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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 13:16

Visiblement, l’affaire «des chèques du trésor retourne impayés» émis par M. Kouadio Kouassi Jean Baptiste, trésorier général de Daloa, au profit M. Ouedraogo Adama continue de faire des vagues.

 

Le lundi dernier, la direction générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (Dgtcp) a donné sa version des faits. Selon cette source officielle, le prestataire de service pour le compte de l’Etat de Côte d’Ivoire, a effectivement reçu en guise de règlement un chèque ACCD n°1952532 du 28 juin 2011. Contrairement à ce que laissent penser les différents articles parus dans la presse, ce n’est pas un défaut de provision qui a empêché le sieur Ouédraogo d’encaisser son chèque, tout comme d’autres fournisseurs payés dans la même période par les mêmes chèques Accd.

 

En fait, les chèques utilisés étaient prescrits comme l’attestent les différents avis de rejet établis par les banques» précise le communiqué de presse. Avant de faire des révélations de taille : «Les chèques utilisés devaient être retirés de la circulation car périmés.

 

Malheureusement, cette information n’a pas été portée à la connaissance du Trésorier général de Daloa, qui a effectué de bonne foi lesdits règlements. Dès qu’il a été informé par sa banque, Monsieur le Trésorier général a procédé à la régularisation par virement des fournisseurs concernés qui se sont présentés à lui avec le chèque incriminé. Le chéquier contenant les formules dépassées a été immédiatement retiré de la circulation.

 

Concernant le cas spécifique du sieur Ouédraogo, la régularisation de son règlement est effectif depuis le 12 août 2011, date du débit du compte de la Trésorerie générale de Daloa. Aussi, certainement face à l’ampleur du dommage et des désagrément commis ,il a été porté à la connaissance de tous les fournisseurs concernés par ce « malheureux incident » qu’ils doivent se rendre auprès du Trésorier général de Daloa avec le chèque rejeté à l’effet d’obtenir la régularisation de leur règlement.

 

Malgré ces explications qui ne rassurent pas sur toute la ligne, on peut dire sans se tromper que la responsabilité administrative du Trésorier général, Kouadio Kouassi Jean Baptiste est établie. Car, ce sont plusieurs chèques périmés qui ont été émis par ses soins. A supposer que ce soit des médicaments périmés qui avaient été prescrites ? Les victimes seraient nombreuses. La direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique ( Dgtcp) doit situer les responsabilités et sévir pour mettre fin à de tels dérapages qui ternissent l’image de cette régie financière très stratégique.



Bamba Mafoumgbé (bamaf2000@yahoo.fr)

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 13:12

Le ministre délégué à la défense, Paul Koffi Koffi était, le Vendredi 23 Septembre dernier, à Taï où il a rencontré les populations à la suite de l’attaque meurtrière contre le village de Ziriglo (650 km d’Abidjan, extrême Ouest du pays).

 

Cette attaque menée par des hommes armée inconnus, le 16 Septembre dernier à 02h du matin, avait coûté la vie à 23 personnes dont des enfants et des femmes.

 

Mais très vite, M. Paul Koffi Koffi dans la précipitation, sans enquête fiable, avait attribué les évènements sanglants de Ziriglo à un commando venu du Libéria. Alors que sur le terrain, il n’en était rien. Les victimes et les populations du canton Oubi (autochtones Guéré) où le crime a été perpétré, pointaient plutôt du doigt les Frci, accusées d’avoir agi en représailles contre le non paiement de la rançon de 500 000 fcfa imposée à chaque village producteur de cacao dans la zone forestière.

 

Le ministre délégué à la défense a-t-il découvert la triste vérité sur le terrain à son arrivée dans le pays Guéré ? A la mairie de Taï où il a rencontré le corps préfectoral et la population constituée pour la plupart de déplacés qui ont fui les lieux des exactions, Paul Koffi Koffi a fait marche arrière.


