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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 15:55

Sauf changement de dernière minute, le président du Front populaire ivoirien, Pascal Affi N’Guessan achève aujourd’hui sa visite dans le Moronou. Hier, à l’étape de Tiémélékro, il a évoqué la situation du président Gbagbo et celle des autres prisonniers politiques.

Le président du FPI a déclaré, que « Laurent Gbagbo n’a commis aucun crime», une façon pour Pascal Affi N’Guessan de dire que la détention du président Gbagbo à la Cpi ne se justifie pas.

A cet égard, il a indiqué que « C’est parce que le président Gbagbo a choisi le bonheur du peuple qu’il a été emprisonné ». Le patron du Fpi a soutenu également que tous les prisonniers politiques seront libérés parce qu’il y va de la bonne marche du pays. «Je ne sais pas la date."

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 14:46

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La bataille pour l'après Ouattara, bien que larvée pour le moment, laisse cependant percevoir des signes quant aux différents protagonistes qui pourraient s'affronter.

 Dans l'entourage de l'actuel président de la République, en effet, ce sont ses très proches collaborateurs, notamment le président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro et le ministre d’État, ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko, qui sont déjà à la manœuvre pour succéder au chef de l’État, une fois qu'il ne sera plus aux commandes. Même si ces deux personnalités influentes du système Ouattara ont tendance à démentir toutes les rumeurs d'une ''guerre'' de succession qu'elles se livrent, certains signes trahissent leur volonté de parvenir au sommet de l’État.

Comment s'y prennent-ils, pour se positionner et conquérir le plus d'espace autour d'Alassane Ouattara ? Le journal panafricain Jeune Afrique révèle que les deux hommes se sont notamment tournés vers les ex-com-zones. Ceux-ci continuent d'ailleurs d'être aussi influents que par le passé, sous la rébellion des Forces nouvelles (FN). Ils restent toujours puissants au nord, au centre et à l'ouest du pays, où l'ex-rébellion était bien implantée. Guillaume Soro, le président de l'Assemblée nationale, est le chef des Forces nouvelles.

Des chefs de guerre de l'ex-rébellion continuent de le traiter avec déférence. C'est le cas par exemple de Morou Ouattara, l'ex-com-zone de Bouna, qui est aujourd’hui affecté à la sécurité du chef du Parlement. Il a toute une armée à sa disposition et vend bien ses services auprès de Guillaume Soro, dont il est l'un des plus fidèles compagnons. À côté de lui, son ''frère'' de Bouna, Issiaka Ouattara dit Wattao qui reste aussi un fidèle de Guillaume Soro, même si dernièrement, il s'est quelque peu rapproché d'Hamed Bakayoko, le ministre de l'Intérieur et de la sécurité. Celui-ci lui a confié le commandement en second du Centre de commandement des décisions opérationnelles (CCDO), une unité d'élite chargée de traquer les grands bandits et contrer toute menace de déstabilisation du régime, venant de l'intérieur. M. Bakayoko aurait aussi renforcé ses relations, selon Jeune Afrique, avec Koné Zakaria, l'ex-patron de la zone de Vavoua et Séguéla, et actuellement commandant en second du Bataillon d'artillerie sol-air (BASA), stationné à Akouédo. Chérif Ousmane alias ''Papa Guépard'', le filleul d'Alassane Ouattara, qui régnait sur la ville stratégique de Bouaké depuis 2002, aurait lui aussi désormais des accointances avec l'actuel ministre de l'Intérieur et de la sécurité. Ces militaires qui ne jurent que par Alassane Ouattara, qu'ils ont aidé à prendre les rênes du pouvoir, constituent un moyen de pression énorme pour le contrôle de l'appareil de l'État. Les avoir avec soi peut apparaître comme un atout majeur pour les batailles futures. Guillaume Soro a une certaine longueur d'avance dans ce contrôle de la soldatesque, pour avoir été le dirigeant de l'ex-rébellion.

Quant à Hamed Bakayoko, il a compris qu'il lui faut avoir un pied dans cet univers des ex-chefs de guerre, bien qu'il soit le patron de la police ivoirienne. Le président Alassane Ouattara lui-même qui a bénéficié du soutien sans réserve des ex-commandants de zone, dans la bataille pour la prise du pouvoir, et qui en bénéficie encore, évite de les avoir à dos. Même si, fait remarquer JA, les déclarations du chef de l’État visant à poursuivre les auteurs d'exactions pour mettre fin à l'impunité, tracassent nos ex-comzones, qui ne sont pas exempts de cas de violation des droits de l'Homme en Côte d'Ivoire. Sachant qu'ils sont dans le viseur de la justice internationale, ces chefs militaires mettront tout en œuvre pour ne pas se retrouver à la Cour pénale internationale (CPI). Quitte à choisir leur camp dans la bataille pour la succession d'Alassane Ouattara, aussi bien à la tête du Rassemblement des républicains (RDR, le parti au pouvoir) que de l'État.

Hervé KPODION

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 11:41

Une pétition a été lancée pour exiger la libération de Charles Blé Goudé, 41 ans,ministre de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, inculpé de "crimes de guerre" pour son implication présumée dans la crise postélectorale de 2010-2011, ont annoncé ses auteurs mercredi à Abidjan.

