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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 12:02

Sauf changement de dernière heure, la rentrée des classes des (11) onze commissaires, cinquante neuf (59) officiers et cent vingt neuf (129) sous-officiers recalés de la 41ème promotion (sortie le 28 septembre 2012) de la Police nationale , est prévue pour le mardi 19 mars 2013.


Mais déjà, les inscriptions ont débuté avec des exigences. Selon des indiscrétions, « des désignations » contenues dans le kit d’inscription ont subi des « aménagements ». Il s'agit de deux paquets de ciment dont doivent s'acquitter les élèves. En sus, il est exigé à chaque élève, un livre de conjugaison Bescherelles. « Beaucoup de fonctionnaires de police ont été incapables de faire une petite dictée. Certains ont même fait cinquante fautes. Donc, ils doivent se mettre à niveau », a justifié un officier instructeur à l'école nationale de police (Enp).Pour ce livre de conjugaison, les élèves doivent débourser chacun six mille Fcfa à l'école, alors qu'il est vendu à environ deux mille francs Cfa sur le marché, a dénoncé l'un des officiers recalés.


En tout cas, à la réunion du vendredi 1er mars 2013, convoquée et dirigée par le Général Yao Brou Alain, directeur de l'Enp, peu après midi, celui-ci aurait insisté sur un certain nombre de choses. Il s'agit notamment du renouvellement des tenues bleues de corvée, des épaulettes et des tenues de sport. Les élèves ont dénoncé le nombre de désignations qui passe du simple au double (voir fac similé). « Il y a un kit médical qui coûte 21.000 F.cfa à acheter sur place, deux draps blancs (6.000 F.cfa, l'unité) et un drap bamoro (en coton) qui coûte 7.000 francs Cfa. Et chacun doit payer deux mois de nourriture, cent mille francs Cfa pour les commissaires, quatre-vingt dix mille francs Cfa pour les officiers et quarante mille francs Cfa  pour les sous-officiers. Soit 173.500 F. Cfa pour les commissaires, 163.500 F. Cfa pour les officiers et 153.500 francs Cfa pour les sous-officiers comme total général pour l'inscription », a expliqué, la mort dans l'âme, l'un des élèves commissaires.


Par ailleurs, trois commissaires et onze officiers recalés issus du concours directs, exigent le reversement de deux mois de prélèvement. « Nous mangeons à l'Enp durant notre formation et cela est ponctionné  lorsque nous recevons nos rappels. On nous a fait une ponction de dix mois alors que notre formation a duré huit mois. C'est la différence que nous réclamons », a précisé un commissaire.

 

M'BRA Konan

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:59

Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a rendu sa décision, mardi 5 mars. L’Ivoirien Jacques Anouma ne pourra pas être candidat à la présidence de la Confédération africaine de football (CAF), dimanche 10 mars à Marrakech, face au Camerounais Issa Hayatou.

 

Le camp Anouma est désormais fixé. L’ancien président de la Fédération ivoirienne de Football (FIF), qui avait fait appel devant le TAS de la décision prise en décembre dernier par le Comité exécutif de la CAF de refuser sa candidature, a appris mardi que l’institution basée à Lausanne ne le considérait pas comme un membre dudit Comité exécutif - une condition indispensable de sa candidature, selon les nouveaux statuts de l'institution panafricaine.

 

Me Olivier Rodondi, l’avocat lausannois d’Anouma a bien évidemment regretté cette décision. « La sentence fait trente-deux pages, et les vingt-cinq premières sont très agréables à lire, puisque beaucoup de nos arguments sont accueillis favorablement. Mais le TAS a eu une interprétation littérale de la question essentielle. Pour lui, Jacques Anouma n’est statutairement pas membre du Comité exécutif de la CAF. Il en a pourtant les privilèges, les avantages et les obligations, il est considéré comme tel, mais cela n’a pas convaincu le TAS. C’est regrettable, mais c’est ainsi. Un membre coopté peut donc devenir président de la CAF, mais pas un membre toléré », a expliqué l’avocat suisse.

 

Dimanche à Marrakech, Issa Hayatou, président de la CAF depuis 1988 n’aura donc pas de candidat face à lui. Il devrait être réélu avec un score... nord-coréen.

 

Jeune Afrique

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:54

 

Bili Gbalou Joachim est membre du secrétariat national du Fpi, chargé des fédérations de Gagnoa et d’Oumé. Il donne ici les motivations de la présence du Fpi, son parti, à l’inauguration, par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, de l’Hôpital général de Gagnoa, le lundi 04 mars 2013.

 


Le président Ouattara était à Gagnoa pour inaugurer l’hôpital de la région le lundi 04 mars 2013. Qu’est-ce qui explique votre présence à cette cérémonie alors qu’on s’attendait  à  un boycott du  Front populaire ivoirien ?

 

B.G.J : Nous sommes deux membres du secrétariat chargé des fédérations de Gagnoa, M. Ouréga Barthélémy et moi. Et j’ai la chance d’être résident. Alors je participe toujours, à Oumé tout comme à Gagnoa, à toutes les cérémonies qui ont  un caractère officiel. C’est un acte républicain et c’est le président Laurent Gbagbo qui nous a enseignés cette grande notion de citoyenneté. D’ailleurs, j’étais à la pose de la première pierre de cet hôpital, sous Gbagbo, il n’y a pas de raison que je sois absent à son inauguration. Nous ne pouvons pas boycotter une telle cérémonie, car notre formation politique ne permet pas cela. De plus, nous savons distinguer ce qui est important de ce qui ne l’est pas et ceux qui pensaient que nous allions boycotter cette fête, ne sont pas des politiciens avisés.