« Ceux qui ont attaqué, ce sont des inconnus. Vous ne devrez pas vous faire du mal entre vous. Aucun des assaillants n’est pour le moment pris… jusqu’à preuve du contraire, on n’a pas pris quelqu’un. Donc, on ne sait pas qui a fait ça », a-t-il avoué.


Dans la région, les Frci sont mal vues à cause du racket jugé exagéré et de leurs nombreux barrages donnant lieu à des tracasseries incessantes.


« Que celui qui n’aime pas les Frci et qui ne veut pas des Frci, aille au Liberia », a coupé court Paul Koffi Koffi .Comme pour dire que désormais les forces pro-Ouattara ont carte blanche pour faire comme bon leur semble dans l’Ouest du pays. « Je donne feu vert aux généraux pour qu’ils installent ici des militaires puissamment armés pour y rester le plus longtemps possible », a-t-il poursuivi. Aucun mot de compassion aux victimes qui ont exposé leur misère à la suite de l’incendie criminel ayant frappé leurs villages à l’occasion des évènements sanglants de Ziriglo.






FélixTehaDessrait dessrait@yahoo.fr envoyé spécial dans l’Ouest

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 13:09

A Yopougon, il ne se passe pas de jour sans que des tirs à l’arme automatique ne déchirent la nuit, autour de 21 heures. Le mois dernier, c’est à de véritables échanges de tirs que les populations ont eu droit.

 

A en croire les informations qui nous sont parvenues, des hommes en armes encagoulés, à bord de véhicules non identifiés, auraient ouvert le feu sur des personnes prises en chasse. La rumeur avait alors couru au sujet d’affrontements entre des factions Frci.

 

Tandis que d’autres parlaient d’opération musclée contre des « faux » Frci qui refusent de désarmer.

 

Ces derniers jours, la population s’interroge sur les tirs intermittents qui inquiètent. Il faut rappeler que la commune de Yopougon a été, il y a quelque temps le théâtre d’affrontements sanglants entre les hommes en tenues du pouvoir, pour des raisons internes qu’on dit liées à des chefs de guerre et des éléments dont le régime voulait se débarrasser, avec l’appui de la force Licorne.

 

Il y a quelques jours, des informations faisaient état de ce que plusieurs chefs de guerre auraient été nuitamment « neutralisés » à l’arme lourde, au cours de combats rangés.



K.K.M

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 13:05

Plusieurs mois après sa création: La commission dialogue, vérité et réconciliation enfin investie aujourd’hui La commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr) mise en place, depuis plusieurs mois, sera enfin officiellement investie cet après-midi à Yamoussoukro, à .la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.

 

En présence du chef de l’Etat et des membres de son gouvernement. La cérémonie sera précédée d’un conseil des ministres qui se tiendra au même lieu.

 

La commission forte de onze membres est présidée par l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny. Elle a pour mission de réconcilier les Ivoiriens après plusieurs années de déchirement.

 

D’aucuns estiment cependant que pour créer les conditions d’une réconciliation vraie, il faudrait que les prisonniers politiques dont le Président Laurent Gbagbo, soient libérés, que les exilés rentrent et que cessent les tracasseries contre certaines catégories de populations.

 

D’autres, par contre, considèrent que le processus de réconciliation peut aller de pair avec les poursuites judiciaires engagées contre les personnes proches de l’ancien régime.

 

Pour le moment, le Fpi continue de s’inscrire dans le processus. Selon des sources proches des organisateurs, le parti d’Affi N’Guessan sera représenté par le Professeur Sébastien Dano Djédjé. Du choix définitif fait par la commission et de sa méthode de travail, dépendra le succès de la mission confiée à Charles Konan Banny.

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 13:00

Réconciliation et justice sont "étroitement liées", a souligné mardi l'archevêque sud-africain Desmond Tutu à la veille du lancement de la Commission réconciliation ivoirienne, appelant le pouvoir à conjurer toute impression de "justice des vainqueurs".