La pétition intitulée "Libérer Charles Blé Goudé", qui vise à mobiliser l'opinion nationale et internationale à la cause de l'ex-chef des "Jeunes patriotes" ivoiriens, a déjà recueilli "1.459.023 signatures", selon un communiqué du Cojep (Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples).


M. Blé Goudé, "tenu au secret, dans l'isolement total, dans les locaux de la police, alors que placé sous mandat de dépôt depuis le 21 Janvier 2013", doit être élargi pour des "raisons humanitaires", souligne le Cojep, un mouvement fondé par l'intéressé.

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 11:37

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les propos de Mamadou Koulibaly sur la Chaine de télévision camerounaise STV2, indiquant avoir fait lire sa déclaration de reconnaissance d'Alassane Ouattara comme président de la République par Koné Katinan à Accra, n'ont pas plu au porte-parole de Laurent Gbagbo. Dans cette réaction, il assène ses vérités et fait des révélations sur le président de Liberté et démocratie pour la République (Lider).

Le jeudi 12 septembre 2013, le professeur Mamadou Koulibaly, ancien Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, ancien troisième Vice-Président du Front Populaire Ivoirien (FPI), et actuel Président-fondateur du parti politique LIDER, était l’invité de la Chaine de télévision camerounaise STV2, dans une émission intitulée, « entretien avec »Au cours de cet entretien, le Professeur Mamdou Koulibaly a tenu les propos suivants : «  J’ai fait lire ma déclaration de reconnaissance de Monsieur Ouattara comme Président de la République par un Conseiller Spécial du Président Laurent GBAGBO, Kadet Bertin et par KONE Katinan à Accra et par Miaka Oreto à Abidjan ». Pour ma part, je juge  très graves et tendancieux ces propos, parce qu’ils sont de nature à jeter un  discrédit sur le sérieux avec lequel, j’entends mener la mission que le Président Laurent GBAGBO m’a fait l’insigne honneur de me confier (...).   Le présent démenti s’organise  autour d’une relation rigoureuse des faits (I), suivie de quelques commentaires (II).

I/ Relation des faits

Lorsque le 11 avril 2011, l’armée française arrête illégalement le Président Laurent GBAGBO pour parachever le coup d’Etat entamé depuis le 19 septembre 2002, deux solutions s’offraient à moi. Me mettre sous la protection de l’ONUCI, ou aller en exil pour sauver ma vie et celle de ma famille. C’est finalement cette dernière option que j’ai prise en raison du rôle inadmissible qu’a joué l’ONU dans le coup d’Etat perpétré contre le Président Laurent GBAGBO, et les tueries qui l’ont aussi bien précédé que suivi. Cette option me donne en outre, l’opportunité de continuer la lutte politique pour le retour de l’ordre constitutionnel en Côte d’Ivoire.

Lorsque le 13 Avril 2011, je traverse la frontière ghanéenne, je ne suis animé que d’une seule volonté. Rencontrer immédiatement le Professeur Mamadou, encore Président de l’Assemblée nationale  qui vit pratiquement dans ce pays. Il est constitutionnellement investi pour tirer profit de la vacance forcée du pouvoir générée par le Coup de force opéré contre le Président de la République.

Pour moi, il constitue le seul acteur sur lequel nous pouvions légitimement bâtir une action légale pour revendiquer le retour de l’ordre constitutionnel en Côte d’Ivoire, provisoirement avec lui, afin de préparer le retour immédiat du Président de la République illégalement enlevé. J’en ai même la ferme conviction malgré le fait que dès l’arrestation du Président Laurent GBAGBO, le Professeur Mamadou Koulibaly, en sa qualité de Président de l’Assemblée nationale, se fût précipitamment rendu à l’Hôtel du Golf, pour rencontrer Monsieur Ouattara. C’est donc en toute hâte, le lendemain de mon arrivée à Accra, que je cherche à rejoindre le Professeur Mamadou Koulibaly au téléphone, pour lui signifier mon arrivée et également lui exprimer toute ma volonté de me mettre à sa disposition pour la suite du combat, tel que je l’imaginais.

Le lendemain 14 avril, j’appelle le Professeur sur son numéro GSM. Le téléphone est décroché par le Docteur Brissy Claude également Député à l’Assemblée nationale, qui m’informe que le Président Mamadou Koulibaly n’est pas disponible, mais qu’il me rappellerait dès que possible. Une semaine après, impatient d’attendre le coup de fil du Président Mamadou Koulibaly, et compte tenu des rumeurs persistantes qui faisaient état de la volonté manifestée par le Professeur Yao N'DRE, Président du Conseil Constitutionnel, de recevoir le serment de  Monsieur Ouattara comme Président de la République de Côte d’Ivoire, je rappelle le Président Koulibaly. J’ai la chance de  l’avoir finalement, ce jour-là. J’en suis à la fois heureux et très enthousiaste.