 

 Votre présence à cette cérémonie n’est-elle pas un acte de décrispation politique ?

 

B.G.J : Bien sûr que oui. Nous au Fpi, il y a très longtemps que nous sommes inscrits dans le processus de réconciliation nationale. Nous avons plusieurs fois rencontré le préfet de la région du Gôh pour que nous bénéficions des faveurs des autorités militaires afin que nous  puissions mener nos activités politiques dans la quiétude. Nous sommes loin de penser autre chose si ce n’est la reconquête du pouvoir d’Etat par les urnes.

 

Pourtant, nous avons appris dans la ville que le Fpi aurait refusé la commission restauration  que le préfet lui avait attribué dans l’organisation ?


B.G.J : Cette commission est restée au niveau théorique. Car au dernier moment, on nous apprend que la commission restauration est présidée par le directeur de l’hôpital et non par le Fpi. Mais nous en sommes fiers, parce que logiquement, l’accueil d’un chef d’Etat dans une région n’est pas le fait des partis politiques puisqu’il n’appartient plus aux formations politiques. Il est président de la république et par conséquent, son arrivée dans une localité devient l’affaire des élus, cadres et forces vives de la nation. Et cela doit être clair dans l’esprit de tous. De toutes les façons, le Fpi qui est aujourd’hui un parti déstructuré à Gagnoa et qui par ailleurs, vit toujours sous la menace des armes, ne peut même pas présenter un groupe homogène pour assumer ce genre de responsabilités. Nos militants ont peur, ils sont traqués.

 

 Mais comment avez-vous pu réunir tous les militants qui sont venus nombreux à cette cérémonie ?

 

B.G.J : Le Front populaire ivoirien  est une réelle machine et il dispose d’un réseau de communication. Nous communiquons avec nos bases. Et c’est ainsi que nous avons demandé à nos militants de venir accueillir le président de la république. Parce qu’au Fpi, nous ne regardons pas l’individu, mais plutôt l’Etat de Côte d’Ivoire. Les hommes passent, mais notre pays demeure.

 

 Que pensez-vous du fait que la visite de Ouattara coïncide avec l’audience de confirmation des charges contre  Laurent Gbagbo à la Cpi ?

 

B.G.J : Vous savez que les chefs d’Etat élaborent toujours des calendriers pour leurs activités. Et nous pensons que c’est par pure coïncidence qu’il se retrouve à Gagnoa à cette période de l’audience de confirmation des charges contre Gbagbo à la Cpi. Sinon, ce n’est pas pour narguer la population de Gagnoa. Le président lui-même l’a dit dans son discours, que Gagnoa c’est chez lui. Nous en déduisons que Gbagbo, c’est son frère et il sait quelle porte il frappera pour le délivrer.

 

Nous avons également appris dans les coulisses que l’hôpital général de Gagnoa devrait porter le nom de Gbagbo qui en est l’initiateur. Malheureusement, à aucun moment nous n’avons entendu son nom dans le discours de Mme la ministre de la santé encore moins dans celui du président de la république. Quel commentaire cela vous inspire ?

 

B.G.J : C’est vous qui m’informez. Je  n’ai pas appris que cet hôpital devrait porter le nom de Gbagbo. (Rires)  Vous savez, c’est celui qui inaugure qui fait le choix du nom que porte l’édifice qu’il inaugure. Si ça n’a pas été le cas pour Gbagbo, c’est le président seul qui sait quelle valeur historique il donne à cet édifice. Sinon ce joyau a été pensé par quelqu’un. Mais, ma grande surprise est que le président Ouattara n’a pas situé  cet édifice dans son contexte historique. Et cela dépasse la conscience humaine. Parce qu’on nous a appris que l’Etat, c’est la continuité. Mais nous avons  eu l’impression que Gbagbo n’est pas passé par là alors qu’il a été Président de la République pendant dix (10) ans

 

 Avez-vous un message pour vos militants ?

 

B.G.J : Il faut que nos militants restent toujours debout. Le Fpi n’est pas un petit parti politique. Mieux c’est le parti le plus structuré en Côte d’Ivoire. Donc une telle formation politique ne peut jamais mourir comme le croiraient certaines personnes. Mettons-nous au travail  pour revenir au pouvoir.

 

                           Interview réalisée par Guy Nézo, correspondant régional

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:50

Fin du dépôt des dossiers de candidature en vue des municipales et des régionales aujourd’hui à 17 h. Mais il semble que le Rdr qui, au 28 février, n’avait pas un seul dossier déposé, est à la recherche de consensus en son sein.


La débâcle du Rdr aux législatives partielles du 3 février est-elle à l’origine des derniers chamboulements à la tête de certaines candidatures aux régionales ? Selon des sources bien informées, les régions du Hambol avec comme chef-lieu Katiola, du Bounkani (Bouna) et Béré (Mankono) seraient en proie à des bouleversements. Il est de plus en plus question de candidats choisis par la direction du Rdr le 10 janvier, mais qui sont bien partis pour être remplacés, à quelques heures de la fin du dépôt des dossiers de candidatures.