 "La réussite de tout processus de réconciliation passe par l'intégration de tous les acteurs concernés", affirme dans un communiqué le groupe des Elders (Anciens) présidé par Mgr Tutu, qui dirigea la Commission vérité et réconciliation en Afrique du Sud après la fin de l'apartheid.


 Les Elders "exhortent" le président Alassane Ouattara, auquel ils ont envoyé une lettre, à "manifester publiquement sa détermination à assurer l'impartialité et l'indépendance de la Commission".


 "Réconciliation et justice sont deux processus étroitement liés", souligne encore le groupe. "Nous encourageons le président Ouattara à démontrer (...) que le processus judiciaire qu'il a initié est à la fois juste et totalement impartial",  déclare Mgr Tutu, cité dans le communiqué. "Si la perception d'une +justice des vainqueurs+ prévaut, c'est l'ensemble du processus de réconciliation qui est menacé", met-il en garde.


 "Nous avons des préoccupations" à ce sujet, a déclaré à l'AFP l'ex-Haut commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Mary Robinson, jointe par téléphone au Canada depuis Abidjan. "De graves allégations" visent des soutiens de M. Ouattara, a-t-elle relevé.


 Le président Ouattara installe mercredi dans la capitale politique Yamoussoukro la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) pour panser les plaies de la récente crise post-électorale. 


 Laurent Gbagbo et plusieurs dizaines de responsables de son camp ont été incarcérés et inculpés. Malgré l'engagement de M. Ouattara contre l'impunité, aucune figure de son propre bord n'a encore été inquiétée. Pourtant, selon l'ONU, les deux camps ont pu commettre des crimes contre l'humanité ou des crimes de guerre.


 Mgr Tutu, Mme Robinson et l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan s'étaient, au nom des Elders, rendus en Côte d'Ivoire début mai, rencontrant les nouvelles autorités et M. Gbagbo sur son lieu de détention du Nord ivoirien.

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 21:49

( Slateafrique.com ) Dans une actualité riche en événements majeurs, à commencer par ce krach boursier rampant qui risque de précipiter une bonne partie de l’économie planétaire dans une profonde récession —pour ne pas parler de dépression—, une information africaine est pratiquement passée inaperçue. Il s’agit de la ratification par la Guinée du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (Tice). La belle affaire, a-t-on envie d’écrire.

Bien sûr, dans l’absolu, interdire l’usage de l’arme nucléaire est une excellente chose, et l’on peut saluer le fait que l’Afrique s’engage pour cela. A ce jour, seuls deux pays n'ont pas encore signé ce Traité (Maurice et la Somalie), tandis que onze l’ont signé, mais pas encore ratifié (ce qui est tout de même le plus important).

Il s’agit de l’Angola, du Tchad, des Comores, du Congo, de l’Égypte, de la Guinée équatoriale, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, de Sao Tomé-et-Principe, du Swaziland et du Zimbabwe. Au total, 155 pays dans le monde ont ratifié le Tice, ce qui n’est pas le cas de nombre de grandes puissances nucléaires, officielles ou officieuses, dont la Chine, la République populaire démocratique de Corée, l'Inde, l'Indonésie, l'Iran, Israël, le Pakistan et les États-Unis.

Mais revenons à la Guinée et à sa ratification.

 

Voilà typiquement le genre d’information qui obstrue les canaux médiatiques et à laquelle les grandes publications n’accorderont aucune attention. Il en va ainsi de milliers d’événements diplomatiques et institutionnels qui mobilisent néanmoins les agences de presse (surtout lorsqu’elles sont officielles) et auxquels sont consacrées de longues dépêches destinées, un jour peut-être, à être exploitées par quelques chercheurs ou thésards.

De façon générale, cette ratification, qui renforce, qu’on le veuille ou non, le camp des anti-essais nucléaires ne fera qu’illustrer le déséquilibre du monde. Que l’Afrique dans sa presque totalité s’engage pour interdire les essais atomiques ne changera pas la donne, pas plus qu’elle ne donnera mauvaise conscience aux non-signataires.

