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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 12:32

( Marianne ) Un coup d’Etat contre Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire ? Jusqu’à présent la thèse prospérait surtout dans les milieux proches du président déchu, désormais entre les mains de la Cour pénale internationale CPI), et dans quelques cercles panafricanistes dont l’audience dépasse rarement les réunions de la gauche radicale. Elle fait aujourd’hui l’objet d’un livre réclamé par un nombre croissant de libraires, du moins en France, puisqu’il semble en revanche quasiment introuvable à Abidjan.

Au terme d’une enquête de plusieurs mois, le journaliste franco-camerounais Charles Onana entend démontrer que la chute de Laurent Gbagbo était programmée de longue date : par Paris, par certains chefs d’Etat voisins étroitement liés à la France, notamment Blaise Campaoré, le président burkinabé peu réputé pour sa fibre démocratique, et enfin par les ex-rebelles du Nord sur lesquels Alassane Ouattara s’est appuyé pour prendre le pouvoir. À ceux qui lui reprocheront une vision trop « complotiste », Onana rétorque qu’il ne s’agit pas en l’occurrence d’une vulgaire barbouzerie, comme l’Afrique en a connu tant, mais d’une option d’Etat : un président trop indépendant à la tête d’un pays considéré, à bien des égards, comme stratégique, gênait. Il fallait donc le « dégager ».

Auteur de plusieurs ouvrages sur l’Afrique et notamment le Rwanda et la RDC (Congo-Kinshasa), le journaliste ne nourrissait aucun préjugé particulier à l’égard des divers acteurs du drame. S’il attaque durement la France dans le cas ivoirien, il a refusé d’enfiler les patins de la pensée unique lors du génocide rwandais et, ainsi n’assimile-t-il pas le rôle de l’armée française à celui de la Wermarcht.

Le livre décortique plusieurs épisodes troublants des relations franco-ivoiriennes et dresse un portrait très à charge contre le nouveau maître de la Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara y est croqué sous les traits d’un opportuniste, intrigant et cynique, prêt à toutes les alliances pour parvenir à ses fins. On peut ne pas adhérer à l’ensemble mais l’ouvrage d’Onana a le mérite d’éclairer différemment la crise ivoirienne dont les racines remontent  aux lendemains de l’indépendance.

Il paraît au moment où la victoire militaire de Ouattara, acquise uniquement grâce à l’intervention de la France, se double d’un triomphe politique aux élections législatives qui se sont tenues le 11 décembre dernier. Avec 127 députés sur 255, le Rassemblement des Républicains de Côte d’Ivoire (RDR), son parti, obtient la majorité absolue dans la nouvelle Assemblée et pourrait le cas échéant se passer de l’aide du PDCI, le vieux parti houphouëtiste d’Henri Konan Bédié, son allié à la présidentielle. Ce peut être une source de tension. Il y a en bien d’autres dans le pays. Le 19 décembre, plusieurs civils ont ainsi été abattus par des membres des FRCI, le nouveau nom donné aux ex-forces rebelles, dans une commune de l’ouest du pays.

Après les massacres à grande échelle commis par les ex-rebelles lors de leur offensive au mois d’avril dernier, la région n’a toujours pas retrouvé la paix. Et en dépit de promesses répétées, Alassane Ouattara n’a toujours pas validé l’arrestation de ceux de ses anciens alliés qui se seraient rendus coupables de crimes de guerre. La lecture du livre d’Onana tombe donc à point nommé pour mieux comprendre le parcours et les motivations de celui qui rendra visite à son ami Nicolas Sarkozy au début de l’an prochain. Marianne2 vous propose de larges extraits de deux chapitres.


Le 6 novembre 2004, deux avions Sukhoï 25 appartenant aux forces armées ivoiriennes (FANCI) et pilotés par des mercenaires biélorusses bombardent le camp militaire français du lycée Descartes à Bouaké causant la mort de neuf soldats français et d’un civil américain. Trente-huit soldats français seront également blessés au cours de cette attaque. À Paris, on accuse immédiatement le chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, d’être à l’origine de cet acte criminel.

Une décision du président Jacques Chirac est aussitôt transmise par Michèle Alliot-Marie au chef d’état-major des armées, le général Henri Bentegeat, l’autorisant à détruire l’aviation ivoirienne. Peu après, deux MI 24 et deux Sukhoï 25 sont rendus inopérants. Tout laisse croire à cet instant que la riposte française est légitime. Simplement, un problème se pose. Au lieu de rechercher les auteurs de l’attaque contre les soldats français afin de les mettre à la disposition de la justice, les autorités françaises les laissent s’enfuir vers le Togo puis hors d’Afrique.

Dans la période qui précède le bombardement, la Côte d’Ivoire est coupée en deux. Toute la partie nord du pays se trouve sous le contrôle des forces rebelles pro-Ouattara. Le Sud, incluant Abidjan, est la seule zone placée sous l’autorité des forces gouvernementales. Entre les deux, il y a ce qu’on qualifie de « zone de confiance », placée sous le contrôle de l’armée française. Malgré ce grave problème de partition de fait du pays et d’occupation illégale d’une partie du territoire par les rebelles, « la communauté internationale », c’est-à-dire essentiellement pour l’occasion les Etats-Unis et la France, presse néanmoins Laurent Gbagbo dont le mandat arrive à expiration d’organiser les élections présidentielles en 2005. (…)

L’accord d’Accra III du 30 juillet 2004 exige pourtant que les rebelles procèdent au désarment au plus tard le 15 octobre de la même année. Lorsque la date butoir arrive, les rebelles d’Alassane Ouattara ne sont ni blâmés ni sanctionnés pour non respect de leurs engagements. Laurent Gbagbo comprend alors qu’il n’a plus le choix. Le président choisit de reconquérir militairement le Nord du pays devenu un bastion des forces rebelles.
Le 2 novembre 2004, le colonel Mangou qui dirige les opérations des forces gouvernementales sur le terrain, informe un officier supérieur français de l’imminence d’une offensive contre les rebelles.

Dans la même journée, on assiste à un déploiement des avions Soukhoï 25 à l’aéroport de Yamoussoukro. À quelques pas de là, un avion Antonov 12 immatriculé TU VMA procède au déchargement du matériel de combat. Il effectue plusieurs rotations entre Abidjan et Yamoussoukro pour livrer des armes et des munitions aux soldats de l’armée ivoirienne. C’est alors que l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Gildas Le Lidec, et le général de la force Licorne, Henri Poncet, décident de se rendre chez le président Gbagbo pour essayer de le dissuader de mener cette offensive contre les rebelles. Ils essuient un refus : le chef de l’Etat ivoirien n’a pas l’intention de reculer. Le lendemain, 3 novembre vers 11h15, peu après le conseil des ministres à Paris, le président Jacques Chirac, déjà informé, téléphone directement au président Laurent Gbagbo pour le mettre en garde contre le risque d’incidents graves entre les troupes ivoiriennes FANCI et les forces françaises de la Licorne. 
 
Mécontent de la fermeté qu’affiche son homologue Laurent Gbagbo, le président Chirac élève la voix oubliant vite que son interlocuteur est attentif à la fois à la forme et au contenu de son propos. Soudain, le président Gbagbo, qui l’écoute depuis un moment, l’interrompt et lui dit que sa décision de lancer l’offensive est déjà prise, qu’il souhaitait simplement l’en informer. Il raccroche le combiné. Le président Gbagbo explique : « Après cet échange avec Jacques Chirac, nous avons décidé de conduire l’attaque contre les rebelles avant la date effective afin que la France ne puisse pas réagir contre notre initiative militaire ». 
 
Pourtant, quelques jours avant l’offensive de l’armée ivoirienne, les officiers français étaient déjà au courant, du fait des indiscrétions des officiers ivoiriens, des préparatifs de l’attaque contre les rebelles  (….)

Dans la matinée du 4 novembre 2004, l’offensive est donc lancée contre les rebelles. Elle porte exclusivement sur des objectifs militaires des Forces Armées des Forces Nouvelles situés dans la région de Bouaké.

Le lendemain, l’offensive ivoirienne se poursuit dans la zone des rebelles. Les Sukoï 25 et les MI 24 pilonnent les positions militaires rebelles. Un rapport confidentiel de l’ONUCI daté du 9 novembre 2004 souligne que les bombardements de l’armée ivoirienne ont atteint des cibles militaires. Selon des sources proches de l’ONUCI, « il suffisait d’un jour supplémentaire de bombardements de l’armée ivoirienne et la rébellion du Nord aurait été complètement anéantie ». Cette perspective était inacceptable pour l’Elysée.

C’est dans ce contexte de tension et de parti pris politique que survient l’attaque contre le cantonnement français le 6 novembre 2004 à Bouaké. 

Qui a donné l’ordre de bombarder le camp français de Bouaké et dans quel objectif ? Selon les informations en notre possession, le président Laurent Gbagbo semble n’avoir pas même été informé de ce qui allait réellement se produire ce jour-là (….) Le bombardement du camp français fut un acte délibéré et fortement suggéré aux pilotes mercenaires pour incriminer monsieur Gbagbo. Dans quel intérêt Laurent Gbagbo, qui cherchait des voies d’apaisement avec la France, aurait-il poussé ses soldats à commettre un tel acte contre des militaires français ? Il est évident que même un piètre sous-officier rongé par la mégalomanie n’aurait jamais envisagé de bombarder un campement de soldats français à ce moment-là.