 

Les Républicains, habités par la crainte de la défaite du 3 février où ils avaient enregistré zéro député sur les six circonscriptions électorales, ont peur de parier sur de mauvais chevaux. Si cette information s’avérait, elle viendrait expliquer le manque de sérénité qui s’empare des responsables du parti à la case verte, au point de susciter de leur part, des changements à la tête des listes. Mais comment le Rdr compte-t-il parvenir à un consensus autour d’un candidat, si celui-ci, après avoir été présenté aux populations comme le cheval gagnant, vient à être remplacé au dernier moment ? Un cadre du Nord-Est nous expliquait la difficulté de sa tâche, s’il devrait être question de retourner présenter un autre candidat aux populations, après avoir fait les éloges d’un premier, présenté comme le candidat du parti.

 

Si les bouleversements de dernière heure sont vraiment effectifs, la direction du Rdr n’aura pas résolu les problèmes. Elle les aura tout simplement déplacés. Car, en voulant éteindre des foyers de tensions d’un côté, on en crée d’un autre, avec des frustrations ici et là. Toutes ces tentatives d’arrangement ont certainement contribué au retard accusé par le Rdr dans le dépôt des dossiers de candidature, comme dans la publication des têtes de liste le 10 janvier.

 

En effet, à la date du 28 février, le parti dirigé par Amadou Soumahoro, selon un communiqué de la Commission électorale indépendante(Cei) rendu public le 1er mars, n’avait déposé aucun dossier de candidature ni pour les municipales ni pour les régionales. Toute chose qui a amené le président de la Cei à rappeler, lundi, que le 6 mars (aujourd’hui) sera bel et bien la date limite de dépôt des dossiers de candidature. Comme pour dire son exaspération face aux reports successifs constatés ces derniers mois dans le cadre de ces élections locales.

 

Youssouf Bakayoko, après le report des élections locales du 24 février au 21 avril, craint un nouveau renvoi qui ne manquera pas d’entacher la crédibilité de son institution et de la suspecter de dépendance vis-à-vis des décideurs politiques.

 

Mais le Rdr qui a bénéficié d’environ deux mois (10 janvier au 6 mars) pour faire revenir l’union et l’entente autour des candidats, n’a vraisemblablement pas fini de régler les questions internes, au regard de cet autre retard enregistré dans le dépôt des dossiers de candidature. Pourtant, le Rdr devra, au-delà des mésententes internes, propres à tous les partis politiques, faire contre mauvaise fortune bon cœur, en déposant, ce mercredi, la liste des candidats retenus, faute de forclusion.


Ouattara Abdoul Karim

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:47

Partira, partira pas ? La rumeur sur un éventuel départ de Daniel Kablan Duncan de son poste de Premier ministre, commence à prendre corps dans le microcosme politique ivoirien. Nommé en novembre 2012, il y a à peine cent jours, le successeur d'Ahoussou Jeannot est annoncé sur le départ.


 C'est du moins ce que laissent penser des informations, qui ont même été relayées par certains journaux de la place. A en croire certaines, sources en effet, le chef de l'Etat se préparerait à procéder à de petits changements au sein de l'équipe gouvernementale, au lendemain des élections locales, municipales et régionales couplées du 21 avril 2013. Le Premier ministre Duncan serait des têtes qui pourraient être coupées. Faux ! Rétorquent des proches collaborateurs du président Alassane Ouattara.


Joints pour en savoir davantage, ceux-ci ont confié que Daniel Kablan Duncan est la dernière personne dont le chef de l'Etat voudrait se séparer. « D'où tenez-vous  cette information ? Le président parle très bien de son Premier ministre. Au cours d'une rencontre privée qu'il a eue récemment avec le représentant de la Banque Mondiale ici en Côte d'Ivoire, M. Madani Tall, le président a dit toute sa satisfaction du travail abattu par le Premier ministre Duncan. Il dit qu'il a une maîtrise des dossiers techniques et qu'avec lui, les choses avancent bien. Il ne faut pas oublier aussi que Daniel Kablan Duncan connaît les rouages de la fonction, pour l'avoir exercée avant, sous le président Bédié. Comment voulez-vous qu'il se sépare d'un tel haut cadre ? Et puis, on n'ira pas de changement de Premier ministre en changement de Premier ministre. Cela ne fait pas sérieux. En tout cas, nous n'avons aucune information sur un départ de ce monsieur de la Primature, et le président n'en donne pas du tout l'impression », a indiqué, confiant, ce collaborateur du chef de l'Etat.


Un autre nous dira que le président Alassane Ouattara n'entend pas toucher à ce gouvernement dirigé par le Premier ministre Duncan. « Il a clairement dit, au cours de la conférence de presse marquant la fin de la visite d'Etat qu'il a effectuée dans la région du Gontougo, qu'il ne changera pas ce gouvernement. Donc Duncan reste », a assuré cet autre proche de Ouattara, ajoutant que le président de la République avait également confié à des ambassadeurs, la satisfaction qu'il tirait de sa collaboration avec son actuel Premier ministre. Toutefois, selon un habitué des arcanes présidentielles, les compliments d'un chef n'augurent rien de bon pour son destinataire.