Après les civilités d’usage, je lui pose frontalement la question : « Président, qu’est-ce qu’on fait devant l’imposture en Côte d’Ivoire ».  Voici ce que me répond le Président Mamadou Koulibaly :« Il n’y a rien à faire, Gbagbo est fini, le FPI est mort, il n’y a plus de FPI, Ouattara nous a laminés. Les Ivoiriens n’ont  pas dit que jamais un Burkinabé ne les gouvernerait, et bien Ouattara va les gouverner. Il est plus fort que nous. Il ne nous reste plus qu’à aller lui faire allégeance. C’est la seule chose qui nous reste.  Sinon il va nous écraser définitivement ». A cette réponse du Président Koulibaly, mes bras m’en tombent. Je m’effondre quasiment. Mais je reprends mes esprits et je reviens à la charge en ces termes : « Mais Président, tu ne peux pas faire ça. Dieu a voulu que dans la hiérarchie à la fois de l’Etat et du parti, tu sois celui qui aies  échappé aux arrestations, il faut réorganiser immédiatement ce qui reste du parti et de la LMP, pour poursuivre le combat jusqu’au retour du Président Laurent GBAGBO. Mon problème n’est pas la nationalité de celui qui va gouverner les Ivoiriens.  Qu’il soit un extra-terrestre ou un des dieux de la mythologie grecque, cela est moins grave que le viol de la Constitution et la méprise du vote des Ivoiriens opérés par les promoteurs et les artisans du coup d’Etat perpétré contre le Président Laurent GBAGBO, et de sa conséquence sur la cohésion nationale. N’oublie surtout pas que dans la conscience populaire, le Président Laurent GBAGBO a été évincé du pouvoir par une coalition des gens du Nord de la Côte d’Ivoire. La position que tu avances pourrait bien renforcer cette opinion.  Ne fais pas ça, sinon, ce sera très mal vu ».

Le Professeur Mamadou Koulibaly me rétorqua : «  La seule chose qui nous reste, c’est d’aider Ouattara à entrer dans la légalité, afin que nous-mêmes, nous puissions exercer librement notre rôle d’opposition ». Je lui réponds : « Mais Président, quelle garantie Ouattara te donne-t-il quant à la libération du Président Laurent GBAGBO et au respect du jeu démocratique. A mon avis, nous devons nous battre pour imposer le respect de  la Constitution de notre pays. Elle est notre meilleure arme ». Ce à quoi le Président Mamadou me répond : « je n’ai aucune garantie, et d’ailleurs, nous ne sommes pas en situation de d’exiger quoi que ce soit. Nous sommes laminés. Parler maintenant de la libération de Gbagbo est une question qui fâche, il faut laisser ces questions au temps. Je vais aux USA dès le lundi prochain (lundi 18 avril). A mon retour on se verra ».

Notre conversation a duré ce jour-là au moins 45 minutes. Mon insistance n’a pas infléchi la position du Président Mamadou Koulibaly. Cette nuit a été l’une des plus difficiles de ma vie. Je suis sorti totalement démobilisé par le discours de celui qui constituait pour moi, le dernier recours. Ma peine sera d’autant plus grande que juste quelques jours après, le Président Affi N'Guessan sera arrêté.  Je ne recevrai plus de nouvelles du Président Mamadou Koulibaly, jusqu’à ce qu’une réunion soit convoquée par lui, deux semaines après, à laquelle je suis convié.

La réunion qui se tient dans une salle non loin de la nouvelle Présidence de la République du Ghana enregistre la présence des personnes suivantes.

Madame Akissi  DODO; MM. Mamadou Koulibaly; Brissy Claude; Assoa Adou; Kadet Bertin; Djédjé Benjamin; Hubert Oulaye; KONE Katinan Justin; SECRE Richard; Koffi AKA. A cette réunion, le Président Mamadou Koulibaly  réaffirme sa position qui consiste à reconnaître Monsieur Ouattara comme Président de la République, avec pour souci selon ses propres dires, de le faire rentrer dans la légalité. Ce jour-là encore, j’ai réaffirmé de façon claire et nette, mon opposition à cette démarche. J’ai dit que je trouvais une telle démarche de notre parti  indécente au moment où le Président Laurent GBAGBO  et les principaux dirigeants du FPI étaient en prison. J’ai même demandé que Mamadou Koulibaly nous explique, qu’est-ce que le Président AFFI avait dit de mauvais dans sa conférence de presse, qui du reste a été empêchée, pour qu’il fût arrêté  et jeté en prison.

L’opinion majoritaire qui s’était dégagée de cette réunion s’opposait à l’entreprise de Mamadou Koulibaly. Malgré cela, il s’est rendu en Côte d’Ivoire, il y a rencontré certains des responsables de l’Etat et du parti aussi bien détenus à la Pergola que dans les instances du parti, pour affirmer que nous avons convenu avec lui de ce qu’il devait faire. Il a présenté la liste de présence que certaines personnes présentes à la réunion avaient refusé de signer, comme pièce à conviction de notre agrément à sa démarche.

