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 S'assurer des soutiens diplomatiques, évaluer la détermination des voisins de la Côte d’Ivoire à pousser Laurent Gbagbo vers la sortie et les convaincre d'accentuer les pressions sur le président sortant : c’est l'objectif du voyage que Guillaume Soro, le Premier ministre d’Ouattara, a entamé le 20 janvier en Afrique de l’Ouest. Après le Burkina, le Togo, le Niger, Guillaume Soro est également attendu au Nigeria par Goodluck Jonathan le président en exercice de la Cédéao avant de se rendre au Mali pour assister au sommet de l'Uémoa. A Abidjan, le chef d'état-major des armées loyalistes a, lui, réitéré son soutien au président sortant Laurent Gbagbo.

Guillaume Soro dont c’est la première sortie depuis sa nomination au poste de Premier ministre d’Alassane Ouattara, est porteur de deux messages dans les Etats de la sous-région, l’un concernant l’Uémoa, (Union économique et monétaire d'Afrique de l'Ouest) et l’autre, la Cédéao, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest.

Pour le premier, il s’agit de faire du lobbying auprès des chefs d’Etat et de gouvernement avant le sommet prévu samedi 22 janvier à Bamako. L’objectif est de les amener à confirmer la décision prise le mois dernier à Bissau par les ministres, décision reconnaissant uniquement la signature d’Ouattara sur les comptes de la BCEAO, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

De bonnes sources indiquent que le camp Ouattara souhaite recadrer le gouverneur de la Banque, l’Ivoirien Philippe-Henri Dakoury-Tabley à défaut de le suspendre. Ce dernier continuerait d’agir sur le compte du gouvernement Gbagbo.

Autre dossier que Soro et Ouattara aimeraient voir examiner par le sommet les sanctions à l’encontre des banques ivoiriennes qui coopèrent étroitement avec le camp Gbagbo.
Pour ce qui est de la Cédéao, il s’agit de convaincre les chefs d’Etat à aller vite vers une intervention militaire, intervention décidée par le dernier sommet d’Abuja. Le président élu a fait appel au droit «d’ingérence» pour imposer la démocratie en Côte d’Ivoire, a rappelé jeudi, Guillaume Soro.

 

 

Pendant ce temps, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) prépare toujours une éventuelle intervention militaire. Le plan est « prêt » mais il ne sera mis à exécution qu'avec un feu vert politique, c'est ce qu'a déclaré un général nigérian à l'issue d'une réunion des chefs d'état-major de plusieurs pays membres de l'organisation régionale qui s'est tenue pendant deux jours à Bamako. Selon lui, une action serait coordonnée avec les forces de l'Onuci.


A Abidjan, le général Philippe Mangou, chef d'état-major des armées loyalistes, a réitéré une nouvelle fois, ce jeudi, sa fidélité à Laurent Gbagbo. Dans une interview à la télévision nationale, il a affirmé avoir été approché par Guillaume Soro en vue d'un ralliement à Alassane Ouattara. « Nous lui avons dit non », a martelé le général Mangou. « J'ai dit à Guillaume Soro qu'il a été à la tête de gens qui ont tué et égorgé certains de nos frères d'arme », a-t-il ajouté. Dans un communiqué lu à la télévision nationale, le porte-parole de l'armée a, de son côté, annoncé que l'armée loyaliste fouillerait désormais les véhicules des Nations unies. Il a accusé l'ONU d'avoir « pour mission de s'attaquer aux institutions de la république de Côte d'Ivoire » et « de fournir des armes » aux ex-rebelles des Forces nouvelles.

Raila Odinga en Angola pour parler de la crise ivoirienne

Pour sa part, l'émissaire de l'Union africaine, Raila Odinga, poursuit toujours ses consultations. Bien que récusé par le camp Gbagbo, il s'est rendu en Angola ce jeudi, un des rares pays à soutenir le président sortant. Raila Odinga devait rencontrer le chef de l'Etat, José Eduardo Dos Santos, avant un déplacement en Afrique du Sud, ce vendredi.

Le président angolais est un inconditionnel de Laurent Gbagbo. Leur rapprochement date du temps de feu Houphouët-Boigny. L’opposant Gbagbo soutenait alors le MPLA de Dos Santos dans la guerre civile contre l’Unita de Savimbi. Après son accession au pouvoir en 2000, Laurent Gbagbo a fermé le bureau de l’Unita à Abidjan. En guise de reconnaissance, Dos Santos est venu au secours de Gbagbo lors de la tentative de coup d’Etat, qui s’est transformée en rébellion en 2002, en lui envoyant notamment des instructeurs militaires. Des instructeurs qui sont encore là aujourd’hui.

La semaine dernière, en présentant les vœux au corps diplomatique, Dos Santos a précisé qu’il n’y a pas de président élu en Côte d’Ivoire, mais qu’il y a un président constitutionnel, donc Laurent Gbagbo, et qu’il faut de nouvelles élections si les conditions sont réunies. Une position qui prend le contre-pied du reste de la communauté internationale.

Pourtant, l’Angola ne veut pas insulter l’avenir. Luanda a reçu la semaine dernière deux ministres d’Alassane Ouattara, même s'ils n’ont eu des entretiens qu’avec le vice-président, Fernando Dias Da Piedade Dos Santos. La presse angolaise a d'ailleurs désignés ces émissaires comme « représentants du candidat ».

Il y a deux jours, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Afrique de l’Ouest, Saïd Djinit, était à Luanda. On le voit, il y a des pressions sur Dos Santos, pour faire évoluer sa position dans la crise postélectorale ivoirienne.

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