Ce dernier reste convaincu que le satisfecit décerné par Alassane Ouattara, en privé ou public, à Kablan Duncan, pourrait s'apparenter '' au baiser du diable ''. Une façon bien connue, selon lui, des Houphouëtistes pour couler leur collaborateur dont-ils veulent se séparer. Daniel Kablan Duncan sera-t-il le prochain '' guillotiné '' ? Rien n'est moins sûr. Tout compte fait, plus de trois mois après sa nomination, l'homme est à la tâche. « Je voudrais tout d’abord remercier le président Alassane Ouattara d’avoir bien voulu me désigner comme Premier ministre. Je voudrais vraiment lui adresser mes très vifs remerciements. Vous me permettrez de remercier le président Henri Konan Bédié, le président du PDCI-RDA, d’avoir accepté qu’on puisse me nommer Premier ministre après ces discutions avec le président Alassane Ouattara », avait-il déclaré après sa nomination en novembre 2012, avant de mettre le cap sur l'objectif de croissance à deux chiffres fixé par le chef de l'Etat pour 2014. 


Hamadou ZIAO

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:42

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Me Josette Kadji, avocate au Tribunal pénal international pour le Rwanda, était l’invitée de la chaîne de télévision panafricaine Africa 24. Pour elle, le procureur n’a pas mis la chambre dans la possibilité de bien appréhender les charges produites contre le président Gbagbo.


Africa 24 : Mme Kadji pourquoi M. Gbagbo n’a pas été jugé dans son pays en Côte d’Ivoire ?


Me Josette Kadji : moi, je ne cesse de le dire parce que c’est une décision qui dépend du gouvernement ivoirien. Comme vous le savez, les dispositions de la Cpi permettent à un Etat-partie qui en a les capacités de juger ses ressortissants. Mais apparemment, le gouvernement de M. Ouattara a préféré renvoyer cette charge sur la Cpi. Mais bien évidemment, il peut être jugé en Côte d’Ivoire.


Africa 24 : Il existe également une cour africaine. N’a-t-elle pas la capacité de juger M. Gbagbo ?


J.K. : Non, la cour africaine n’est pas compétente pour connaître des affaires de ce genre. Elle est là plutôt pour connaître des affaires concernant l’interprétation, l’application de la charte africaine des droits de l’Homme et des peuples. A ma connaissance, personne ne l’a saisi en ce qui concerne le cas du président Gbagbo.


Africa 24 : Les charges retenues telles qu’elles ont été présentées par l’Accusation, par la procureure, vous semblent-elles suffisantes à la tenue d’un procès ?


J.K. : Suffisantes ? Des charges suffisantes ? Mais elles ne peuvent pas être suffisantes. Moi, je poserais la question autrement. Est-ce que le procureur a établi possibilité pour la Cpi de poursuivre le président Gbagbo ? Je ne le pense pas parce que j’ai suivi avec beaucoup d’attention les audiences de confirmation des charges. Et pour ma part, le travail du procureur a été mal ficelé, a été fait à la va-vite et sans enquêtes. Donc pour moi, je trouve que le procureur n’a pas mis la chambre dans la possibilité de bien appréhender les charges qu’il produit contre le président Gbagbo.


Africa 24 : D’après vous, cela semble-t-il possible que la Cour pénale internationale lance des mandats d’arrêts contre les partisans, ceux qui étaient alors dans le camp de l’actuel président, Alassane Ouattara?


J.K. : Non seulement c’est possible, mais la cour doit le faire pour avoir une certaine crédibilité. Parce que tout le monde sait et cela ressort même dans le dernier rapport d’Amnesty International, que des exactions ont été faites par le camp Ouattara et continue à l’être par ce camp. Donc pour la crédibilité du tribunal, il faudrait absolument que des mandats d’arrêt soient lancés.


Africa 24 : Dans son intervention au dernier jour du procès, M. Gbagbo n’a pas évoqué le sort des victimes. Est-ce que cela peut lui porter préjudice ?


J.K. : Oh ! Il aurait fallu avant qu’il parle des victimes des deux camps… Je ne pense pas que le fait de ne pas en avoir parlé veut dire qu’il ne se préoccupe pas du sort de ces victimes-là. Puisque ce sont des Ivoiriens. Et il se prévaut d’être président de tous les Ivoiriens. Donc le fait de ne pas avoir parlé de victimes, pour moi, ne veut pas dire qu’il n’en a pas conscience.


Africa 24 : A quoi peut-on s’attendre à présent ? Dans combien de temps la cour peut prendre une décision ?


J.K. : La cour a 60 jours. Donc, je pense que comme l’a dit la présidente le jour de la clôture de l’audience, elle veut disposer d’un moment qui fait 60 jours pour pouvoir prendre une décision qui, je l’espère, sera profondément logique et profondément justifiée sur le plan légal.


Propos retranscris par
Robert Krassault
ciurbaine@yahoo.fr

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:39

Deux ans exactement ! Il y a deux ans, l’opinion internationale s’émouvait de l’assassinat de sept femmes dans la commune d’Abobo, à Abidjan. Des femmes qui auraient été tuées, selon la version officielle,par des éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS) ivoiriennes stationnés au camp commando d’Abobo. A l’occasion de l’audience de confirmation des charges contre le président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale, les cadres du Rassemblement des républicains (RDR), parti ouattariste, ont orchestré une «campagne d’indignation» face aux questions légitimes soulevées par la défense sur cette sombre affaire. Et pourtant !