La relation des faits ci-dessus faite, ramenée aux propos de Mamadou Koulibaly appelle de ma part les commentaires suivants :

II/ Commentaires

Depuis mon arrivée à Accra, j’ai eu contact avec le Président Koulibaly qu’à deux reprises seulement. Une fois au téléphone et une seconde fois à la réunion publique que je viens de relater ci-avant. J’ai mentionné le nom de tous les participants à cette réunion pour les prendre publiquement à témoin de mes propos. En dehors de ces deux occasions, je n’ai plus jamais eu de contact avec lui. Donc quand le Président Mamadou Koulibaly affirme m’avoir lu sa déclaration de reconnaissance de  Ouattara comme Président de la République, il dit une contrevérité pour ne pas dire, par respect pour lui, autre chose. Non je n’ai jamais ni entendu, ni vu la déclaration écrite par le Président Mamadou Koulibaly pour reconnaître la qualité de président de la République à l’actuel chef de l’Etat Ivoirien. Mon centre d’intérêt s’en trouve encore très loin actuellement.

KONE Katinan Justin

Porte-parole du Président Laurent GBAGBO

N.B: Les titres et le chapô sont de la Rédaction.

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 23:05

madykkb

Kouassi Yao, KKB, Djédjé Mady:

Une contribution de Laurent HODIO, Sociologue

Depuis plusieurs décennies, les experts du FMI et de la Banque Mondiale réduisent, à partir de leurs somptueux bureaux de Washington, les difficultés de développement de l’Afrique à une crise de l’économie et du marché. D’où les remèdes économiques ultra-libéraux qu’ils administrent à cette partie du monde depuis le milieu des années 80, sans amélioration réelle de la situation du continent jusqu’à ce jour. Or, l’Afrique noire traverse principalement une double crise de l’Etat et de la société, qui induit les difficultés d’adaptation économique qui apparaissent dans cette région. L’Etat s’entend ici de cette supra-structure qui édicte des règles et normes impersonnelles et les applique, à travers l’administration bureaucratique et l’usage de la force légitime dont elle seule a le monopole, à des populations vivant dans les limites de son territoire. C’est pourquoi, il est loisible d’affirmer que l’Etat rationnel moderne tel qu’il se présente aujourd’hui, est le produit de l’évolution sociale qui est partie d’un pouvoir personnel du monarque à un pouvoir institutionnel et bureaucratique. Il ne peut donc y avoir pouvoir d’Etat que s’il y a application et respect des règles et normes impersonnelles (lois) qui règlementent le pouvoir public. Or, en Afrique noire, les politiques s’attèlent depuis les indépendances, à détruire l’Etat en personnalisant ce qui est institutionnalisé et doit rester impersonnel.

C’est à la lumière de ces réflexions et observations que je voudrais exposer ici les trois principales ruptures qu’opèrent à mes yeux les candidatures des personnalités politiques susmentionnées.

1. Des candidatures placées sous le sceau du respect de la Loi

Lors de l’annonce publique de l’ARD-PDCI, les trois candidats à la présidence du PDCI ont affirmé à l’unisson qu’ils étaient candidats pour exiger les respects des textes qui régissent le PDCI. Le Prof. Djédjé Mady se distingue particulièrement par sa référence abondante à la loi n°93-666 du 9 août 1993. Il se réfère explicitement aux articles 12, 13 et 16 de cette même loi, qui, argumente-t-il, « est au-dessus de tout dans la hiérarchie des normes de notre pays ». Evidemment, venant du professeur Djédjé Mady, aujourd’hui candidat à la présidence, cette prise de conscience de la nécessité de respecter nos propres règles impersonnelles, peut faire sourire plus d’un. Car, nous avons ici affaire à la même personnalité qui, hier, alors président du directoire de la RHDP, avait combattu le président Laurent Gbagbo qui ne défendait rien d’autre que l’obligation de respecter notre loi suprême, La Constitution, qui stipule que seul le conseil Constitutionnel de Côte d’Ivoire est habilité à proclamer les résultats définitifs de l’élection présidentielle dans le pays. A l’époque, le professeur Djédjé Mady, emporté par l’adversité politique contre Laurent Gbagbo, avait purement et simplement ignoré la Loi Fondamentale de son pays. On pourrait rétorquer à cette observation et arguer à la décharge du concerné que les circonstances et le contexte étaient différents. Mais c’est justement la tentation pour les citoyens d’invoquer des circonstances personnelles d’inconvenance pour enfreindre telle ou telle loi qui fonde son impersonnalité. Car il existera toujours chez chaque sujet de la loi une raison ou des raisons subjectivement « objectives » de se soustraire au respect de la loi…
Toujours est-il qu’au-delà de la polémique que cette ambivalence du Prof. Djédjé Mady peut susciter, sa posture actuelle constitue peut-être un déclic, une rupture dans le rapport du politique africain à la loi. En effet, que la même personnalité qui a éclipsé, dans un passé non lointain, la Loi Fondamentale s’en remette aujourd’hui à elle comme la seule boussole valable pour tout le monde, est peut-être le signe que l’Afrique noire veut enfin comprendre que la politique qui fait avancer les sociétés, c’est bien celle dont la pratique est intimement liée au respect de la loi de l’Etat.