Le général Poncet, contrairement à ce qu’il a avancé un temps dans la presse, sait qui a donné l’ordre de tirer sur le lycée Descartes à Bouaké.

Revenons sur le déroulement des faits et l’on comprendra davantage l’étrange attitude des autorités françaises. Dès le 2 novembre 2004, lorsque les Sukhoï 25 arrivent à l’aéroport de Yamoussoukro, un détachement de recherche du 2ème régiment de Hussards reçoit l’ordre de les surveiller. Deux équipes, se relayant chaque jour, auront ainsi les yeux rivés sur le tarmac. Elles notent, filment et relèvent tous les détails susceptibles de fournir des indications sur les actions des Sukhoï 25. Les Français réussissent même à photographier les pilotes des Sukhoï 25 ainsi qu’une partie du personnel navigant. Toutes ces données sont envoyées au bureau de renseignement G2 du PCIAT (Poste de Commandement Interarmées de Théâtre) à Abidjan. Les mêmes informations sont également transmises au bureau du chef d’état-major des armées à Paris ainsi qu’à la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) et à la DRM (Direction du Renseignement Militaire). Nul ne peut donc prétendre que l’information n’est pas disponible sur les Sukhoï 25 et sur leur personnel. 

Lorsque l’attaque est achevée, la première décision qui vient de Paris est la destruction des Sukhoï 25 et pas une demande d’arrestation du commando qui vient de liquider les militaires français et d’en blesser d’autres. D’ailleurs, l’ordre de destruction des Sukhoï ivoiriens a été diversement apprécié au sein de la Force Licorne.

Dans la tension et la confusion qui règnent autour de la mort des soldats français à Bouaké, certains officiers se rendent vite compte, à leur grand étonnement, que le pouvoir politique n’est pas très intéressé de voir une enquête s’ouvrir sur cette attaque particulièrement brutale.

Le lendemain, 7 novembre, le général Poncet et ses hommes arrêtent neuf ressortissants ukrainiens, quatre ressortissants biélorusses et deux ressortissants russes. Au total, quinze personnes suspectes sont immédiatement placées en rétention dans un hangar par les militaires français. 

Alors qu’un gendarme du commandement des opérations spéciales tente, avec quelques militaires, de les interroger pour en savoir davantage sur leur responsabilité éventuelle dans le bombardement contre le lycée Descartes, un ordre venant du Quai d’Orsay exige la libération immédiate des mercenaires slaves détenus par les Français. « Pour demander l’extradition de ces ressortissants, il aurait fallu qu’un mandat international soit délivré. Cela n’a pas été le cas. A l’époque, nous n’avions aucun élément de preuve, les photos par exemple n’étaient pas déterminantes. Nous n’avions donc rien à leur reprocher » expliquera le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie. Ses propos font bondir les experts et certains militaires (…)

Prétendre que la France avait besoin d’un mandat d’arrêt international pour procéder à l’arrestation des suspects n’est pas totalement exact car la loi du 14 avril 2003 réprimant l’activité des mercenaires offrait une singulière opportunité d’auditionner ces personnes qui avaient, pour certaines, participé au transport de munitions de l’avion Antonov 12 et pour d’autres, des liens avec les pilotes des Sukhoï 25. En outre, affirmer qu’il n’y avait rien à leur reprocher signifie au moins que les informations accumulées par les militaires et les services de renseignements français étaient sans intérêt, au plus qu’elles n’avaient aucun lien avec le bombardement de Bouaké.
 
Le 11 novembre 2004, à la demande expresse de l’ambassadeur de France, les Français remettent, sans trop renâcler, les quinze mercenaires aux autorités consulaires russes. Après cet épisode particulièrement confus, les autorités françaises s’illustrent à nouveau en laissant, cette fois, les pilotes du Sukhoï 25 s’évader. Que s’est-il passé ? Quelques jours après le bombardement, les auteurs s’éclipsent clandestinement vers le Togo, pays voisin de la Côte d’Ivoire. Au cours d’un contrôle routier à la frontière du Ghana et du Togo, ils sont arrêtés à bord d’un car par les forces de police togolaises (…)

Au vu des éléments, le ministre de l’Intérieur togolais, qui remarque la fébrilité des services de renseignement français à l’annonce des ces arrestations, cherche à comprendre pourquoi la France ne s’empresse pas d’exiger l’extradition des suspects biélorusses afin que la justice française fasse la lumière au plus vite sur cette étrange affaire. Ne voyant rien venir, les autorités togolaises se lassent de garder indéfiniment les Biélorusses en prison.
 
Selon certains observateurs, le comportement des autorités françaises dans ce dossier est plus que troublant. Elles vont d’ailleurs multiplier à l’infini les obstacles au travail des juges. Ceci nous a été confirmé par la juge Brigitte Raynaud qui était chargée, dès le début, du dossier (…)

La première personne qui ne montre pas une franche détermination à connaître les auteurs et les commanditaires de l’attaque du lycée Descartes est bien la ministre Michèle Alliot-Marie.

Pourquoi la ministre, Michèle Alliot-Marie, a-t-elle laissé s’évader les auteurs du bombardement de Bouaké alors qu’ils étaient arrêtés par les autorités togolaises et mis à la disposition des autorités françaises ? Pourquoi n’a-t-elle pas facilité le travail de la justice française alors que celle-ci était disposée à tirer cette affaire au clair ? Pourquoi avoir refusé de faire une autopsie des corps des militaires pour aider la justice à démasquer éventuellement le président Gbagbo ? Pourquoi avoir inversé les corps des soldats dans les cercueils au point d’ajouter à la douleur des familles, un traumatisme inutile ? Pourquoi ne veut-on pas connaître qui a ordonné le bombardement de Bouaké ? Pourquoi l’Elysée n’a jamais encouragé la déclassification de tous les documents demandés par les juges s’il n’y a rien à craindre de son côté ? A qui la vérité sur cette affaire pose réellement problème ? 

Il faut avouer que ce n’est certainement pas au président Laurent Gbagbo. Il nous a confié : « Nous ne savons pas dans quelles circonstances précises les neuf Français ont trouvé la mort. L’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Le Lidec m’avait téléphoné pour m’annoncer que les Biélorusses avaient été arrêtés à Abidjan par les militaires français. J’étais donc très heureux de savoir qu’ils étaient aux arrêts et surtout que la vérité allait éclater. Nous avons cru que nous allions savoir pourquoi les soldats français avaient été tués et qui avait donné l’ordre de commettre un tel acte. J’ai finalement appris qu’ils avaient été libérés par les Français et nous n’avons jamais reçu le moindre procès-verbal d’audition les concernant ni des éléments d’une enquête préliminaire sur leur arrestation en Côte d’Ivoire. J’ai par la suite appris qu’ils avaient été arrêtés au Togo et que le ministre de l’Intérieur du Togo les avait entendus. Ce dernier aurait essayé en vain de joindre les ministres français de la Défense et de l’Intérieur pour obtenir l’extradition des suspects biélorusses. Jusqu’ici, nous ne savons toujours pas qui a tué les soldats français ni pourquoi ils ont été tués. Ceci signifie qu’on peut formuler des hypothèses sur cette affaire ».


Le cacao, Armajaro, l’argent et les Ouattara


L’arrivée de monsieur Alassane Ouattara, « candidat reconnu par la communauté internationale », au pouvoir en Côte d’Ivoire répond aussi bien aux aspirations personnelles du président Sarkozy qu’à celles des spéculateurs de la filière café-cacao et du clan Ouattara dont Madame Ouattara née Dominique Nouvian et son fils, Loïc Folloroux, sont des piliers indispensables.

Le rôle de madame Ouattara est capital à la fois dans l’ascension de monsieur Alassane Ouattara et dans le soutien dont il bénéficie dans les milieux, politiques, financiers et médiatiques occidentaux. Selon le député Ben Soumahoro, voisin et ami de longue date de madame Ouattara en Côte d’Ivoire, « Dominique Nouvian a tout fait pour Alassane Ouattara. Sans elle, dit-il, il ne serait jamais devenu Premier ministre ni même président de la Côte d’Ivoire. »

Dirigeante d’entreprises et « tigresse du business » comme la qualifie la presse économique, Dominique Nouvian a réellement commencé à gagner beaucoup d’argent lorsqu’elle s’est emparée des biens immobiliers du président Houphouët-Boigny avec qui elle entretenait des relations intimes. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée à gérer, à travers sa société AICI, le patrimoine personnel du chef de l’Etat ivoirien et, d’une certaine façon, celui de l’Etat ivoirien.

Elle l’admet du bout des lèvres dans une correspondance du 22 juillet 1997 adressée à l’huissier de la fille d’Houphouët-Boigny, Hélène Houphouët-Boigny, qui lutte depuis des années contre ceux qui ont spolié voire escroqué son père : « En effet, dit Dominique Ouattara, du vivant de monsieur le président Houphouët-Boigny, la société AICI International a assumé la gestion de divers biens immobiliers appartenant à certains membres de sa famille et a procédé à des transactions tant à Paris qu’à Abidjan pour des personnes proches de son entourage. À la demande du président, nous avons géré plusieurs patrimoines immobiliers appartenant à des membres de sa famille. (...) Le seul bien immobilier que j’ai géré au nom de monsieur le président est l’ensemble de villas sises à Marne-la-Coquette en France (…) ».