Comme dans tant d’autres domaines —on pense par exemple à l’interdiction des mines antipersonnel ou bien des bombes à sous-munitions— les plus puissants continueront à n’en faire qu’à leur tête et à ne pas tenir compte de ce que veut la majorité des pays membres de l’ONU. Voilà bien la réalité des relations internationales.

L'Egypte, un cas particulier


Dans le cas africain, l’affaire se complique avec l’Égypte. Ce pays a annoncé à plusieurs reprises qu’il ne ratifiera le Traité que le jour où Israël le fera. Ce n’est un secret pour personne que l’état hébreu dispose de l’arme atomique et l’Égypte (qui a renoncé au nucléaire militaire) veut tout de même se donner les moyens de pression sur ce dernier. C’est d’autant plus vrai que la question iranienne complique la donne.

Si, d’aventure, Téhéran se dotait de l’arme nucléaire, l’Égypte, puissance régionale sunnite, ne pourra pas rester les bras croisés. Printemps arabe ou pas, le gouvernement égyptien ne peut accepter de perdre sa prépondérance régionale, même si la Turquie et l’Arabie saoudite lui disputent ouvertement son leadership depuis plusieurs années déjà.

Signer plus pour déplaire moins


Mais il y a une autre manière d’appréhender la ratification guinéenne. Pour exister, pour se concilier les bonnes grâces de la communauté mondiale et notamment celles des grandes institutions, de nombreux pays africains se sentent obligés de signer un nombre incroyable de conventions internationales, qui vont de la protection de telle ou telle espèce animale à l’acception de telle ou telle nouvelle règle environnementale.

L’un des pays passé maître dans ce genre d’agitation diplomatique —laquelle n’est pas sans conséquence sur les budgets des États— a longtemps été la Tunisie.

Désireux de montrer sa bonne volonté et son ambition de participer à la bonne marche de la planète, le régime de Ben Ali a tout signé ou presque. Et c’est ainsi que son pays a reçu en janvier 2000 la «médaille d’or de la Confédération mondiale des activités subaquatiques, en reconnaissance pour ses efforts remarquables en matière de protection de l’environnement et du milieu naturel, ainsi que pour les résultats appréciables réalisés par la Tunisie dans ce domaine», dixit le rapport des droits de l’homme en Tunisie pour la période allant de 1987 (date de la prise de pouvoir de Ben Ali) à 2000. Un document réalisé par le Comité supérieur des droits de l’homme et des libertés fondamentales, dont on se demande ce que sont devenus ses membres, mais ça, c’est une autre histoire…

En réalité, ces engagements internationaux servent trop souvent à deux choses: d’abord, ils font oublier l’essentiel, c'est-à-dire le caractère non démocratique du pays signataire. Parapher un traité, aussi honorable soit-il, permet de se donner une légitimité à l’extérieur et de faire taire les critiques en provenance des organisations de défense des droits de la personne humaine.

Ensuite, c’est un outil essentiel en matière de communication interne, puisque cela représente un message du régime à destination de la population. En effet, cela revient à lui dire «vois comme j’ai un rôle reconnu sur le plan international. Inutile de te faire des illusions en espérant une pression de l’extérieur pour que j’accepte de partager le pouvoir».

Dernière précision qui montre les limites de cette stratégie: entre 2007 et fin 2011, la Libye a signé un nombre important de conventions internationales et autres traités. On connaît pourtant la suite des événements…

Akram Belkaïd

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 20:35

Les proches de l`ancien président ivoirien Laurent Gbagbo ont demandé mardi au secrétaire général des Nations unies la création d`une commission d`enquête internationale sur les événements survenus en Côte d`Ivoire depuis septembre 2002 et le début de la rébellion.

"J`ai l`honneur de solliciter, au nom du président Laurent Gbagbo, dont je suis le représentant et le porte-parole, la mise en place par lOrganisation des Nations unies (ONU) dune commission internationale d'enquête sur les évènements survenus en Cote dIvoire depuis septembre 2002", a écrit Koné Katinan, ancien ministre délégué au Budget de Laurent Gbagbo, dans une lettre à Ban Ki-moon transmise à l`AFP.