2. Le mythe du droit d’aînesse comme droit du plus sage

 

Il n’est un secret pour personne que si le président Bédié et les hautes instances du PDCI se sont finalement résolus à aller au congrès et proposer une date de sa tenue, c’est essentiellement sous l’initiative et grâce à la détermination du président de la jeunesse du Parti, KKB. Il a été celui qui prit son courage à deux mains pour arracher la tenue du congrès à ses aînés. On pourrait aujourd’hui se lancer dans un jeu de propositions hypothétiques et se demander ce qui serait advenu, si Konan Bertin n’avait pas compris, avant tous les dinosaures du vieux parti, que la tenue du XIIe congrès était vitale pour le parti. Alors même que KKB a obtenu gain de cause et qu’une date officielle a été arrêtée, le deal supposé ou avéré entre Bédié et Ouattara est apparu au grand jour, sans que le président Bédié ne démente les allégations de diverses sources de presse sur les milliards qu’il aurait reçus de son allié Ouattara afin que le PDCI fasse profil bas lors de l’élection présidentielle de 2015, si elle a lieu. Y aurait-il eu organisation d’un congrès PDCI avant 2015 si KKB n’avait pas osé ?

Une fois l’organisation du congrès acquis, KKB va encore plus loin et brise un mythe en se déclarant candidat à la présidence du PDCI. Dans un monde moderne dominé par un ordre rationnel, nous sommes encore, hélas, en Afrique enchaînés par des pesanteurs relevant de l’ordre ancien du genre « les plus âgés ont toujours raison sur les plus jeunes », « le plus âgé est toujours le plus sage », « un enfant ne doit pas contredire son père », etc. Des mythes qui enlisent l’Afrique dans une inertie totale. Ces croyances ont la peau tellement dure qu’elles traversent toutes les couches de nos sociétés africaines, y compris les universitaires et autres « intellectuels » qui n’y échappent guère. Dans ces circonstances, que Kouassi Yao, KKB et Djédjé Mady, affrontent de facto le président Bédié, leur aîné à tous les trois, constitue le signe que la construction d’une société moderne, passe nécessairement chez nous aussi par l’émancipation des individus de pesanteurs symboliques qui plombent l’initiative et l’action sociales.

3. La rupture avec la ploutocratie dans la politique en Afrique

« J’appelle ploutocratie un état de société où la richesse est le nerf principal des choses, où l’on ne peut rien faire sans être riche, où l’objet principal de l’ambition est de devenir riche, où la capacité et la moralité s’évaluent généralement (et avec plus ou moins de justesse) par la fortune… »(Ernest Renan, 1823-1892).

C’est en ces termes que l’historien et homme de lettres français définit la ploutocratie dans son livre L’Avenir de la science, Pensées de 1848 – 1890. Nous en sommes aujourd’hui encore à penser en Afrique que le chef doit être forcément le plus riche, surtout en politique, peu importe d’ailleurs la façon dont cette richesse s’est réalisée. Ils sont certainement à l’heure actuelle nombreux au sein du PDCI à penser que Djédjé Mady, KKB et Kouassi Yao n’ont aucune chance d’inquiéter le président Bédié parce qu’ils « n’ont rien », pour employer le langage courant ivoirien. Mais Bédié lui-même est l’exemple personnifié de ce que la richesse en tant que critère de choix du chef politique est non seulement relative, mais ne suffit plus à mener un parti vers le succès. Que le PDCI, le plus ancien parti de Côte d’ivoire, soit réduit aujourd’hui à constituer une remorque pour le RDR, parti sorti de ses entrailles, en est la parfaite illustration. Par ailleurs, l’histoire supposée ou réelle du deal des milliards de Franc CFA laisse suggérer qu’on n’est jamais assez riche pour être toujours le plus riche. Autrement dit, il y a toujours plus riche que soi, d’une manière ou d’une autre.

Que Djédjé Mady, Konan Bertin et Kouassi Yao, pures produits du parti septuagénaire, soient ceux-là mêmes, qui tiennent tête à Bédié par conviction politique et citoyenne est aussi la démonstration que le politique africaine se décolonise dans la tête pour s’intégrer dans l’ère de la politique en tant qu’idées et projets programmatiques.

Cette triple rupture opérée par notre trio, héros du moment, augure assurément d’un lendemain politique meilleur pour la Côte d’Ivoire, lorsque la tempête des chantres du « vivre- ensemble » par la trompette, mais seul dans les faits par le rattrapage ethnique, sera passée.

C’est pourquoi, nous nous devons de témoigner notre soutien actif à nos héros du moment, car ils sont en train de tracer les sillons de l’UDI, pas version Jean-Louis Borloo, mais l’Union Des Ivoiriens.

Laurent HODIO
Sociologue
Diplômé de l’Académie Diplomatique de Vienne
hodiolaurent@hotamail.com
Suisse

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 23:45

Alors que la recherche de la paix et de la réconciliation semble être reléguée de fait aux calendes grecques, le régime actuel continue sa folle course vers le surarmement militaire. En attendant la mise en service du nouveau bétail électoral et la période électorale de 2015.

Alassane Ouattara continue vraisemblablement sa course effrénée dans l’achat de l’armement et autres matériels de guerre. C’est ce qui ressort de l’article publié dans La Lettre du Continent n°665 du 4 septembre 2013. Le régime Ouattara, à en croire La Lettre du Continent, négocie l’achat de plusieurs drones et d’autres équipements militaires avec des entreprises israéliennes, notamment les sociétés Elbit Systems et Israel Aeronautics industries. L’Ambassadeur Jean-Baptiste Gomis est très actif sur ce dossier.