Deux ans après ce drame, aucune enquête spécifique n’a été ouverte sur un moment de la crise ivoirienne qui est pourtant abondamment exploité médiatiquement par le pouvoir d’Abidjan. Dans un communiqué datant du 14 septembre 2012, le procureur militaire Ange Kessy Kouamé citant deux affaires de «crimes de sang» sur lesquelles il enquêtait : l’assassinat d’Yves Lambelin et de ses compatriotes (affaire du Novotel), et l’assassinat du colonel-major Adama Dosso, qui avaient valu à des dizaines de personnes d’être mises en détention préventive. Mais rien sur les sept femmes d’Abobo!

Interpellé au téléphone par Le Nouveau Courrier, un très proche collaborateur d’Ange Kessy, s’est montré évasif. Le meurtre des sept femmes d’Abobo est traité dans une «enquête globale» sur les événements d’Abobo «en général». On a déjà vu plus grande implication du bras judiciaire de l’Etat dans une affaire… Lors de l’audience de confirmation des charges contre le président Gbagbo, il n’y avait aucune trace d’autopsies ou d’analyses balistiques qui auraient pu situer la Cour sur les détails de ce qui continue d’être considéré par une partie de l’opinion publique comme un «montage».


Est-ce à dire qu’il n’ya pas eu d’autopsie? En Juillet 2011, des parents de ces femmes s’indignaient dans une interview accordée au journal pro-Soro, Nord-Sud, de ce qu’elles avaient été enterrées en catimini, le 17 avril 2011, c’est-à-dire après la chute de Gbagbo. Sans leur avis, sur ordre de hauts responsables du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), par une IVOSEP alors dirigée par Sidi Diallo, actuel patron de la Fédération ivoirienne de football (FIF). Vous avez dit bizarre? Comme c’est bizarre!

Philippe Brou

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:37

 

Dans une interview exclusive au magazine Panafricain Africawatch, le président Equato-Guinéen Obiang Nguema Basogo dénonce de manière véhémente l’intervention de la France et de l’ONU dans les conflits ivoirien et libyen . Président en exercice de l’Union Africaine au moment des faits, le Président Obiang s’insurge contre l’internationalisation du conflit par la France qui avant même les élections en Cote d’ivoire avait clairement choisi son camp.
 Q: Vous étiez le président de l'Union Africaine de Janvier 2011 à Janvier 2012. Il y a eu plusieurs événements importants au cours de cette période, y compris la famine en Afrique de l'Est, le printemps arabe en Tunisie, Égypte et Libye, et une guerre civile en Côte d'Ivoire. Cela semble avoir été un agenda chargé pour juste sur un année au pouvoir. Comment avez-vous managé dans ces situations difficiles?
R: Eh bien, c'était vraiment une période difficile. J'ai fait face à beaucoup de problèmes au cours de mon mandat en tant que président de l'UA, donc je ne sais pas quoi dire. Était-ce la volonté de Dieu pour moi d'être le président de l'UA à ce moment précis pour faire face à tous ces conflits et ces problèmes? Ou était-ce juste une malchance? Je ne sais pas. Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai travaillé très dur pour essayer d'apporter la paix à tous les endroits ou il y avait des conflits, et en Afrique en général.
En ce qui concerne les cas de la Tunisie et  de l’Egypte que vous avez mentionnés, je pense que c'était des questions internes que les gens de ces pays voulaient mettre à l'attention de leurs gouvernements et des présidents. Et il n'y avait pas grand-chose qu'on pourrait faire ou dire à leur sujet au niveau de l'UA ou international. À propos de la Côte d'Ivoire et de la Libye, c'était une autre paire de manches. On peut clairement dire que les deux conflits ont échappé à notre contrôle à cause de l'ingérence extérieure dans les deux pays.
En Côte d'Ivoire, par exemple, quand j'étais président de l'UA, j'ai parlé et j'ai réussi à convaincre l'ancien président Laurent Gbagbo à démissionner du pouvoir et il a accepté de le faire, j'ai aussi essayé de convaincre l'autre partie à accepter la négociation avec Gbagbo parce qu'il avait accepté de démissionner, mais l'ingérence extérieure n'a pas donné vraiment le temps à Gbagbo de démissionner ou de s'engager dans des négociations avec l'autre partie.
En fait, le problème ivoirien n'était pas vraiment un problème au début, il s'agissait d'un malentendu. Les gens sont allés à une élection et il y avait un malentendu sur le gagnant. En fait, cela me surprend qu'à partir de ce malentendu est né un énorme conflit qui s'est aggravé au niveau que nous avons vu.
Q: Qu'est ce qui à votre avis a provoqué l'escalade?
R: Je crois que c'était l'ingérence de pays étrangers, des Nations Unies et de tous les organismes, qui ont vraiment aggravé le conflit en Côte d'Ivoire. Je me suis demandé pourquoi les Nations Unies, une institution de la paix fondée pour favoriser la paix dans le monde, a pris parti dans un conflit interne et créée l'escalade à l'aide de ses troupes qui sont intervenues, même combattu, pour une partie au conflit.
Pourquoi n'a-t-elle pas dit: «Eh bien, nous savons que la France s'est impliqué jusqu'au cou dans ce conflit, elle a utilisé ses troupes et s'est battu pour un camp dans le conflit avant les élections, et beaucoup de personnes sont mortes. En tant que tel, la France n'est plus un arbitre impartial en Côte d'Ivoire. Elle devait donc se mettre à l'écart et donner la place à des pays neutres acceptés par les deux parties pour vraiment aider à trouver une solution acceptable en Côte d'Ivoire ".
Mais non. L'ONU, elle-même, sous l'influence des pays occidentaux au sein du Conseil de sécurité, a déployé ses troupes en tandem avec la France pour attaquer Laurent Gbagbo, le traquer dans le bunker présidentiel, et l'humilier, lui , sa femme et sa famille devant la télévision internationale. Oui, ils l'ont défilé devant la télévision internationale. Cela, pour moi, restera à jamais l'un des points les plus bas, les jours sombres, même des Nations Unies. Pourquoi l'ONU a décidé de descendre si bas dans un conflit international me tourmente. Et beaucoup de gens sont morts en Côte d'Ivoire en raison de l'ingérence extérieure. Ils n'ont vraiment fait qu'aggraver le problème.