Le nouveau président ivoirien, Alassane Ouattara, a demandé à la Cour pénale internationale (CPI) d`enquêter sur les crimes contre l`humanité et les crimes de guerre qui auraient été commis en Côte d`Ivoire.

Mais cette demande porte seulement sur la crise post-électorale, alors que le camp Gbagbo demande qu`elle débute en septembre 2002, date du coup d`Etat manqué contre Laurent Gbagbo mené par des rebelles qui se sont emparés de la moitié nord du pays.

Ces rebelles ont ensuite combattu aux côtés du président Alassane Ouattara.

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 20:26

La belle tribune de l’Organisation des nations unies, royalement offerte par des alliés ! Ouattara ne pouvait pas la manquer. Pour son dernier show étasunien, il s’est efforcé, laborieusement, d’assurer le spectacle jusqu’au bout. Au risque de pousser trop loin le bouchon des promesses qui ne seront jamais tenues.

 

En effet, s’adressant à son public dans son habituel «a cappella», la main sur le cœur, le nouvel occupant du palais d’Abidjan a, une fois encore, promis de réaliser le miracle. Il prétend faire de la Côte d’Ivoire un pays ‘’émergent’’, d’ici 2020. On peut même penser que si le dictateur d’Abidjan, jouant la comédie aux yeux du monde, n’a pas employé le terme “développé”, c’est peut-être parce que quelqu’un de mieux avisé l’a pincé sous la table pour lui déconseiller une telle exagération. Car, au regard du défi insurmontable qui se dresse devant lui, on aurait été tenté de sourire, si ce n’était hélas pas l’avenir de la Côte d’Ivoire que le pouvoir en place est en train d’hypothéquer, avec tant de légèreté.

 

Ouattara, à la tribune de l’Onu, parle comme si la Côte d’Ivoire était un pays indépendant qui a son destin en main et qui peut décider lui-même de son devenir en marchant de façon souveraine sur les chantiers de son développement, tout en disposant de ses propres ressources.


L’implacable réalité historique d’un pays recolonisé


La prétention de Ouattara choque pour plusieurs raisons tellement évidentes qu’elles nous obstruent la vue. En attendant que les vrais économistes, experts en la matière, rappellent à Ouattara la vanité de son ambition de faire de la côte d’Ivoire un pays «émergeant» à l’orée 2020, nous nous contenterons de lui présenter l’implacable réalité historique qui rend impossible l’émergence de la Côte d’Ivoire, tant que ce pays restera sous le joug colonial, comme c’est malheureusement le cas avec un régime aux ordres installé le lundi 11 avril 2011.

 

Ouattara doit savoir que si la France s’est donné la peine de mener des «expéditions» commerciales et militaire dès 1880 pour «soumettre» et s’approprier des «territoires» dont elle a fait des «colonies», ce n’est pas pour aider les peuples de ces «possessions» à s’émanciper et à se hisser au même niveau qu’elle. Pour qui a une fois ouvert un livre d’Histoire, les raisons qui ont poussé les puissances impérialistes à conquérir des territoires en Afrique sont des raisons purement économiques, qui ont été habillées d’une parodie d’humanisme et d’une prétentieuse «mission civilisatrice».

 

La vérité est que les territoires occupés en Afrique par la colonisation européenne étaient de deux ordres. Il y avait les «colonies d’exploitation». Oui, vous avez bien lu : Exploitation ! C’est le mot. Exploiter les richesses de l’Afrique pour développer l’économie de l’Europe. Telle est la motivation, essentielle, qui a guidé la colonisation et qui explique la mainmise, jusqu’à présent, des pays impérialistes sur le continent noir. La souffrance du Noir n’a pas d’autre source. Peut-être faut-il y ajouter le sort tragique du « Nègre » qui remonte à l’esclavage. Les tenants actuels du pouvoir pourraient par exemple effectuer un pèlerinage à «la Maison des Esclaves» à l’Ile de Gorée au Sénégal pour se souvenir que les Africains, enchaînés tels des forçats, y ont transité pour aller être exploités comme des bêtes de sommes dans les plantations de canne à sucre aux Etats unis. Des siècles de souffrance qui nous ont laissé en héritage le «Negro spiritual» et le «Blues». Ça vous dit ?