Profitant des faiblesses du vieux président dont l’âge et la maladie ne permettaient plus une grande résistance ni sur le plan politique ni sur le plan physique, Dominique Nouvian, qui était déjà, selon Ben Soumahoro, à la même époque, la compagne d’Alassane Ouattara, impose ce dernier à Houphouët-Boigny (…)

Pendant les trois ans qu’ils passent à la tête du gouvernement ivoirien (1990-1993), Ouattara et sa compagne Dominique Nouvian travaillent à consolider leurs affaires et leurs relations avec les milieux financiers occidentaux. À ce moment-là, le cacao attire déjà les spéculateurs internationaux et différents investisseurs étrangers qui deviendront peu après des proches du clan Ouattara.

Houphouët-Boigny avait tout de même essayé de faire plier ces nouveaux prédateurs en décrétant un embargo sur le cacao à la fin des années 80, peu avant l’arrivée d’Alassane Ouattara au poste de Premier ministre (…)

Premier producteur mondial de cacao pendant des décennies, la Côte d’Ivoire a été longtemps sous le contrôle exclusif des hommes d’affaires français et de la classe politique française. La disparition d’Houphouët-Boigny et surtout l’entrée d’Alassane Ouattara sur la scène politique ivoirienne ont sensiblement modifié cette situation.

Dans le domaine du cacao, d’autres acteurs anglo-saxons plus influents mais plutôt discrets ont gagné du terrain. Il y a par exemple la société anglaise Armajaro et les deux géants mondiaux de l’agro-alimentaire que sont la société américano-hollandaise Cargill et l’Américaine Archer Daniels Midland (ADM). Différentes sociétés comme la Suisse Barry Callebaut et Olam sont également présentes en Côte d’Ivoire. Ces entreprises ont installé des comptoirs d’achat à proximité des plantations, imposant leurs prix parfois supérieurs à ceux du marché mondial et anéantissant complètement le tissu des entreprises locales qui servaient jusque-là d’intermédiaires entre les planteurs et les gros exportateurs.

Sous l’influence du FMI et de la Banque Mondiale, monsieur Alassane Ouattara livre la Côte d’Ivoire à l’ultralibéralisme entre 1990 et 1993. Ecarté du pouvoir à la mort d’Houphouët-Boigny, il commence à agir dans l’ombre en attendant de revenir aux affaires pour achever le travail qu’il avait commencé avec l’aide de sa compagne. Le dossier du cacao en est une parfaite illustration.

En moins d’une décennie, le géant anglais Armajaro devient le leader mondial du chocolat. Il pénètre le marché ivoirien et obtient son agrément en 2000 par le canal d’Alassane Ouattara qui l’avait demandé au président Gbagbo. Le fils de Dominique Nouvian est devenu le directeur de la branche Afrique d’Armajaro à Abidjan. Il est également actionnaire de la société de sa mère AICI international.

Lorsque Laurent Gbagbo est victime d’un coup d’Etat fomenté avec l’aide du Burkina Faso en 2002, le cacao ivoirien prend immédiatement le chemin de Ouagadougou, la capitale burkinabé. Ne possédant pourtant pas de véritable plantation de cacao et dépendant économiquement de la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso devient, à cette période, exportateur de cacao sous le regard complice de « la communauté internationale ». Des convois nocturnes et bien surveillés par les rebelles d’Alassane Ouattara transportent, via la frontière nord placée sous leur contrôle avec l’aval des autorités burkinabés et le silence bienveillant des forces françaises, des centaines de milliers de tonnes de cacao ivoirien à destination du Burkina Faso. Divers négociants peu scrupuleux, établis dans ce pays, orientent des centaines de remorques remplies de cacao ivoirien vers les ports de Lomé au Togo et de Monrovia au Libéria. Plusieurs cargaisons contenant des milliers de tonnes de cacao ivoirien seront ainsi régulièrement acheminées vers l’Europe et les Etats-Unis (...)
 
Certains acteurs de la filière café-cacao remarqueront la présence d’un personnage clé de la rébellion proche du clan Ouattara : monsieur Adama Bitogo. C’est lui qui avait été chargé pour le compte de la rébellion de vider la Côte d’Ivoire de son cacao. Il en faisait ainsi sortir clandestinement plusieurs tonnes via la frontière avec le Burkina Faso et acheminait le cacao vers la ville burkinabé de Bobo-Dioullasso où les cabosses étaient conditionnées dans une usine pouvant traiter jusqu’à 500 tonnes par jour. Le cacao ainsi traité était ensuite conditionné puis acheminé vers le port de Lomé par camions et chargé sur les navires de la SDV (groupe Bolloré). Monsieur Adama Bitogo va devenir par la suite un homme important dans le processus électoral en Côte d’Ivoire pour le compte de la rébellion et d’Alassane Ouattara. Fondateur en octobre 2007 de la société SNEDAI chargée de l’identification des électeurs en Côte d’Ivoire, il sera tour à tour conseiller diplomatique du chef rebelle Guillaume Soro puis directeur de campagne d’Alassane Ouattara pour la région de l’Agnéby (…)

Pendant qu’Adama Bitogo s’implique beaucoup pour le clan Ouattara dans le secteur du cacao, Alassane Ouattara, lui, ne tarde pas à sortir complètement du bois dès qu’il croit possible son retour au pouvoir à Abidjan. Et l’on peut observer l’évolution du clan Ouattara à travers les réactions de son principal allié : le spéculateur Antony Ward, cofondateur du fond spéculatif britannique Armajaro, lequel est particulièrement actif dans la fluctuation des cours mondiaux du cacao.

En août 2002, soit moins d’un mois avant le coup d’Etat raté du 18 septembre de la même année contre le président Laurent Gbagbo, Antony Ward surnommé « chocolate finger » ou « doigt en chocolat » achète par anticipation près de 200 000 tonnes de fèves de cacao et réalise un bénéfice de plus de 60 millions d’euros pendant que le sang coule en Côte d’Ivoire. Dans les milieux proches du président Gbagbo, on soupçonne Armajaro de financer la rébellion avec le cacao ivoirien. Le spéculateur se tait.

Dès le 24 janvier 2011, un communiqué du chef rebelle Guillaume Soro, venant du bunker de l’hôtel du Golf où campent monsieur Ouattara et les rebelles, demande aux opérateurs économiques d’arrêter immédiatement « toute exportation de café et de cacao à compter du 24 janvier 2011 et ce jusqu’au 23 février 2011 ». La réaction du président Gbagbo est, elle aussi, immédiate. Dans la même journée, le ministre délégué au Budget, monsieur Justin Koné Katinan, aujourd’hui porte-parole du président Gbagbo, déclare le communiqué des rebelles pro-Ouattara nul et non avenu. Il tente de rassurer les exportateurs de café-cacao et les exhorte à poursuivre leurs activités en Côte d’Ivoire. En réalité, la machine de guerre économique, accompagnée de pressions politiques, en faveur du clan Ouattara, est lancée.

Son appel est entendu par la société anglo-hollandaise Cargill qui suspend aussitôt l’achat du cacao ivoirien par sa filiale basée à Abidjan. « Nous avons arrêté les achats ce matin (ndlr, 24 Janvier 2011) pour une période indéterminée. Il s’agit d’une décision de la direction. »

À l’annonce de ces décisions, les cours du cacao s’envolent au Nyse Liffe prenant 7% lors des premiers échanges. Soulignons que Cargill achète environ 15% de la production du cacao ivoirien et que cette décision est donc un coup dur infligé au régime du président Gbagbo. La décision de Cargill, qui est à la fois politique et économique, vise simplement à priver le chef de l’Etat Laurent Gbagbo, rejeté et condamné non pas par les Ivoiriens mais par « la communauté internationale », de moyens financiers pour gérer son pays.

Monsieur Alassane Ouattara, sachant qu’il a le soutien non pas des Ivoiriens mais des multinationales agro-alimentaires anglo-saxonnes et des milieux d’affaires et politiques français, déclare sur une chaîne de télévision française que Laurent Gbagbo tombera « comme un fruit mûr ». La bataille pour la présidence en Côte d’Ivoire devient l’objet d’une guerre violente sur le plan militaire et d’une spéculation boursière pour les leaders mondiaux du cacao. Le porte-parole du président Gbagbo, Justin Konan Katinan, explique ce qui s’est réellement passé dans les coulisses avant la chute du président Gbagbo :

« En ce qui concerne la suspension des exportations du cacao de janvier 2011, il est clair que  sous le couvert des sanctions de l’Union Européenne, se cachait une vaste opération spéculative sur le cacao menée par Armajaro. En effet, en juillet 2010, tout juste avant les élections de novembre, cette société a acheté un fort tonnage de cacao, au delà de ses achats habituels. Les services de la filière café cacao parlent de plus de 200 000 tonnes de produits achetés par ladite société. Ces énormes achats ont fait réagir les autorités chargées de gérer la filière café cacao. La crise née des élections devait logiquement entraîner une augmentation des prix sur le marché international. Cette embellie allait bénéficier à ladite société qui avait décidé d’écouler le cacao à prix d’or. Ainsi, la décision du 24 juillet, en provoquant une pénurie du produit sur le marché international, a donné l’occasion d’écouler à un prix ultra élevé le stock monumental constitué par la société Armajaro. Donc Loïc Folloroux, bénéficiant d’informations de première main de la part de ses parents (Dominique et Alassane Ouattara) sur les différentes actions de  déstabilisation en cours dans le pays, a probablement informé ses partenaires et la société Armajaro a pu constituer des stocks à des fins spéculatives.