Q: En ce qui concerne l'UA, pouvait-elle ou devait-elle intervenir?

R: Je crois qu'il était possible à l'UA de trouver une solution, parce que, en tant président de l'UA, j'ai demandé à la communauté internationale de permettre à l'Union africaine de trouver une solution en Côte d'Ivoire. Je leur ai dit que c'était une opportunité pour l'Union africaine et les Africains, pour résoudre le problème. C'était un problème africain qui avait besoin d'une solution africaine.
Mais ils n'ont pas écouté. Pour eux, il était trop tard, car ils avaient déjà pris la décision d'intervenir et d'utiliser leurs troupes contre Gbagbo, de le retirer de pouvoir au profit de l'autre partie. Ainsi, contrairement à la Tunisie et l'Egypte, ce n'était pas le peuple de Côte d'Ivoire qui a enlevé Gbagbo du pouvoir. Ce sont les Français et les troupes de l'ONU qui l'ont fait. Ce n'était même pas l'armée ivoirienne qui l'a enlevé. Ce sont les français et les troupes de l'ONU, des troupes étrangères.

Q: Pourquoi exactement la France et les Nations Unies ont-elles joué ces rôles importants dans ces conflits africains?
R: la France a joué un rôle clé dans le conflit ivoirien parce que la France avait promis de donner le pouvoir à l'autre partie. Mais elle n'allait pas le faire par les urnes ou les négociations, elle avait l'intention d'utiliser l'armée française. Et c'est exactement ce qu'elle a fait. Et quelque soit ce que nous disions en tant que dirigeants de l'Afrique, siégeant à l'Union africaine, n'avait pas d'importance pour eux.
En Libye, le conflit a aussi commencé comme une affaire interne, comme ce qui s'est passé en Egypte et en Tunisie, mais il a fini dans une rébellion parrainée par les pays étrangers. Tout à coup, les rebelles de l'Est, qui n'avait pas de fusils, ont reçu des armes envoyées par des pays étrangers pour lutter contre le gouvernement du colonel Mouammar Kadhafi, qui avait contribué à la création de l'Union africaine, et a soutenu l'organisation de quelque manière qu'il le pouvait.
Dans tous les pays, si un gouvernement est attaqué par des rebelles armés, le gouvernement a le droit de se défendre par le déploiement de son armée. C'est inscrit dans le droit international. Et c'est exactement ce que le gouvernement de Kadhafi a tenté de faire.
En Tunisie et en Egypte, le peuple s'est levé pour exiger un changement de gouvernement sans utiliser les armes. En Libye, c'était différent. La soi-disant armée rebelle dans l'est de la Libye a soudainement obtenu des armes en provenance de pays étrangers et les ont utilisées pour attaquer le gouvernement de Kadhafi.
On peut donc comprendre ce que Kadhafi a essayé de faire pour se défendre et défendre la souveraineté de son pays. Même si c'était un cas évident d'un gouvernement qui se défend contre l'agression rebelle, contre les rebelles financés et armés par des pays étrangers, les mêmes pays étrangers se sont cachés derrière l'OTAN pour bombarder et de détruire l'armée de Kadhafi et neutraliser sa capacité de se défendre et défendre son pays.
Ces mêmes pays étrangers ont à nouveau utilisé les Nations Unies pour imposer une «zone d'exclusion aérienne» sur la Libye. Alors, vraiment, les mains et les pieds de Kadhafi étaient attachés par l'ingérence internationale qui a joué un rôle clé dans le conflit libyen, contrairement aux soulèvements en Tunisie et en Egypte, qui ont été autorisés à être des questions purement internes à résoudre par les peuples de ces deux pays , et non par des puissances étrangères.
On peut donc distinguer entre les soulèvements en Egypte et en Tunisie, d'une part, et les conflits en Côte d'Ivoire et la Libye, d'autre part. Les deux premiers étaient des questions internes qui ont été régler par les peuples de ces pays eux-mêmes, tandis que la Côte d'Ivoire et en Libye ont connus des interférences internationales qui n'ont fait qu'empirer les choses.

Pour cette raison, nous pensons que les Nations Unies, une institution de la paix, ne devrait pas avoir joué le genre de rôle qu'elle a joué en aidant les puissances étrangères à intervenir en Côte d'Ivoire et en Libye. Ce n'était pas pour cela que l'ONU a été créé. Elle a créé un mauvais précédent dans le monde.
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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:34

La Cour Pénale Internationale est vraiment ce lieu où règne «la justice des vainqueurs», comme certains aiment à la qualifier. L’expression est d'ailleurs reprise par Amnesty International dans son récent rapport sur la Côte d’Ivoire. Évidemment, mon point de vue sur cette question va au-delà du cas de Laurent Gbagbo...