Comme on le voit, Ouattara n’a nullement abandonné son projet de maintenir vraisemblablement le pays dans un environnement militarisé. On se souvient qu’à l’occasion de la fête d’indépendance du 7 août dernier, Alassane Ouattara dans un entretien sur Rfi avait annoncé l’achat d’avions de guerre et de chars.

Il a annoncé un investissement de 500 milliards FCFA sur les trois années à venir pour l’achat d’équipements de l’armée, avec acquisition d’avions et de chars. Avec la multiplication de forces spéciales dont la vocation officieuse est de traquer l’opposition, et l’armée de réserve que s’est constitué le régime Ouattara.

Qu’en pense le RHDP, qui n’avait eu de cesse d’accuser Gbagbo de «gaspiller» l’argent du contribuable dans l’achat d’armes, alors que la situation sécuritaire du pays le justifiait beaucoup plus qu’aujourd’hui ?

Qu’en pense surtout l’Etat français, qui s’était violemment attaqué aux drones ivoiriens en novembre 2004, alors même qu’ils n’étaient pas armés et ne pouvaient menacer aucun intérêt hexagonal en Côte d’Ivoire, et qui avait usé de toute son influence pour que l’Etat d’Israël cesse de fournir ces drones à l’administration Gbagbo ?

Qu’en pense, aussi et surtout, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki Moon ?

Tout le petit monde de la diplomatie mondiale se comporte en effet comme si la Côte d’Ivoire n’était plus sous embargo en ce qui concerne les armes et le matériel militaire…

F. Toti

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 23:39

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« J’ai été détenu au secret pendant 13 jours à la Dst. Je ne voyais pas le jour ni personne. Sur les 13 jours, j’ai été interrogé pendant 8 jours. Dans de telles conditions, les gens voulaient entendre ce qu’ils avaient envie d’entendre et non la réalité des faits que je leur racontais. C’est pendant que j’étais gardé au secret que Hamed Bakayoko est allé faire son one man show à la télévision », révèle Moïse Lida Kouassi, ancien ministre de la Défense du premier gouvernement de Laurent Gbagbo. Il recevait le vendredi 6 septembre 2013, les femmes du Front populaire ivoirien dans le cadre des visites qu’elles ont instituées pour soutenir les ex-prisonniers politiques.

Comme toute la Côte d’Ivoire entière, victime de pillages et de banditisme des combattants d’Alassane Ouattara, Lida Kouassi totalement démuni, vit chez son frère, lui-même victime de pillage. C’est donc une grande victime accueillie par une autre victime du pouvoir. Il est revenu sur son extradition spectaculaire faite sans observer un minimum de droit. Lida Kouassi a expliqué qu’il était d’abord au Ghana avant de se retrouver au Togo sur proposition de son ami qui a bien voulu l’accueillir compte tenu de leur amitié. « Le jour où Ouattara est arrivé au Togo, j’étais à la maison quand la police est venue me chercher à 9 h. Sans aucun mandat, on a perquisitionné la maison sans rien y trouver de compromettant » souligne-t-il. Mais, à l’en croire, malgré tout il été conduit à la police où pour distraire les Ivoiriens qui s’étaient mobilisés pour ma libération, on a fait croire qu’il serait remis en liberté parce que la perquisition n’a rien livré.

Au dire du concerné, contre toute attente, il a été conduit à l’aéroport quand les Ivoiriens se sont retirés après l’assurance donnée par la police sur sa libération. « A l’aéroport, je trouve un avion de l’Etat de Côte d’Ivoire avec les Frci. Je comprends alors que je vais être extradé. Quand j’ai dit que je suis un réfugié et vu ce statut, j’ai des droits, les Frci qui m’ont déjà mis les menottes se sont jetés sur moi pour me battre en me lançant des injures inimaginables. Les mains au dos, je ne pouvais pas me défendre. Je saignais parce que j’ai reçu des coups et les menottes m’ont broyé la chair quand je me débattais devant les coups », poursuit Lida Kouassi. Qui indique qu’arrivé à l’aéroport d’Abidjan, il a trouvé toute la presse ameutée. « Comme je saignais, pendant que mes mains sont menottées au dos, on a essuyé mon sang et on m’a mis une veste pour cacher les blessures de mes bras ».

Selon lui après la détention au secret à la Dst, on l’a conduit à Bouna où il a rejoint Affi N’Guessan et Michel Gbagbo. Lida Kouassi a également relaté comment l’attaque de la résidence de Gbagbo a débuté au moment il sortait de cette résidence. « J’étais avec d’autres personnes et Gbagbo venait juste de nous accompagner au portail. Au moment où on s’apprêtait à monter dans la voiture, l’attaque de sa résidence a commencé et un obus est tombé dans la foule des jeunes amassés dans la cour ». «Gbagbo reste le socle qui réconcilie» « Ce que ce régime a semé comme haine et tueries est tellement fort. Le tissu social est disloqué. Il n’y a plus de cohésion ni harmonie entre les Ivoiriens », reconnaît Lida. « Là où ces gens l’ont plongé, il n’y a que Laurent Gbagbo pour parler aux Ivoiriens. Il est le socle de la réconciliation des Ivoiriens. Et je n’ai aucun doute que Gbagbo va revenir. C’est maintenant que nous devons faire la refondation de la Côte d’Ivoire avec le FPI.