C’est exactement ce qu’elle avait fait en 2002, un an seulement après avoir obtenu son agrément en Côte d’Ivoire. Cette spéculation lui avait permis de financer la rébellion. Ce que je peux dire sur cette affaire, c’est que les achats et la constitution de stocks étaient des pratiques méconnues des sociétés d’exportation en Côte d’Ivoire jusqu’à l’avènement d’Armajaro.

Il faut dire de façon générale que la quasi-totalité des exportateurs ont triché avec l’Etat de Côte d’Ivoire. En effet,  dans le cadre de l’enquête demandée par le président Laurent Gbagbo sur les supposées malversations dans le secteur du café-cacao, des experts commis par le tribunal étaient arrivés à des conclusions très graves impliquant la quasi-totalité des exportateurs. Les experts ont établi des fraudes qui portaient à la fois sur la quantité des produits exportés déclarés et la quantité réelle recoupée par les experts. Ils ont également établi une fraude sur l’exportation du cacao en sous grade. Il s’agit en principe d’un produit qui ne remplit  pas les conditions d’exportation pour lesquels l’État consent un abattement sur les droits de douane à l’exportation au profit de l’exportateur.

Ces malversations ont occasionné un manque à gagner pour l’Etat de plus de 1300 milliards de francs CFA soit 2 milliards d’euros sur huit ans de 2002 à 2009. Bien que certains points de ce rapport soient de mon point de vue exagérés, il révèle néanmoins des cas graves de fraude. Certaines sociétés dont Armajaro avaient même signé des engagements pour payer les rappels qui relevaient de leurs manquements à la loi.

Je retiens que même informé, le ministre de l’Economie et des finances d’alors, monsieur Charles Diby, n’a jamais actionné les services de son ministère pour recouvrer ces sommes. Tous les exportateurs étaient conscients que ce dossier allait ressurgir. D’où leur alignement sur le camp Ouattara. »
 
Tout au long de la période de tension entre le président Laurent Gbagbo et monsieur Ouattara, on verra les cours du cacao fluctuer au gré des « victoires militaires des rebelles » d’Alassane Ouattara (…)

Une fois le président Gbagbo renversé, la première décision de monsieur Ouattara a été de réouvrir le port d’Abidjan pour permettre la reprise des exportations de cacao. Une décision saluée par Armajaro, l’Elysée et autres géants du cacao. L’armée française a été réquisitionnée pour assurer la sécurité du port afin que les principaux « actionnaires » de la crise ivoirienne bénéficient de leurs dividendes une fois le gênant président Gbagbo écarté du pouvoir.


Côte d’Ivoire, Le coup d’Etat de Charles Onana, Editions Duboiris, 20€

Alain Léauthier - Marianne

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 12:02

Tout est parti du massacre par les FRCI, la milice officielle de Ouattara, de 6 Malinkés (groupe ethnique regroupant les populations du Nord de la Côte d’Ivoire et de certains pays au Nord de la Côte d’Ivoire) le dimanche 18 décembre dernier à Vavoua dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire.
 
Au lendemain de cet énième assassinat de civils, il semblerait que Ouattara aurait piqué une colère et aurait donné l’ordre à sa milice de rentrer sous 48 heures en caserne. Mais les 48 heures sont passées et les FRCI sont encore dans les rues et ruelles de tous les hameaux de Côte d’Ivoire. Comme d’ordinaire, la parole de Ouattara se révèle être une fois de plus, un canular.
 
Alors que faut-il comprendre dans ce qui s’est passé entre Ouattara et les FRCI ?
 
Premier constat : c’est que chaque mois, les FRCI font au minimum entre 5 et 25 civils tués. Les rapports de la mission corrompue des Nations Unies en Côte d’Ivoire et de certaines organisations non gouvernementales, sont très éloquents sur les faits et les circonstances de ces crimes massifs. Mais vous le savez tous, ces crimes massifs n’émeuvent pas Ouattara. C’est pourquoi leurs auteurs n’ont jamais été inquiétés et que la France et ses alliés se comportent comme si le massacre de 25 civils au moins par mois est un fait banal de société. Parce qu’à la vérité, ces crimes sont commis contre les autres peuples, ceux que Ouattara considère comme peuples ennemis car pro-GBAGBO. Donc ce sont des crimes pour le "bonheur" de la Communauté Internationale qui l’a élu président en Côte d’Ivoire et qui entend faire un retour sur investissement avant de se souvenir de ses propres principes.
 
Deuxième constat : c’est la loi du nombre. Le bombardement massif de la résidence des chefs d’Etat ivoiriens où vivait Laurent GBAGBO et sa famille et aujourd’hui sa déportation à la Haye alors qu’il reste le Président légal et légitime en exercice de la Côte d’Ivoire, se sont nourri de la prétendue mort de 6 femmes du groupe ethnique Malinké à Abobo. Celles-là avaient eu un peu plus de chance car elles ont ressuscité aussitôt. Malheureusement, ce ne sera pas le cas pour les 6 Malinkés qui viennent d’être tués à Vavoua car quand FRCI te tue, tu ne ressuscites pas. C’est quand GBAGBO te "tue" que tu ressuscites aussitôt. Bref. Il faut au moins 6 Malinkés tués pour que Ouattara considère qu’il y a eu bavure ou crime intolérable.
 
Troisième constat : c’est l’appartenance ethnique des personnes tuées. Je reste convaincu que cet indicateur révèle beaucoup plus la psychologie toute particulière de Ouattara en Côte d’Ivoire. Si les 6 tués de Vavoua étaient des Gourou (peuple autochtone) Ouattara aurait traité les circonstances de cet énième massacre de civils comme la répression par des moyens légaux conventionnels d’une insurrection menée par les partisans de GBAGBO. Et les média français auraient passé cela en boucle pour apaiser l’opinion internationale et renforcer la haine contre le pauvre Laurent GBAGBO. Malheureusement ou heureusement, les FRCI sont allés au-delà de leur sphère de chasse habituelle. Ils ont tué jusqu’à 6 Malinkés, une espèce protégée par Ouattara et menacée par GBAGBO. Quel sacrilège !
 
La psychologie de celui qui divise les Ivoiriens se dévoile !
 
Il y a quelques mois, Ouattara a rendu hommage à des cercueils vides à Abobo soi-disant au cours d’une cérémonie pour inhumer les 6 femmes du groupe Malinké qu’aurait tuées l’armée loyale au Président GBAGBO. Dans le même temps, les morgues d’Abidjan sont pleines encore de corps de jeunes étudiants tués en masse à Yopougon et dans plusieurs autres quartiers tout simplement parce que la milice de Ouattara et ses mercenaires assimilent ces jeunes à des pro-GABGBO (il suffit de lire les rapports de Human Right Watch pour s’en convaincre). Dans le même temps, les 800 Guérés tués avec femmes et enfants puis brûlés et, environ 2000 autres civils massacrés dans la même région par les mercenaires Dozo burkinabés, sont restés sans tombe et dans l’indifférence totale de Ouattara.

Quand un homme qui prétend unir, s’adonne à un tel niveau de discrimination, méprise les morts des autres groupes ethniques et considère cela comme des faits divers, c’est que cet homme est le démon de la division !
 
La "colère" de Ouattara ne vise pas à mettre fin aux massacres, mais à préciser les cibles !
 
Non. Ouattara n’est pas fâché avec les FRCI. Il leur rappelle tout simplement leur cahier des charges ou mieux, les termes de référence de leur mission de massacres de civils pro-GBAGBO. S’il foulait dénoncer les exactions contre les civils, il aurait été interpellé par les rapports convergents produits par ses propres alliés et qui font état de massacres à grande échelle de civils jugés pro-GBAGBO depuis plus de 8 mois. Pour 6 femmes malinkées "mortes" et ressuscitées à Abobo, la Côte d’Ivoire a ployé sous les bombes françaises et Laurent GBAGBO et toute sa famille sont en prison.

La semaine dernière, soit 3 ou 4 jours avant les faits de Vavoua, dans la commune de Koumassi, les FRCI ont exécuté froidement 3 jeunes Guérés. Dans la même période, les FRCI ont enlevé 7 personnes à Bonoua pour une destination inconnue jusqu’à ce jour. Toujours à Bonoua dans la même semaine, un enseignant a été battu à mort par les FRCI. La liste est trop longue, trop trop longue pour seulement une seule semaine à Abidjan et banlieues. Et que dire du reste du pays ?
 
Mais ces crimes, tant qu’ils visent les ennemis de Ouattara, ne sont pas des crimes. C’est du protectionnisme politique. Tuer les contestataires de Ouattara, c’est le devoir et la mission de tout milicien membre des FRCI.
 