L'urgence d'une sortie de crise


J’aimerais souligner une chose jusqu'ici peu relevée par les observateurs : parfois, les lieux des exactions jugées par la CPI s'avère être complètement aberrants. Ainsi, Charles Taylor, ancien président de la République du Liberia, fut inculpé pour des faits qu’il aurait commis en Sierra Leone. Je rappelle qu’il avait fondé son pouvoir au Liberia. Et c’était bien Foday Sankoh qui dirigeait le Sierra Leone au moment des faits. Autre cas assez extraordinaire, après des élections manifestement truquées, la Cpi inculpe Jean-Pierre Bemba, le chef de l’opposition en République Démocratique du Congo, pour des faits commis... en Centrafrique!


Avec le procès de Laurent Gbagbo, nous sommes certes dans un autre cas de figure. Problème pour autant, il n’y a que lui, sa femme et plus largement son camp à être soumis à cette «justice».


L’accusation du temps du procureur Ocampo s’est basée abusivement sur le modèle rwandais : un petit groupe autour du Président et de son épouse qui auraient écrit un plan détaillé contenant des ordres d’exécution. La crainte de la Cpi qu’il y ait eu organisation et préparation d'un génocide est une fiction, notamment quand le procureur Ocampo avait déclaré : « qu’ il y avait une « Politique » déclinée en un « plan commun» (sic!).


Or, pour se forger cette conviction, le procureur n’a pris en compte que la période récente et un cas particulier. C'est très regrettable. Comment, dans ces conditions, la Cour peut-elle mettre en perspective les causes profondes de la crise, les responsabilités des uns et des autres? C'est impossible.


Il faudrait, à mon sens, trouver une sortie de crise médiane, entre la libération de Laurent Gbagbo et son maintien en détention. On pourrait ainsi imaginer provisoirement une assignation à résidence dans un pays africain, situation qui laisserait ouverte la possibilité d’une négociation et qui conduirait à la réconciliation et l’apaisement.


Depuis avril 2011, seul le camp Ouattara est responsable


Il y a des raisons d’être inquiet aujourd'hui. Surtout lorsqu'on voit Laurent Akoun, le successeur de Laurent Gbagbo à la tête du FPI, sortir de six mois de prison pour des «propos diffamatoires» envers Alassane Ouattara...L’opposition est criminalisée. À l’heure où j’écris ces lignes, il y a entre 150 et 300 détenus politiques et environ 1 500 prisonniers militaires en Côte d’Ivoire. À cet égard, le rapport d’Amnesty International est un vrai coup de tonnerre! Gaëtan Mootoo, l’un des auteurs du rapport, était récemment à Abidjan afin de présenter ledit rapport, attitude très courageuse tant les réactions peuvent être violentes.


Mais Amnesty International ne chiffre pas, dans son rapport, les milliers de morts depuis ce que j’appelle «le coup d’État franco-onusien» et l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara. Jusque-là, toutes les associations des droits de l’homme essayaient de faire l'équilibre entre les deux camps. Mais depuis le 11 avril 2011, la responsabilité des faits commis incombe clairement au président actuel.


De 2002 à 2011, au nord du pays, le camp Ouattara a été la cause des milliers de pertes humaines qui n’ont d’ailleurs pas été recensées. Mais depuis le 11 avril 2011 et jusqu’à maintenant, c’est dans l’ensemble de la Côte d’Ivoire (surtout au sud), qu’il y a eu entre 3000 et 5000 morts. Des morts dont le camp Ouattara est maintenant responsable.


En dehors du carnage commis d’avril à juin 2011 lors de la conquête d’Abidjan et ce, notamment dans des quartiers abritant des partisans de Laurent Gbagbo tel Yopougon, trois ethnies ont été ciblées : les Guérés de l’Ouest, les Bétés, l’ethnie d’origine de Laurent Gbagbo, et les Attiés qui sont un petit peuple du Nord de la capitale, Abidjan. Dès lors, si l’on parle d’ethnocide ou de «génocide rampant» à la Cpi, encore faudrait-il savoir qui est responsable de quoi. Combien de morts n’ont, pour le moment, jamais été recensés!


La France comme l'Onu ne peuvent fuir leurs responsabilités


Un troisième volet à cette affaire est également trop souvent négligé : entre la fin mars et le 11 avril 2011, il y a eu aussi des morts inconnus - les victimes civiles des frappes et des actions françaises et onusiennes. Combien sont-ils? Cela va de quelques dizaines à 2000 selon les partisans de Laurent Gbagbo - ce qui me semble beaucoup trop. Le chiffre de quelques centaines me semble plus proche de la vérité. Lorsque l’on parle de justice internationale, qu’est-ce qui, dans le mandat de l’Onu régi par la résolution 1575 de Ban Ki-Moon, a permis à une force expéditionnaire de tuer des civils ivoiriens? Un troisième acte judiciaire devrait être lancé sur cette question.


Que faire dès lors ? Comment rendre possible la réconciliation ? La réponse est très simple, puisqu'il y existe déjà un mécanisme propre à la Côte d’Ivoire à même de régler cette question : «le dialogue à l’ivoirienne». Félix Houphouët-Boigny est à l’origine de ce mécanisme sociopolitique de résolution des conflits qui consiste en une stratégie gouvernementale très habile inspirée de la tradition africaine - une version moderne de l’arbre à palabres.