 

Dans une mesure à peine nuancée, il y a eu aussi les «colonies de peuplement» qui permirent par exemple aux Français dits «Pieds noirs» d’envahir et d’occuper l’Algérie en décrétant que ce territoire leur appartenait. Quant aux conditions d’exploitation du peule algérien, elles étaient les mêmes que partout ailleurs dans les autres colonies. L’Algérie dut mener sa «guerre de libération» pour chasser l’occupant.

 

Une fois cela rappelé, le colonisé, puisque cette réalité n’a pas cessé en Côte d’Ivoire, a le devoir historique de savoir que la France, pour ce qui nous concerne, avait deux ensembles de territoires sous sa domination.

 

L’Afrique équatoriale française (Aef) qui regroupait le Gabon, le Moyen Congo, l’Oubangui Chari (actuel Centrafrique) et le Tchad.

 

Et l’Afrique occidentale française (Aof) qui réunissait le Sénégal, la Mauritanie, le Soudan (actuel Mali), la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), la Guinée, le Niger, la Côte d’Ivoire et le Dahomey (actuels Togo et Benin).

 

Ces territoires, administrés chacun par un «gouvernement général», assuraient, et continuent d’assurer à ce jour, les besoins de la France (la métropole) en produits agricoles (cacao café, huile de palme, arachides…) et en extraction minière (or, diamant, manganèse, bauxite uranium, pétrole et autres métaux rares et précieux). Voilà le vrai visage de la présence française en Afrique.


Le triste sort de «l’Afrique française»


Il apparait donc évident que les raisons de la présence française en Afrique, et particulièrement en Côte d’Ivoire, sont incompatibles avec tout projet d’émergence. Tant que le pays demeurera sous le contrôle exclusif de l’Elysée. Ce n’est pas un hasard si la France a mené la guerre à Laurent Gbagbo pendant 10 ans, avant de l’éjecter le 11 avril 2011. Laurent Gbagbo avait clairement affiché sa volonté de soustraire la Côte d’Ivoire du giron français en en faisant un pays véritablement souverain, au plan économique et politique.

 

Avant lui, Henri Konan Bédié avait osé dire, en 1997 au cours d’une visite à Singapour, que : «La Côte d’Ivoire n’est la chasse gardée de personne». Il parlait de la France, bien sûr. Le sphinx de Daoukro avait décidé de diversifier les relations de la Côte d’Ivoire. Si la France tenait à laisser la Côte d’Ivoire «émerger», elle n’aurait pas renversé ceux-ci.

 

Paris irait-il à l’encontre de ses intérêts en laissant la Côte d’Ivoire se développer ? La France ferait-elle une chose et son contraire ? La liberté et l’indépendance de l’Afrique sont perçues par la France comme une menace. Car sans les réserves de ses colonies en Afrique, la France n’est guère qu’un petit pays sans ressources naturelles en Europe. Pour s’en convaincre, il faut ré-parcourir tous les coups d’Etat qui ont jalonné l’histoire des colonies française en Afrique. Tous les chefs d’Etat qui se sont permis de rêver à l’émergence de leurs pays ont été renversés où assassinés par les soins de la France.

 

Seuls les «bons élèves» du maître y ont réchappé. Mais à quel prix ? On se souvient des amers regrets de Félix Houphouët-Boigny qui s’est affligé, au soir de sa vie, de ce que les pays noirs soient toujours sous la domination de la France, après le combat pour les indépendances que les dignes leaders africains ont mené.