Alors quand Ouattara s’énerve après un massacre de civils, c’est qu’il y a eu bavure, c’est que les effets collatéraux de la mission ont touché des espèces protégées. Quelle bassesse morale ! Ne pas respecter la vie de civils simplement parce qu’ils ne sont pas de ton bord politique ou du groupe ethnique que tu revendiques être le tien ; c’est abominable !
 
Mais au fait, il s’agit de revendiquer les massacres des civils par les FRCI
 
Ouattara s’énerve et donne des ordres. Donc il est le chef suprême, le commandant véritable des FRCI. Cela veut dire qu’il supporte en premier, la responsabilité de commandement pour toutes les violations massives des droits de l’homme perpétrés par une milice sous son commandement. Enfin ! Nous le tenons !
 
Et il faut donc en tirer toutes les conséquences !
 
Les civils tués en masse en Côte d’Ivoire, c’est sous le commandement et les ordres de Ouattara. Et cela ne gène pas les faiseurs de printemps africains. Quel cynisme !
 
 
A Très bientôt.

Hassane Magued

Cameroonvoice

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 11:58

 

La réconciliation nationale passera nécessairement par l`Ouest du pays. Et les fils de cette région ont déjà pris les devants.

Déjà, début décembre dernier, M. Nahé Gouhé Patrice, le chef du canton Zibiao, le plus grand canton du département de Bangolo, avait convié SEM Jean Marc Simon, Ambassadeur de la France en Côte d`Ivoire, à une grande fête de la réconciliation entre le peuple Wê et la communauté burkinabé dans ce département.

Dans un entretien qu`il nous a accordé dimanche 18 décembre dernier, le chef de canton Zibiao a tenu à faire des précisions à propos de cette réconciliation entre Wê et Burkinabé dans l`Ouest du pays. Depuis la crise qui a secoué le pays, ce sont deux peuples qui se regardaient en chiens de faïence. Au titre des recommandations, M. Nahé Gouhé Patrice a demandé de procéder à un recensement exhaustif de tous les Burkinabé résident dans les villes de Toulepleu, Guiglo, Duékoué, Bangolo, etc.

Pour le chef de canton, ce recensement permettra d`abord aux autorités administratives, militaires et traditionnelles de connaître le nombre exact de tous les Burkinabé, leurs professions et trouver des solutions pour ceux qui ne font rien. «Cette manière de faire permettra d`éviter le grand banditisme dans nos différents départements. Il faut amener chacun au travail», a précisé M. Nahé Gouhé Patrice avant d`indiquer qu`après ce recensement, à chaque Burkinabé sera attribué à un tuteur. Le chef du canton Zibiao a fait savoir sa volonté de travailler désormais avec l`Association des Burkinabé de l`Extérieur pour le Développement (ABED). Cette association est, aux yeux du chef de canton Zibiao, le seul interlocuteur entre le peuple Wê et la communauté Burkinabé car elle ne s’intéresse qu`au développement.

M. Nahé Gouhé a interpellé ses compatriotes Guéré à se mettre au travail, avant de déplorer les comportements de certains jeunes qui s`adonnent au banditisme en coupant les routes. «Il faut que nos frères sachent que le fusil est plus lourd que la machette. Nous allons leur permettre de s`installer en leur apportant des outils agricoles», a-t-il conseillé, avant de mettre en garde tous ceux qui utilisent abusivement les patrimoines de l’État sans autorisation. Entre autres le Mont Péko avec ses 35000 ha, le Mont Sangbé, la haute forêt de Dodo avec ses 200.000 ha, et le parc national de Taï. Pour lui, l’État est le seul habilité à déclasser les forêts afin d`éviter les frustrations et les palabres. Le chef a surtout encouragé les Burkinabé qui, pour cette réconciliation, ont reconnu publiquement leur tort. Il a remercié Jeanne Tegnet, fille de Bangolo, qui a initié cette rencontre entre Wê et Burkinabé.

Achille Kpan
(Région des Montagnes)

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 11:54

La sous-préfecture de Galébré; dans le département de Gagnoa, a failli vivre un drame dans la nuit du vendredi 16 décembre dernier du fait des éléments Frci qui occupent la ville. Ces forces pro-Ouattara en treillis et armes ont violemment battu la femme d’un chef de quartier et 3 jeunes garçons.

L’un des 3 jeunes a été sérieusement blessé et lutte contre la mort. Au dire de nos sources, les Frci menacent toujours de le tuer pendant qu’il se trouve dans une clinique pour suivre des soins.

A l’origine, nos informateurs expliquent qu’un jeune Burkinabé et une jeune fille se querellaient quand Micheline Djéto, la femme du chef du quartier Djonahio est intervenue pour les calmer. Il se trouve que la jeune fille est la copine d’un élément Frci. Cet élément vole au secours de son amie en s’en prenant brutalement au jeune Burkinabé. La femme du chef qui essaie encore de séparer l’élément Frci et le Burkinabé est prise à partie et reçoit gifle. Elle s’écroule et son fils Guédé Jean-Claude dit Jim Kelly qui a suivi la malheureuse scène intervient. L’élément Frci qui a eu du renfort bastonne le jeune homme. Un autre jeune qui répond au nom de Blé Abel court pour calmer les esprits, mais il devient lui aussi la cible des Frci qui le battent sérieusement. Cela fait la troisième personne malmenée par les Frci. La quatrième personne, Kouho Hervé qui tente de limiter les dégâts n’échappe pas. Les Frci lui portent de violents coups et la victime s’écroule et perd connaissance selon nos informateurs.

Transféré dans une clinique de Galébré, le médecin traitant délivre une ordonnance de 80 mille francs Cfa. Les parents de la victime qui croyaient que les Frci auraient un sentiment de remord et par conséquent prendraient en charge les soins ont, dit-on, été surpris par la menace des Frci. Qui, soulignent nos sources, menacent de retrouver la victime sur son lit en clinique pour l’abattre si ses parents ne paient pas les médicaments. Ne sachant plus quoi faire pour éviter le pire, les parents ont négocié avec le médecin traitant pour lui verser 30 mille francs en attendant de réunir le reste de l’argent. La femme du chef s’en est sortie également avec une ordonnance coûteuse.

 

Benjamin Koré

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 11:51

Trouin Willy, étudiant, a été enlevé par deux éléments des Frci, lundi dernier aux environs de 20h, au niveau du terminus des bus 40 à Yopougon-Sideci.

Selon les parents de la victime, le jeune étudiant en compagnie d’un frère était en provenance du village de Kouté à bord d’un taxi. Les deux jeunes gens qui écoutaient des chansons patriotiques louent le courage du Président Laurent Gbagbo.

Ces propos ne sont pas du goût du chauffeur qui, parvenu au niveau du terminus, alerte deux éléments des Frci à moto. « Ces deux jeunes disent que le Président Alassane Ouattara est un rebelle », lance le chauffeur du taxi. Sans attendre, les deux soldats pro-ouattara mettent la main sur les jeunes gens qu’ils rudoient de coups.

Si le compagnon de Trouin Willy réussit à prendre la fuite grâce à l’agilité des ses jambes, cela ne sera pas le cas pour l’étudiant. Il est conduit vers une destination inconnue par les éléments des Frci. Les recherches entreprises par ses parents au niveau des commissariats sont restées infructueuses. Les parents du jeune étudiant appellent les organisations de la défense des droits de l’homme au secours en cette période de grande insécurité.


Didier Kéi

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 18:26

48 h, ce n’est pas un mois ni une année. 48h, c’est deux jours et pas plus. Lundi dernier, Alassane Dramane Ouattara a regardé les Ivoiriens droit dans les yeux pour leur dire qu’il donne 48h pour voir disparaître les seigneurs de guerre, les dozos et les miliciens du pouvoir.

Ouattara a demandé que ces hommes armés s’effacent pour entrer dans les casernes. Sans toutefois dire dans quelles casernes, ils entreront. C’est un gros pari qui tient dans un bref délai. De lundi à aujourd’hui mercredi, ce délai de 48h que Ouattara s’est fixé pour débarrasser les Ivoiriens de ses milices a expiré.

Alors monsieur le président, est-ce qu’effectivement les Frci et les dozos ont disparu de la circulation ? Est-ce qu’effectivement les véhicules estampillés Frci ne circulent plus à Abidjan et à l’intérieur du pays ?


Est-ce que les fameux commandants Frci qui occupent illégalement les résidences et les hôtels qui ne leur appartiennent pas ont réellement quitté ces lieux ? Nous sommes déjà au terme des 48h, est-ce que les Frci qui font le rodéo en ville et gardent de force de petits commerces et maisons sont entrés en caserne ? Les dozos et bandes armées qui pullulent les villages et hameaux et imposent leur diktat aux populations ont-ils libéré leurs otages que sont les populations ?


Ce sont juste de petites questions qui attendent des réponses de la part d’Alassane Dramane Ouattara. Qui est tant soucieux de la sécurité de ses concitoyens. Si c’est fait alors félicitations. Si ce n’est pas fait, alors qu’on arrête de jouer avec la souffrance des populations qui subissent trop les Frci.