Dessaisir la Cpi, mettre en place un «dialogue à l’ivoirienne»


C’est d’ailleurs cela qui avait permis à Henri Konan Bédié, chassé par les jeunes militaires du régime du général Robert Guéï, de réintégrer le jeu politique ivoirien et de se présenter aux présidentielles. De même, certes sous pression de la communauté internationale, Laurent Gbagbo à Pretoria avait réintégré Alassane Ouattara, exclu pour des «raisons de nationalité douteuse» en utilisant un article de la Constitution ivoirienne équivalent à notre article 16 (Constitution française). Lui aussi a ainsi pu se présenter devant les électeurs.


Si l'on se base sur ce mécanisme, il faudrait donc que Laurent Gbagbo soit amnistié et revienne en Côte d’Ivoire pour participer, de nouveau, à la vie politique, qu’il y ait une sorte de réconciliation post-crise. Mais cela anéantirait tous les efforts déployés par les diplomates pro-Ouattara qui espèrent éloigner le Front Populaire Ivoirien (Fpi) de Laurent Gbagbo. Cette stratégie, pourtant, va droit dans le mur. Et en attendant, le gouvernement de Ouattara s'embourbe, tous les jours, un peu plus dans la crise...


Michel Galy
Politologue, professeur de géopolitique à l'Institut des relations internationales (Ileri, Paris)

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 16:24

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Gbagbo a attendu, stoïquement, ce jour. Il est arrivé. Ce jeudi 28 avril, le calendrier de l’audience de confirmation des charges prévoit que l’ex-chef d’Etat, soupçonné de crimes contre l’humanité, intervienne en deux tranches : entre 16h 30 et 17h, puis, entre 17h30 et 18h30.

 

 Son temps d’intervention sera presqu’équitablement partagé avec ses avocats qui feront une déclaration de clôture à l’instar de l’Accusation et du bureau public des victimes. L’ancien chef d’Etat sait qu’il joue une partie serrée, disons, cruciale. L’audience de confirmation des charges qui s’était ouverte le 19 février dernier et qui se referme, aujourd’hui, vise un objectif : déterminer si les éléments de preuve servis par l’accusation sont suffisamment solides pour qu’il y ait procès.

 

Si son discours associé à la plaidoirie de ses avocats était poignant, la Chambre préliminaire pourrait juger l’ancien président pas digne d’être poursuivi ; la Chambre déciderait, dans un délai de deux mois, qu’il n’y aurait pas de procès et Laurent Gbagbo serait remis en liberté. Ici, le scénario le plus clément, pour l’ancien président et ses partisans. Si, en revanche, la Chambre préliminaire jugeait qu’il y avait des motifs substantiels de croire que Laurent Gbagbo a une responsabilité dans les faits allégués, un procès sera décidé, à l’issue duquel, l’ex-chef d’Etat pourrait passer le restant de ses jours en prison.

 

Scénario cauchemardesque pour la défense mais fort attendu de la part de l’Accusation et des détracteurs de l’ancien président. Gbagbo n’ignore, alors, pas que la partie est cruciale. Sa ligne d’attaque reste globalement connue : situer les évènements post-électoraux entre décembre 2010 et avril 2011, dans leur contexte, et expliquer comment ces évènements sont le prolongement de la crise armée de septembre 2002.

 

Dans ce sens, il ne devrait pas ménager Guillaume Soro, les ex-rebelles mais aussi et surtout, son rival d’hier, Alassane Ouattara et l’ex-puissance coloniale, la France et les nations unies. Laurent Gbagbo jettera toutes ses forces dans la…bataille. Il sait que l’audience à la Haye est suivie à travers le site internet de la Cour pénale internationale et qu’au delà des juges, une extraordinaire occasion lui est offerte, de s’adresser à ses partisans, en particulier, au monde, en général. Il utilisera, à fond, deux éléments caractéristiques de sa personnalité : son bagout et sa bonhomie. L’idée sera de faire sensation et tenter de convaincre la Cour qu’il n’est pas le bourreau dépeint à grands traits odieux.

 

Son vieil ami, le socialiste français, Guy Labertit, qui l’a rencontré peu avant l’ouverture de l’audience de confirmation des charges, s’était confié à Reuters : « Il (Gbagbo) m’a dit: ‘Nous irons jusqu’au bout, c’est un procès politique devant l’Histoire ». Parce que, dans son entendement, « c’est un procès politique », le discours de l’ancien chef d’Etat ne devrait pas notablement varier. Il reviendra sur le fait- déjà martelé par ses avocats- qu’il ne s’est pas déclaré président mais a été proclamé comme tel par le Conseil constitutionnel.

 

Dans un tableau comparatif avec son adversaire, actuellement à la barre en Côte d’Ivoire, il s’appesantira sur sa proposition de recomptage des voix et le fait pour lui, de ne s’être jamais braqué contre les tentatives de médiation qui avaient fusé, à l’époque. Me Emmanuel Altit, son conseil principal, avait annoncé la couleur, les premiers jours de l’audience de confirmation des charges : « Ce n’est pas lui (Laurent Gbagbo) qui s’est autoproclamé président. Ce n’est pas lui qui a refusé les tentatives de médiation. Nous reviendrons sur tous ces points car ils sont au cœur des présents débats. Ces deux propositions sont les deux piliers sur lesquels repose la pseudo-démonstration du procureur ».

 

Laurent Gbagbo ne joue pas, cet après-midi, qu’une simple partie. Il joue son destin.

 

Kisselminan COULIBALY

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