 

On connaît l’histoire d’Omar Bongo. Grand financier occulte de la classe politique française, dernier dinosaure de la «Françafrique», mort de chagrin parce que méchamment humilié par Paris, dans ses derniers moments, pour avoir eu le malheur de remettre en cause l’exploitation abusive du pétrole gabonais par la France. Aucun pays colonisé par la France n’est jamais sorti du sous développement où Paris entend au contraire maintenir ses «possessions» pendant longtemps encore.

 

«Les coups d’Etat en Afrique sont un investissement, pour assurer l’avenir de plusieurs générations de Français», nous a-t-on dit. On sait que seuls les esclaves qui parviennent à affranchir de haute lutte sont en mesure de prétendre à l’émergence dont Ouattara parle. Or, dès son installation au pouvoir, Ouattara a signé un nouveau contrat colonial avec la France. Lors de la visite du Premier ministre Français François Fillon à Abidjan en juillet dernier, Ouattara s’est engagé à un nouveau pacte colonial. Dans lequel la France va retrouver sa mainmise totale sur l’économie de la Côte d’Ivoire en maintenant sa présence militaire à Abidjan. Le régime de Ouattara ayant demandé la protection de Paris.

 

Un journaliste Français a eu le nez creux en parlant du «retour des colons» au cours du point de presse animé conjointement par les deux hommes. Certes, cela n’a pas fait plaisir au dictateur d’Abidjan. Mais c’est cela la réalité. Parler émergence de la Côte d’Ivoire sous Ouattara, c’est rêver debout en se moquant des Ivoiriens. Car dire que la Côte d’Ivoire va émerger, c’est accepter l’idée qu’elle doit se démarquer définitivement de la France. Peut-être était-ce un lapsus. Attention. De tels propos ont déjà coûté cher à Bédié, l’allié.



K. Kouassi Maurice

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 20:23

Joint au téléphone, le secrétaire général par intérim du Front populaire ivoirien (Fpi), le député d’Alépé, Laurent Akoun commente au nom de son parti la décision du président de la République de recevoir l’ex-parti au pouvoir.

Comment réagit le Fpi à la déclaration du chef de l’Etat qui, revenu des Etats Unies, dimanche, a décidé de recevoir la direction du parti ?

Nous nous réjouissons et nous attendons que nous nous asseyions pour pouvoir discuter. En tant que parti, nous n’avons pas été saisis. C’est par voie de presse que nous l’avons appris. C’est pour cela que je dis que nous attendons. Sinon, nous avons formulé l’audience.

Quand est-ce que le Fpi avait-il formulé cette requête ?

Il y a un bout de temps. Mais, seulement, je peux vous dire que la semaine dernière, le mercredi 21 septembre dernier, monsieur le directeur du cabinet de monsieur le président Ouattara nous a reçus. Pour nous laisser un message…
Cette rencontre avec le directeur de cabinet visait donc à préparer l’audience qu’a annoncée le chef de l’Etat. Euh (Il hésite), non ! Ce n’était pas dans le même esprit.

Comment le Fpi a-t-il accueilli l’acceptation de l’audience qu’il n’a eu de cesse de réclamer ?

Nous pensons que c’est une bonne chose. Il faut que nous puissions discuter des questions qui concernent certes le Fpi mais la Côte d’Ivoire. Si cela peut se faire avec lui (le président de la République), de manière directe, c’est tant mieux. Mais si c’est aussi avec d’autres, pour qu’il intervienne, c’est toujours bon.

Est-ce que pour vous, c’est la preuve que l’appel du Fpi a été compris ?

Oui, notre interpellation a été entendue et nous attendons.

Pourriez-vous revenir sur les revendications du parti ?

Que nos camarades qui sont en prison dont le président Laurent Gbagbo soient libérés ; que tous ceux qui ont eu leurs avoirs gelés puissent au moins avoir accès à leurs ressources pécuniaires. Et que ceux qui sont en exil rentrent, pour que nous puissions ensemble parler des problèmes du pays qui passent par la réconciliation et l’organisation d’élections ouvertes, justes, transparentes.