Benjamin Koré

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 18:21

Le malheur de millions d’Ivoiriens est la résultante de l’irresponsabilité, de la mauvaise foi et de l’impudeur morale d’un homme : Youssouf Bakayoko président de la Commission Electorale dite indépendante mais dont la dépendance vis-à-vis du RDR, parti d’Allassane Ouattara bénéficiaire principal du coup d’état du 11 Avril 2011, est une évidence notoire.

En effet derrière des lunettes d’intellectuel et une allure de bon père de famille se cache un fils indigne de la Cote d’Ivoire dont le nom rime avec fraude électorale, manipulation des chiffres électoraux, corruption morale, aliénation à Allassane Ouattara et diverses malversations en compagnie des ambassadeurs des états coloniaux en vue de tripatouiller les différents résultats électoraux pour servir la cause des ennemis de la démocratie en Afrique.

Nommé par décret du Président Gbagbo en remplacement de Beugré Mambé dont les pratiques frauduleuses en faveur d’Allassane Ouattara lors de la constitution des listes électorales furent révélées par pure grâce divine, Youssouf Bakayoko a quitté ses fonctions de ministre des affaires étrangères du gouvernement issu des accords de Ouagadougou pour se consacrer au pilotage de la CEI en vue d’élections transparentes et crédibles. Que ne fut la surprise des Ivoiriens et des observateurs avertis lorsqu’a l’issue du second tour de la présidentielle du 28 Novembre 2010 le sieur Bakayoko se rend incognito à l’insu des autres membres de la CEI, à l’Hôtel du Golf, siège de campagne du candidat Allassane Ouattara, proclamer des résultats frauduleux, hors délais sous la supervision des rebelles de Soro devant les cameras exclusifs de la télévision de propagande française France24 ;résultats donnant évidemment Allassane Ouattara vainqueur.

La suite de cet acte ignoble et perfide est connue : mise en marche de la machine médiatique française pour cautionner ce gros mensonge en vue de donner les coudées franches à la coalition internationale rebelle pilotée par la France pour vilipender le père de la démocratie en Cote d’Ivoire (Laurent Gbagbo), asphyxier économiquement la Cote d’Ivoire avec la fermeture anarchique des banques, imposer un embargo macabre sur les médicaments pour faire mourir le maximum de citoyens innocents pour terminer par une guerre meurtrière (notamment a Duekoué ou les milices tribales de Ouattara commandées par Amadé Ouremi ont massacré plus de 1000 civiles le 29 Mars 2011) dont l’apothéose fut le coup d’état du 11 Avril 2011 après 12 jours de bombardement par les hélicoptères français aussi bien de la résidence du Président Gbagbo que des milliers de Jeunes réunis devant la résidence pour former un bouclier humain.

En effet alors que les propres déclarations de Youssouf Bakayoko au soir du 28 Novembre 2010 donnaient un taux de participation avoisinant les 70%, déclarations reprises par France24 et RFI, il n’a pas eu d’inconfort moral à faire passer ce taux à 81% pour servir la cause du mensonge et de la fraude. L’alchimiste, après ce forfait a été exfiltré par l’armée française pour une retraite dorée de quelques mois à Paris pendant que la  Cote d’Ivoire était à feu et à sang. Des villages entiers brulés, des milliers de morts, des millions de déplacés internes et de refugiés dans les pays limitrophes, le règne sans partage de la dictature Ouattariste garantie par la terreur et les exactions quotidiennes des FRCI et des Dozos sur les populations civiles.

L’on était en droit d’estimer que même le plus impénitent des malfaiteurs aurait été ému par tant de souffrance et de désolation pour abandonner les voies lugubres de la fraude électorale et se convertir à la vérité des urnes. Mais que non, l’alchimiste Bakayoko a récidivé lors de la mascarade d’élections législatives. Le taux de participation réel qui était autour de 15%, que les observateurs indépendants ont qualifié de‘’ désert électoral’’ en réponse à l’appel au boycott lancé par le parti du Président Gbagbo (FPI) a été honteusement majorée à 35% par le même Bakayoko après plusieurs jours de tripatouillage. Le PDCI en a fait les frais d’où les nombreuses réclamations déposées au conseil constitutionnel illégalement installé par Ouattara.

Comment Youssouf Bakayoko peut il avoir la conscience tranquille après des actes aussi lourds de conséquence néfastes aussi bien pour l’ avancée démocratique de la nation que pour le commun des Ivoiriens qui payent aujourd’hui un lourd tribut aux décisions corrompues de l’alchimiste de la fraude électorale. Qui a effectivement gagné les élections du 28 Novembre 2010 monsieur l’alchimiste ???

Patrick Beuseize

beuseize@googlemail.com

Cameroonvoice.com

 

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 18:07

Le député nouvellement élu de Yopougon, Yobou Djirabou Benoît, est très remonté en ce moment contre la direction de son parti politique. Le délégué communal du Pdci-Rda (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) de Yopougon-Toits rouges, qui s’est fait élire sur la liste «Vivre ensemble» du Rassemblement des républicains (RDR), réclame le départ d’Henri Konan Bédié de la tête du parti.

C’est au cours d’une conférence de presse le mardi 20 décembre 2011 à Yopougon que l’honorable Yobou Djirabou Benoît s’en est vertement pris au président Henri Konan Bédié à qui il demande de rendre le tablier. « Je suis Pdci dans le sang et je dois beaucoup à ce parti qui a été créé par Feu le président Félix Houphouët-Boigny. Mais il y a un groupe de personnes qui sont en train de noyer le PDCI-RDA. Si le président Bédié est fatigué, qu’il organise un congrès et qu’il s’en aille. Il aura rendu service au PDCI et à la nation entière », a lâché le délégué communal.

Pour le nouveau député de Yopougon, le choix des candidats du PDCI lors des élections législatives du 11 décembre dernier a été un échec pour le président dudit parti. « Houphouët et Bédié c’est le jour et la nuit dans le cadre du choix des candidats aux élections. Bédié est un mauvais héritier d’Houphouët. Quand on prend un héritage, si on ne peut pas le faire fructifier, il faut l’entretenir. Bédié ne contrôle plus rien. Il laisse la vie d’un parti entre les mains des Djédjé Mady, Guikahué et autres», a-t-il dénoncé.

Revenant sur les raisons de sa candidature sur la liste RDR alors qu’il est délégué PDCI, Yobou Djirabou a affirmé que cela est le résultat de l’injustice ‘’caractérisée’’ qui règne au sein du plus vieux parti. « Je n’ai pas demandé un centime au RDR pour être candidat sur sa liste. C’est l’injustice caractérisée du PDCI qui m’a amené sur la liste du RDR. J’ai été humilié par le PDCI. J’ai investi près de 10 millions FCFA dans la campagne du président Bédié lors de la présidentielle. Et pour me remercier, je suis récusé par le parti (…) On ne vire pas un cadre du parti sans l’avoir entendu. Le PDCI n’est pas l’entreprise de Bédié. S’il ne se méfie pas, le PDCI partira en lambeaux », a-t-il averti. Et de marteler : « On me suspend du parti parce que j’ai donné la majorité parlementaire au président Alassane Ouattara. Vous (NDLR : la direction du PDCI) m’avez traité comme une feuille morte ; j’ai battu vos poulains à plate couture. Ce sont des apprentis politiciens que Bédié a choisis à Yopougon comme candidats du PDCI », a-t-il fustigé avant de faire savoir qu’il militera désormais au RDR.

Quant aux contestations des résultats à Yopougon, Yobou Djirabou a affirmé qu’il est impossible de parler de fraudes alors que chaque candidat avait un représentant dans les bureaux de vote. « Je n’ai pas la compétence pour me justifier, mais je pense que c’est trop facile de parler de fraudes à Yopougon », a-t-il déclaré. Sur sa vision politique pour la plus grande commune de Côte d’Ivoire, Yobou Djirabou a souhaité que Yopougon soit subdivisée en 3 ou 4 sous-communes. Ce qui permettra une meilleure gestion des ressources de cette cité par les élus locaux. « Yopougon fait près de 7 milliards FCFA de budget et on ne voit rien. Il est nécessaire que cette commune soit revue dans son découpage municipal pour le bonheur des populations », a-t-il souhaité.

David Yala

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 18:02

 

Trois candidats aux législatives du 11 décembre à Man commune et sous-préfecture ont conjointement animé une conférence de presse au siège social de l’Udpci (Union pour la Démocratie et pour la Paix de Côte d’Ivoire), le mardi 20 décembre 2011.

Sur la sellette, Konaté Sidiki et Blon Blaise, accusés de fraudes massives.

 

Seul Tia et Koné Amara, tous deux de l’Udpci et Guéï Aristide du Pdci n’ont pas eu de mots tendres envers les candidats Konaté Sidiki et Siki Blon Blaise. «A Man, on a assisté à tout, sauf à une élection. Konaté Sidiki a réussi à appliquer la terreur comme il l’avait annoncé par voie de presse », a dit d’emblée Guéï Aristide, candidat Pdci à Man commune. Pour eux, les législatives à Man commune et sous-préfecture, n’ont rien de transparentes.