Au nord toutes les populations ne sont pas RDR

La refondation est l’idée de Gbagbo. Nous étions pressés. C’est maintenant que nous devons la faire », promet-il. Mais, il réalise que ce que vit la Côte d’Ivoire est l’œuvre de l’impérialisme qui a sévi en Lybie, en Syrie, en Irak, en Tunisie, Egypte et …« L’impérialisme utilise les frères, les uns contre les autres. C’est pour cela que nous ne devons pas voir les frères du Nord en ennemis. Si nous le faisons, nous nous trompons. Nous venons de Bouna où les populations ne sont pas Rdr comme on veut le faire croire »,a-t-il révélé. Lida Kouassi a exhorté les femmes du FPI à jouer les sentinelles en veillant à l’unité du parti. « Des gens ont voulu emporter le parti pour en faire ce qu’ils voulaient. Ils ont euxmêmes été emportés ».

Il a par ailleurs expliqué combien il a vécu une tentative de son exécution par les combattants de Ouattara avant de prendre la route de l’exil après avoir littéralement pillé tout chez lui. Marie Odette Lorougnon, secrétaire nationale de l’OFFPI a souligné que le pouvoir a tué beaucoup dans les rangs du FPI. En l’occurrence, Boga Doudou, Yodé Gnoléba, Dagrou Loula, Dali Oblé, Tagro, Bouhoun, Gomont, Gnan Raymond, Baby Dominique et bien d’autres. « Lida, tu es rescapé. Tu es sorti du camp Boiro de la Côte d’Ivoire. Nous devons œuvrer à l’union et éviter le discours qui divise et marginalise »,a-t-elle recommandé d’emblée.

Elle a ensuite procédé à sa purification en lui remettant 2 coqs blancs. Pour Assouma Juliette, porte parole de l’OFFPI, Lida Kouassi n’était pas en prison. Il était en mission divine. « Tu as bien accompli ta mission pour qu’arrive Laurent Gbagbo. Tu as débrayé la route pour Gbagbo. Tu es notre fierté »

Benjamin Koré

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 23:34

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commando du nord, bandes armées qui sévissent dans le sud-ouest, attaques meurtrières contres des gendarmes et policiers au centre, incursions meurtrières à l’ouest, poussé de fièvre des ex-combattants laissés pour compte par l’Addr, circulation massive d’armes de guerre, militaires pro-Gbagbo en embuscade dans leur exil, situation sécuritaire générale morose à l’échelle du pays, le régime Alassane Ouattara semble aujourd’hui comme pris en tenaille d’une insécurité en passe de saper les fondements des institutions ivoiriennes.

Les derniers développements de l’actualité,   notamment, les attaques dirigées contres les gendarmes et les policiers, dont certains ont perdu la vie et d’autres grièvement blessés ressemble,  sont loin d’être de simples faits de grandes insécurité ordinaire.

Ces opérations menées par des hommes en treillis, visiblement  rompus  au maniement des armes de guerre, à s’y méprendre, s’inscrivent dans une réelle volonté de mettre à mal l’équilibre politique, social et économique du pays.  La question  de l’insécurité et de la grande criminalité  en Côte d’Ivoire, qui connait depuis quelques mois une fulgurante recrudescence,  n’échappe pas à l’opposition politique, qui l’a aussitôt récupérée. Elle en fait, maintenant,  l’une de ses préoccupations majeures, mais aussi, une aubaine  de critique contre le  pouvoir  Alassane Ouattara. 

En tournée à Bongouanou, dans son fief, l’ancien Premier ministre (2000-2002) Affi N’Guessan  Pascal, président du Front populaire ivoirien ( Fpi)  s’en est pris, avec une rare virulence  au régime en place, soulignant que «  ceux qui nous gouvernent ne peuvent  pas avoir l’âme en paix, ni aujourd’hui, ni demain ». 

« Aujourd’hui,  le constat est amer… Tout est sens dessus dessous… Il faut mettre fin à tout ça » s’est-il emporté. Affi N’Guessan   dénonce le «  désarmement » des policiers et gendarmes et attribue l’insécurité grandissante à cet état de fait. «  Voyez-vous, dans quel état  on a réduit la police et  la gendarmerie, ceux qui incarnent la République.  Comment peut-on désarmer la police et la gendarmerie, qui sont la défense, la fierté nationale. Nos policiers et gendarmes sont réduits à errer comme des âmes en peine, sans les moyens de leur autorité, de leur dignité. On ne peut pas humilier notre police, notre gendarmerie et penser que nous allons être heureux » a martelé l’ancien pensionnaire de la prison de Bouna.

 Armand B. DEPEYLA

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 23:27

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est un épisode plutôt inattendu dans le dossier Laurent Gbagbo, un rebondissement qui pourrait, suivant le verdict de la Chambre d’appel, infléchir le débat dans un certain sens. Quatre éminents juristes ont introduit, le 5 septembre 2013, une requête près la Chambre d’appel de la Cour pénale internationale (Cpi).