Propos recueillis par Bidi Ignace

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 20:20

Le président ivoirien Alassane Ouattara installe mercredi une Commission réconciliation qui devra panser les plaies d`un pays meurtri par la sanglante crise du début 2011, au moment où la justice poursuit les responsables du régime déchu de Laurent Gbagbo.

Symbole: la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) sera intronisée à Yamoussoukro, capitale politique fondée par Félix Houphouët-Boigny (au pouvoir de 1960 à 1993), "père de la Nation" et d`un "miracle ivoirien" d`autant plus vénéré aujourd`hui que le pays a sombré dans l`abîme au fil des ans.

"Nous avons besoin de connaître la vérité, même si elle n`est pas belle", plaidait mi-septembre le président de la commission, l`ex-Premier ministre Charles Konan Banny, dignitaire de l`alliance pro-Ouattara.

Parmi les 11 membres de la CDVR figurent notamment un religieux chrétien et un musulman, et cinq représentants des grandes régions du pays.

La présence au premier coup de sifflet du "numéro 11" de la commission, la star du foot Didier Drogba, incarnant les Ivoiriens de l`étranger, restait incertaine, selon un proche.

Selon le gouvernement, la CDVR, au mandat de deux ans, doit permettre "au pays d`aller le plus rapidement possible vers la normalisation" et "la reconstruction du tissu social".

Inspirée de celle qui fut mise en place en Afrique du Sud après la fin de l`apartheid, elle aura fort à faire après une décennie de tourmente, de coups d`Etat en violences politiques et parfois ethnico-religieuses, qui a culminé avec la crise post-électorale de décembre 2010-avril 2011.

Si cette ex-colonie française longtemps enviée renoue progressivement avec la sécurité (malgré les dérapages de militaires des nouvelles Forces républicaines, les FRCI) et que son économie se redresse peu à peu avec l`aide internationale, la réconciliation apparaît comme le défi le plus délicat.

"Il y aura aussi le pardon"

D`autant que, pour le camp Gbagbo, cette promesse sans cesse réitérée par M. Ouattara est en contradiction avec les poursuites engagées contre l`ancien régime, tombé sous les coups de boutoir des ex-rebelles nordistes pro-Ouattara et surtout sous les bombardements de la France et de l`ONU.

Arrêté le 11 avril, Laurent Gbagbo lui-même, son épouse Simone et des dizaines d`autres responsables, civils et militaires, sont en détention provisoire, surtout dans le Nord, pour "crimes économiques" ou "atteinte à la sûreté de l`Etat".

Le nouveau pouvoir ne cache pas qu`il espère être débarrassé au plus vite de l`ex-président par la Cour pénale internationale (CPI), qui n`a toutefois pas encore décidé d`enquêter.

Les autorités doivent faire face aussi aux critiques du camp Gbagbo et d`ONG internationales qui, sur le thème d`une "justice des vainqueurs", s`indignent qu`aucune figure du camp Ouattara n`ait encore été inquiétée. Pourtant, de l`avis même de l`ONU, des exactions ont été commises par les deux camps, spécialement dans l`Ouest où la situation reste tendue.

La normalisation doit aussi passer par des législatives attendues le 11 décembre. Or, elle est fragilisée par la controverse autour de la Commission électorale indépendante (CEI), jugée "déséquilibrée" par le parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), qui vient de choisir la politique de la chaise vide.

Le FPI fait planer la menace d`un boycott du scrutin, qui serait un coup dur pour le pouvoir et une option à risque pour un parti déjà décapité et éclaté, nombre de ses responsables étant en exil, en particulier au Ghana.

La CDVR "sera indépendante et entendra tout le monde", a promis Alassane Ouattara. "Il y aura aussi le pardon", a-t-il assuré, soulevant une question qui n`a pas fini de tarauder les Ivoiriens: la réconciliation ira-t-elle jusqu`à une amnistie?

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