 

«Konaté Sidiki voyant que les résultats ne lui étaient pas favorables, il s’est érigé en membre de la CEI. Des urnes ont été transportées par sa voiture de commandement. Des prisonniers ont voté à Man ainsi que des Ivoiriens de la diaspora», a précisé Koné Amara. Candidat dans la sous-préfecture de Man, Seu Tia, s’est lui, attardé sur les résultats de la circonscription 116. «Je me demande comment la CEI locale a préparé ces élections ?», s’est-il interrogé. «Le vote a commencé à 17 heures 30 dans certains bureaux de votes et 18 heures pour d’autres et s’est poursuivi jusqu’à 22 heures. Ce qui est anormal. Il y a des bureaux de votesoù il n’y avait pas de listing.

Les gens ont voté avec leur seule carte d’électeur», a déploré Seu Tia. Avant d’énumérer un chapelet de bureaux de vote, où disent-ils, il y a eu fraudes. «Au Centre Social (zone 9), à Libreville (zone 8), à la Mission Protestante, à l’école Mistro, au bureau de vote Kôkô, il y a eu intimidation de la part des loubards et des urnes ont été enlevées par d’autres candidats», ont-ils mentionné. Ce sont, entre autres, sur ces faits qu’ils fondent les raisons de leur recours en annulation au Conseil constitutionnel et souhaitent dans le même temps, la reprise des élections à Man commune et sous-préfecture, ainsi que la dissolution de la CEI locale qu’ils jugent trop partisane.

A.Dedi

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 17:54

La Côte d’Ivoire a ceci de très particulier que, selon les circonstances, un vaurien devient héro et est célébré sans précautions ni vergogne, ou un individu de devoir, se voit vilipendé par les pires personnages de nos cauchemars ! Le drame de ce genre d’incongruités, c’est que le culte de la médiocrité et du mensonge devient un fondement primordial de notre identité, pour conduire notre pays dans des aventures incertaines, quand ailleurs, dans d’autres pays, les efforts pour réunir les forces vives et les meilleures compétences, constitue une démarche fédératrice et structurante pour la construction nationale. Pendant que la majorité des autres pays africains se construit un destin commun donc, notre chère Côte d’Ivoire se détruit sous les coups de personnes médiocres uniquement mues par le besoin de vengeance, par la haine et la peur d’oser des débats objectifs.


Tout semble se passer dans notre pays comme si, pour assoir sa mainmise sur l’ensemble du pays, le pouvoir actuel s’est convaincu qu’il n’y arrivera qu’en détruisant la réputation des responsables et en leur attribuant toutes sortes de culpabilités. Le crédit qui pourrait conduire le pouvoir actuel à une sorte d’approbation concernant sa capacité à tenir le pays, consisterait donc à organiser d’abord et avant tout la négation de la qualité du travail produit auparavant et montrer que rien n’a été fait, si vols, malversations, détournement et abus de toutes sortes, comme preuves de l’incompétences notoires des personnes concernées ! Bien que, pour leur majorité, les actuels et principaux collaborateurs de Mr Ouattara aient été impliqués dans la gestion des 10 ans de transition forcée subit par notre pays et le président Gbagbo, seuls les personnes qui sont restées fidèles à leurs convictions et donc à ce dernier, sont coupables de tous les mots et pêchés d’Israël !


La côte d’Ivoire a tenu et a maintenu ses fondamentaux, malgré la division du pays en deux et son corollaire, la perte de revenus significatifs (on parle de plus de 2000 milliards disparus sur l’exploitation des zones CNO par la rébellion, pour les estimations les plus pessimistes !) Durant ces 10 ans, tout a été fait pour tenir les engagements les plus astreignants, soutenir les exigences les plus farfelues, accepter de supporter les imprévus les plus incroyables mais présentés comme nécessaires pour la sortie de crise, la prise en charge de tous les leaders politiques impliqués dans le partage de pouvoir, etc. Le coût payé pour sortir de la crise est quant à lui estimé plus de 3000 milliards, pour couvrir toutes sortes de nécessités dont on se demande encore l’utilité. Par ailleurs, si l’on considère que près de 60% des différents gouvernements de la période appartenaient au RHDP, on peut imaginer sans trop d’efforts, combien ce groupement à peser sur les finances de l’État durant la période. Par ailleurs, si les responsables de cette période doivent être considérés comme des voleurs et des incompétents, on peut se demander pourquoi ces caractéristiques devraient être limitées et appliquées uniquement aux personnes ayant gardé leurs soutiens au président Gbagbo ?

 

Car, en réalité, les mauvais résultats, s’ils le sont effectivement (ce qui reste encore à débattre !), doivent engager l’ensemble de l’attelage. N’oublions pas, durant la période, les 3 premiers ministres ayant conduit les différents gouvernements appartiennent tous au groupe RHDP, en plus, comme déjà mentionné, plus de 60% des ministres sur toute la période ! D’un point de vue purement objectif, la qualité des résultats devrait engager l’ensemble, et en particulier les membres du groupe le plus nombreux ou dominant. Mais, comme on dit, c’est la Côte d’Ivoire et rien ne s’y fait, ne s’y apprécie, ne se juge et ne s’appréhende avec l’objectivité nécessaire !


Alors, nous allons assister bientôt, à un flot d’accusations de toutes sortes et d’interpellations pour n’importe quoi, mais uniquement dirigé contre les partisans de Laurent Gbagbo. Des réputations bâties à la force du poignet, par engagement pour le pays et dans le souci unique de servir, seront détruire, ou en tous cas, tentées d’être détruites. Il faut absolument réduire à néant toutes forces potentielles du camp Gbagbo, capable de venir porter une contradiction forte et objective ! Il faut salir par tous les moyens toutes ces personnes et ne rien leur autoriser qui puisse permettre de contester quelque peu l’image fabriquée et superficielle d’un régime qui navigue à vue et accroît les incertitudes des Ivoiriens à mesure que le temps passe. Il faut souiller toute figure qui pourrait constituer une position de critiques objectives et solides contre un régime qui ne doit pas échouer. Il faut tuer toute capacité ou toute velléités de contestation crédible de la part de qui que ce soit faisant partie de la galaxie Gbagbo. Rien ne doit être négligé et pour se faire, tous les moyens sont bons ! La menace, la traque, la justice aux ordres, le harcèlement et toutes techniques qui mettent une telle pression que la peur dissuade toute envie ou toute détermination. Il faut construire une Côte d’Ivoire qui ne se perde pas dans la multitude de pensée ou dans des débats inutiles. Au contraire, c’est le règne d’une dictature que même le feu le président Houphouët Boigny lui-même n’aurait pas osé appliquer.


Toutes les forces de critiques objectives doivent être mises sous l’éteignoir, soit sous une association factice, soit par la force, pour les récalcitrants. Ainsi, le groupement RHDP n’existe que pour servir de faire-valoir au RDR, dont l’ambition enfin évidente pour ceux qui ne voulaient pas le voir, est de s’approprier tous les pouvoir possible et de contrôler tous les rouages significatifs de l’État. L’expérience des dernières législatives a fini par démontrer cette évidence, mais, jamais, aucun des autres membres du RHDP, en tout cas des leaders des différents partis, n’osera opposer une remise en cause de l’attelage hétéroclite qui sert de marchepieds au RDR dans sa quête folle d’imposer sa dictature. Malgré les affrontements exacerbés qui ont eu cours durant la prétendue campagne électorale et la manipulation des résultats pour donner une majorité parlementaire aussi excessive que surréaliste aux RDR, personne n’osera exprimer une inquiétude qui vienne tester la solidité du groupement. Les observateurs internationaux ont pu objectivement observer combien ces élections s’étaient dérouler, rien ne les autorisera à décrier quoi que ce soit de réel qui soit survenu contre la crédibilité d’un scrutin attendu. Et, plus en avance, moins il sera possible ou loisible au aux membres du groupement d’exprimer une quelconque critique ou un début de mécontentement face à la domination croissante et sans partage du RDR et des ex-FN ou rebelles. Que cette assemblée nationale ne soit finalement pas représentative de la réalité politiques de notre pays ou même, simplement de l’association au pouvoir, cela importe bien peu. Nul ne doit se permettre de critique ce pouvoir et tout ce qu’il dit ou dira doit être accepter sans recul ni interrogations quelconques !


Pour ce qui est de l’opposition, c’est soi de la faire disparaître, soit de la salir pour que ses propos ne soient pas crédibles. Donc, on va identifier certains de ses responsables ou représentants, peu importe leur niveau, ou même qu’il soit politiciens ou non et brandir contre eux toutes sortes d’accusations capables de porter préjudice à leur honorabilité, pour réduire l’impact de leurs propos et critiques sur la gestion du pays. La recherche de la félicité absolue ne peut autoriser de laisser poindre quelques velléités de contestations, même face des résultats bien médiocres produits par la gestion actuelle du pays par le régime et son chef.  Ouattara est présenté comme un grand et en tant que chef du pays, nul ne peut escompter questionner sa gestion, car il faut qu’il reste grand, envers et contre tout bon sens et contre la réalité de son incompétence, de ses mauvaises décisions, de la dictature qu’il impose avec ses gants de velours. Ses collaborateurs, affidés parmi les affidées, porte-voix d’une cause dirigée visiblement contre la Côte d’Ivoire, qui pour la plupart sont pourtant notoirement incompétents, et pour la plupart ont participé à la gestion du pays pendant les 10 dernières années, aucune remise en  cause de leurs pouvoirs ou de leur responsabilité ne doit être autorisée.  Dans tous les cas, étant partisans de Ouattara, ils ne peuvent être que forts et inattaquables, propres et supérieurs à tout ce qui a été vu avant. Peu importe qu’ils aient été coupables des pires vols et détournements par ailleurs, ils n’en restent pas plus propres et plus honorables que tout ce qui reste déterminé à soutenir Laurent Gbagbo, à représenter une opposition crédible ou à opposer une analyse critique de la gestion actuelle du pays. La force du pouvoir ne doit nullement permettre d’opposer la qualité de la gestion d’une administration ou d’une entreprise avant avec celle exercée actuellement, sous l’autorité de Mr Ouattara le grand !