 Les professeurs Darryl Robinson, Margaret de Guzman, Charles Jalloh et Robert Cryer, ont demandé l'autorisation à la Chambre d'appel de présenter des observations dans l'appel du Procureur Fatou Bensouda contre la décision de la Chambre préliminaire, en date du 3 juin 2013, ajournant l'audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo.

La démarche de ces juristes qui ne sont pas parties prenantes dans le dossier « Gbagbo », est conforme à la règle 103 du règlement de procédure et de preuve de la Cpi. Cette règle offre un cadre à l’intervention d’éventuels amici curiae  (voir encadré) et dispose : « À n’importe quelle phase de la procédure, toute chambre de la Cour peut, si elle le juge souhaitable en l’espèce pour la bonne administration de la justice, inviter ou autoriser tout État, toute organisation ou toute personne à présenter par écrit ou oralement des observations sur toute question qu’elle estime appropriée ». Les quatre Professeurs de droit veulent être autorisés à intervenir et comptent- si les juges leur en donnaient l’autorisation- soumettre un mémoire. La Chambre d’appel, avant de rendre sa décision, a le plus logiquement du monde, demandé l’avis des principales parties : Accusation et Défense.

A la date du mercredi 11 septembre 2013, les parties ont donné leurs positions dans des documents écrits disponibles sur le site de la Cpi. L’accusation, peu bavarde, a juste indiqué, dans un document de 3 pages signé du procureur Fatou Bensouda, qu’elle n’était pas opposée à l’intervention des quatre juristes. La Défense conduite par Emmanuel Altit a, en revanche, demandé aux juges de la Chambre d’appel de rejeter la demande de ces juristes. « Les demandeurs (les 4 professeurs de droit, ndlr) ne font que reprendre les arguments du Procureur, ce qui pose la question des conséquences de leur intervention sur le caractère équitable de la procédure si leur demande était acceptée », argumente Me Altit, dans un document de 12 pages.

Relevons que les quatre juristes ont soulevé deux points qu’ils comptent développer dans leur mémoire. Le premier point porte sur le fait de savoir  « si plusieurs incidents sont requis pour une «attaque » ; le second porte sur le fait de savoir s’il faut la preuve d’une « politique » à l'égard de chaque incident particulier ». Les crimes contre l’humanité attribués à Laurent Gbagbo sont inscrits dans la période de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, entre décembre 2010 et avril 2011. Dans son document contenant les charges, le Procureur Fatou Bensouda s’était attelé à montrer  l’existence d’une politique mise en place par Gbagbo et son camp visant à perpétrer des crimes. 

Dans son texte adressé à la Chambre d’appel, Altit pointe du doigt une curieuse similitude entre les thèses du Procureur et celles des 4 Professeurs de droit : « (…) du fait que les demandeurs calquent leur argumentation aussi clairement sur celle du Procureur et la fondent sur une même interprétation de la décision du 3 juin 2013, autoriser les demandeurs à intervenir risque de mettre en cause l’équilibre de la procédure en renforçant le Procureur et en affaiblissant la défense obligée de se battre sur trois fronts. Il y a là un risque d’atteinte au caractère équitable de la procédure ».

Il reviendra aux juges de la Chambre d’appel de trancher, dans les meilleurs délais. Ils détermineront si Darryl Robinson et ses confrères sont autorisés à déposer un mémoire dans l’affaire « Laurent Gbagbo c. le Procureur de la Cpi ».

 Kisselminan COULIBALY

 Encadré

 L'Amicus curiae

L’expression d’amicus curiae à laquelle il est fait référence, dans le cas des 4 juristes demandant à intervenir dans le dossier « Gbagbo », est un concept de droit. La définition qu’en fait le dictionnaire de droit international public est assez intéressante : « notion de droit interne anglo-américain désignant la faculté attribuée à une personnalité ou à un organe non-partie à une procédure judiciaire de donner des informations de nature à éclairer le tribunal sur des questions de fait ou de droit » (Jean Salmon (Dir.), Dictionnaire de droit international public, Bruxelles, Bruylant, AUF, 2001, pp. 62-63). Amicus curiae  (amici curiae, au pluriel) vient du latin et signifie « ami de la cour ». Il s'agit d'une personnalité ou d'un organisme, non directement lié à une affaire, qui se porte volontaire pour offrir des informations et assister une cour dans le but de trancher l'affaire portée devant elle. L'information fournie peut être une opinion juridique sous la forme d'un mémoire. C'est un témoignage qui n'a pas été sollicité par une des parties, ou un document qui traite d'un sujet qui porte sur le cas. La décision sur l'opportunité d'admettre les informations est à la discrétion de la cour.

La Cour pénale internationale, dans ses procédures, prévoit « l'amicus curiae ».

K.C.

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 23:23

presse_contact

Selon un communiqué du Conseil national de la presse, un journaliste de Le Jour Plus a été suspendu d’écriture pour une période de 3 mois. A l’origine de cette mesure, une affaire de plagiat.

L’enquête intitulée « Détournement, délit d’initié, vente de biens de l’Etat…/ Sur les traces des milliards volés par Gbagbo et son épouse/ Maison, Comptes bancaires, placement d’argent, leurs richesses à travers le monde », était en fait une enquête de Le Nouveau Réveil, réalisée en 2011.

L’Intelligent d’Abidjan

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