conseil devrait également prendre le pouls de la situation sécuritaire et humanitaire sur le terrain et aller à la rencontre des populations». A la suite de quoi «la délégation du Conseil de sécurité est attendu mercredi à Freetown (Sierra Leone), dernière étape de son voyage dans la région» et le confrère de rappeler que «le séjour à Abidjan est la deuxième étape d'une tournée en Afrique de l'Ouest qui a commencé au Liberia ».

 

Un beau calendrier bien chargé pour une institution onusienne qui a une grosse responsabilité dans le drame ivoirien. En fait, cette visite du Conseil de sécurité ressemble à une comédie de trop. Une manœuvre dont le but serait de justifier le maintient de l’Onuci et de ses forces en Côte d’Ivoire. Le Conseil de sécurité de l’Onu, durant la crise ivoirienne, n’a-t-elle pas, sous l’instigation de la droite française (Chirac puis Sarkozy le bombardier), aidé à ravager ce pays ? L’Onuci nous parle-t-elle aujourd’hui de «sécurité et du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion des combattants » ? n’oublions pas aussi facilement que l’Onuci, qui s’est clairement rangée aux côtés de l’ex rébellion pour combattre l’armée régulière de Côte d’Ivoire, a usé de tous les moyens pour empêcher le désarmement des ex-rebelles avant l’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire. Alors que l’Accord de Ouaga stipulait que tous les combattants devaient être désarmés «deux mois avant l’élection», les ex-Forces nouvelles de Soro continuaient de détenir les armes et d’occuper la moitié nord du pays, pendant que Choi manœuvrait pour les comploteurs, de connivence avec la Force Licorne.

La responsabilité de l’Onu dans le drame ivoirien

De quel désarment vient-on nous parler, après que les forces onusiennes aient elles mêmes armé ces ex-combattants rebelles, dans le cadre de «l’option militaire» décrété contre Laurent Gbagbo. Les forces de l’Onuci n’ont-elles pas appuyé, par leurs hélicos de guerre, les mi 24, l’avancée des forces pro Ouattara qui ont fait 1000 morts à duékoué, pour ne citer que ce génocide ? Les «casques bleus» de l’Onuci, jetant le manteau de «forces impartiales » qui leur servait d’alibi, n’ont-elles pas poussé leur parti pris jusqu’à manier des lance-roquettes dites «Aladjigui» avec leurs alliés ex-rebelles à l’Hôtel du Golf, au Qg de dramane Ouattara ?

 

La télévision ivoirienne a, en son temps, bien montré les images de la partialité de l’Onuci. D’où vient-il que l’Onu évoque la nécessité de les désarmer maintenant ? Parce qu’elle a atteint l’objectif que tout le monde sait ?

 

Parce que Soro gênerait Ouattara du moment que l’ex-rébellion qui continue de diviser le pays en deux ne veut pas se laisser livrer à la Cpi, après s’être battue pour Dramane ?

 

Ou alors doit-on considérer que le Conseil de sécurité de l’Onu qui regrette d’avoir contribué au drame ivoirien veut se ressaisir en désarmant les ex rebelles. Après qu’on se soit servi d’eux.

 

La sécurité ? On n’avait pas vraiment besoin d’envoyer une mission pour les évaluer. Les Frci (Forces pro Ouattara selon France 24, pendant la crise postélectorale (qui ont été armées par les soins des conspirateurs sont bien-là. Les membres de la délégation de l’Onu, s’ils ne restent pas assis dans les salons douillets du pouvoir, pourront les voir dans les rues d’Abidjan. Cette armée parallèle est la seule à détenir les armes. L’armée régulière taxée d’être pro Gbagbo et accusée sans raison de vouloir entreprendre un coup d’Etat ayant été désarmée.

 

Le peuple rend, tous les jours, témoignage des exactions, des vols, des agressions, des braquages et assassinats que les hommes en armes de Ouattara commettent impunément. Laurent Gbagbo et ses proches sont en Prison ou en exil. Les membres du Conseil de sécurité de l’Onu ignoraient-ils qu’une partie des gangsters les plus dangereux du pays est actuellement dans les rangs des «Faux Frci» et des dozos, et que l’autre partie vient de s’évader des prisons du pays ?

 

La lutte contre l'impunité et la consolidation de l'Etat de droit ? Les droits de l’Homme ? mais voyons, c’est quand même l’Onu elle même qui a classé la Côte d’Ivoire sous Ouattara parmi les «pays autoritaires», où il n’y a ni libertés, ni démocratie.

 

La réconciliation nationale ? La délégation de l’Onu rencontrera Banny, s’il le veut, pour meubler la visite. Mais les chancelleries européennes en Côte d’Ivoire n’ont certainement pas manqué de leur confier que la réconciliation dont le pouvoir parle n’est qu’une vue de l’esprit, dans ce contexte de dictature. A moins que le Conseil de sécurité ne se propose de faire la réconciliation à la place des Ivoiriens eux-mêmes. En fait, l’Onu, on le sait, n’a rien à voir et à apprendre qu’elle ne sache vraiment sur la Côte d’Ivoire. Vu le rôle qu’elle a joué dans la crie postélectorale. Cette visite ne vise peut-être qu’à justifier le maintien de l’Opération des nations unies en Côte d’Ivoire, au moment où cette mission n’a objectivement plus rien à faire ici. Le prétexte sera «l’indice de sécurité ». déjà, après la chute de Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, l’Onuci, qui se plait particulièrement dans ce pays, s’était inventé aussitôt une autre mission pour ne pas être frappée de «caducité ». Elle se charge désormais de la «consolidation de la paix».

 

A moins que la délégation de l’Onu présente à Abidjan, en se fondant sur la sortie d’Hamed Bakayoko qui estime avoir ramené l’indice de sécurité du niveau 4 à 1 (tandis que Dramane, lui, dit être parti du niveau 3 pour descendre à 1), ne décide que l’Onuci n’a plus sa raison d’être en Côte d’Ivoire et qu’il faut qu’elle se retire. Mais ce cas de figure est peu probable. Après le départ du maître d’œuvre Nicolas Sarkozy, L’Onuci, esseulée dans le complot, veut certainement se donner les arguments de son maintien dans une affaire apparemment trop «juteuse» pour être abandonnée actuellement. Choi a bien transmis le dossier à son successeur Gérard Koenders qui a eu, en son temps, «des séances de travail entre Youssouf Bakayoko, le président de la Commission Électorale Indépendante » a rapporté la télévision ivoirienne, le samedi 29 octobre 2011.

 

On sait que la déchirure qui a balafré le pays en 2010 n’est rien d’autre que la conséquence néfaste de la «certification des résultats de l’élection présidentielle » par Choi. La question humanitaire ? N’est-ce pas cette même Onu qui a soutenu et appuyé les sanctions économiques, dont la fermeture des banques, qui ont affamé le peuple, ainsi l’embargo sur le médicament qui ont entraîné des décès en cascades dans les hôpitaux en 2010 ? Les déplacés de duékoué et les sinistrés de l’Ouest sont des victimes de l’offensive des ex-rebelles que l’Onuci a appuyés. Que l’Onu ne nous serve donc plus de comédie. Trop d’innocents sont mort par sa faute.



K. Kouassi Maurice

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de yakocotedivoire.over-blog.com
  • Le blog de yakocotedivoire.over-blog.com
  • : Blog créé à la suite de la crise post électorale en côte d'ivoire afin de me servir d'outil de compilation d'informations de toutes provenances.
  • Contact

Recherche

Liens