L’incertitude des Ivoiriens est visible, au moins et réelle ? Peu importe, le régime Ouattara est bon, fort et efficace ! Les résultats de la gestion actuelle sont contestables, ou n’existent pas ? Ce n’est pas important, car Ouattara et son régime doivent être forcément efficaces et capables, et cela, bien plus que tout autre pouvoir ayant existé auparavant. Il faut à la tête de notre pays un personnage inattaquable, parce que capable de servir des intérêts qui ne sont répondent nullement aux attentes des Ivoiriens et toute capacité à mettre cela en évidence ne saurait être tolérée. Il faut que notre pays se soumette à une logique de libéralisme exacerbée et contradictoire des besoins réels de nos populations, et pour ce faire, personne, aucune voix ne doit être capable d’interférer contre cela. Donc, il faut bâillonner toute opinion contraire, contestatrice ou opposée pour permettre au pouvoir d’avoir libre cours dans sa logique contestable pourtant de la gestion du pays. Quiconque peut représenter une voix crédible et porteuse de critiques fondamentales et proches des attentes contraires de nos populations ? IL faut lui nier la capacité de faire prospérer sa dynamique contestatrice au profit des populations ivoiriennes. Aucune opposition ne doit exister ou prospérer et tous les moyens seront utilisés pour l’étouffer !


La démocratie prétendue du régime actuel, peut donc se faire sur des bases de toutes évidences contestables, mais peu importe, car le régime et son chef doivent présenter une unicité de pensée qui suppose une légitimité qui n’existe pas et n’existera jamais au profit de Ouattara. Même les observations d’experts internationaux indépendants, dont celles qui dénoncent ou interpellent sur la fragilité de certains aspects du quotidien des Ivoiriens, ne sont pas acceptables. Et pourtant, nous sommes tous d’accord que ces derniers sont neutres et objectifs. Toutes objections des affirmations péremptoires du régime passent pour une inimitié manipulée et est donc rejetée sans ménagement, car il faut que tous les avis, toutes les opinions, tous les observations soutiennent la viabilité d’un régime pourtant en train de mourir sur les ferments de ses propres démons et contradictions. Tout ce qui ne va pas dans le sens des affirmations et des manipulations médiatiques du régime est présenté comme subjectif, inamical et peu soucieux des efforts consentis par le régime et un rejet de résultats invisibles, mais pourtant défendus. Si on n’est pas d’accord, c’est qu’on n’aime pas Ouattara et donc la Côte d’Ivoire, sa Côte d’Ivoire et celle de ses soutiens. Il peut violer la constitution autant qu’il le désir, cela ne doit déranger ni interpeller. Il peut fouler du pays des engagements vis-à-vis de partenaires, peu importe, tant que son pouvoir se renforce et que les bases d’une certaine légitimité peuvent être défendues, même contre une réalité contraire et implacable.

 

Les nominations se font contre les promesses de bonne gouvernance ? Qui cela intéresse-t-il pour autoriser une dénonciation ? des centaines de personnes sont renvoyés, pour délit d’opinion ou de convictions ? Pourquoi s’en offusquer, car Ouattara doit remplir les entreprises et l’administration de ses partisans et même si cela porte le sceau d’une exclusion avérée d’autres pans de la population sur des bases aussi iniques que la religion, l’ethnie, la région ou l’opinion politique contraire. Que cela débouche sur une dictature avérée ou que cela pose les germes d’un conflit futur plus violent et exacerbé, peu importe, car après Ouattara, le déluge peut submerger notre pays. Au moins, Ouattara aurait obtenu la satisfaction de nous imposer sa totale irrationalité et son incompétence qui se met progressivement en évidence, tant les erreurs, les impairs et décisions incompréhensibles sont légions. Nous autres de l’opposition, nous ne saurions de toutes façons dénoncer quoi que ce soit de tout cela, de toute cette destruction de note pays, car déjà, nous avons été savamment souillés par la fabrication de toutes sortes d’accusations, dont en réalité Ouattara et son régime sont devrais experts et champions. Car, d’où vient la fortune de tous ces gens, qui ont été à des postes de responsabilité pendant 10 ans, avant d’être aujourd’hui les juges de notre gestion commune passée ? Quand le mensonge, la délation et la manipulation sont érigés en mode de gestion de l’État et contre d’honnêtes serviteurs du pays, faut-il espérer que ce régime consente à favoriser des débats démocratiques sur les questions à enjeux nationaux et dont l’intérêt pour l’ensemble de nos populations ne peut se démentir ?

 

Sauf à vouloir se contenter de peu et à abandonner totalement le pays aux mains souiller de ces juges prétentieux et de ces décideurs dépourvus de sens de l’État et de l’intérêt national, nous devons nous poser la question désormais des méthodes à mettre en œuvre contre cette imposture dont la seule qualité réside dans l’animosité systématique et la haine antisociale. Car, nous avons œuvrer avec détermination pour la construction d’une nation, et la gestion de notre pays dans l’intérêt premier des Ivoiriens et s’il est possible, toute œuvres humaines étant en soit, imparfaite, de nous reprocher des erreurs inévitables, nous ne saurions accepter de nous laisser accabler d’accusations que tous, nous partageons, pour avoir été aussi responsables les uns que les autres de l’état du pays et des déperdition qui la Côte d’Ivoire a subi, précisément du fait de leur volonté de détruire le pays, pour mieux le récupérer et s’installer à sa tête, sans aucune se préoccuper des conséquences évidentes qu’ils prétendent dénoncées aujourd’hui pour nous ne rendre seuls responsables. Quand un responsable n’est pas capable d’assumer sa part dans ce qui est contestable, comment peut-on lui accorder une quelconque crédibilité dans les accusations qu’il peut porter contre les autres ? L’enfer ce n’est certainement pas toujours les autres et franchement, sauf à vouloir réécrire l’histoire et ignorer la vérité, ces gens-là sont bien mal placer pour le camp Gbagbo et ses responsables ! Si c’est cela leur programme de gouvernement, alors, il faut craindre que la situation de notre pays ne continue de se dégrader gravement ! Pour l’éviter et quoi qu’ils portent comme accusations contre nous, nous ne devons pas baisser les bras, car la vérité finit toujours par s’imposer, même contre la plus puissante machine de propagande qui puisse être appliquée. Maintenant, faut-il le rappeler, nous aussi, nous avons des choses sur leurs actes et leurs responsabilités concernant des faits avérés et si nécessaire, nous engagerons aussi notre détermination à divulguer leurs nombreux méfaits, sans ménagement. C’est à eux donc de décider de ce qui doit prévaloir pour que notre pays retrouve sa sérénité et sa dignité, car si nous arrivons à démontrer qu’ensemble, nous sommes tous des vandales, alors que restera-t-il d’espoir et d’hommes et femmes pour espérer donner une quelconque perspective optimiste à nos populations dont les meurtrissures sont encore vivaces et qui aspirent à bien autre chose qu’un vulgaire déballage de poubelles !

 

La force ne peut pas toujours vaincre la détermination et les menaces ne seront jamais suffisantes pour faire taire des gens de foi, de responsabilité et de vérité. Et, malgré tout, il en a encore dans notre pays, malgré le niveau de fiente qui lui est imposée par une clique d’individus dont la peur de la critique la dispute avec l’incapacité qu’elle a de démontrer sa capacité à réaliser les promesses démagogiques qu’elle a vendues aux pauvres Ivoiriens qui ont eu le malheur de leur faire un peu confiance ! Alors, soit ce régime nous respecte, soit il prend la responsabilité de faire prospérer une logique qui finira par le perdre, sans aucun doute, en plus de ses propres contradictions internes, il ne peut faire croire à une quelconque bon sens que lui et ses membres sont si propres que cela, au point que le reste du pays est de la simple souillure que lui-seul est capable de démontrer. S’il y a un seul Ivoirien de ce niveau qui soit propre, qu’on nous le présente, on commencera le débat là et le reste suivra, à commencer par Ouattara lui-même et tous ses exécuteurs de basses œuvres ! L’honorabilité pour certains reste encore une caractéristiques non négociables, même devant la pire des terreurs, fusse-t-elle celle de Ouattara, car maintenant, on connaît sa vraie nature ! Nous ne nous laisserons pas faire sans réaction ! L’hôpital doit savoir faire preuve d’un peu d’humilité devant la charité, malgré les faiblesses de cette dernière, car rien n’est jamais définitif !

Auteur : K.K

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