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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 16:03

Historique de ce procès :

Après un enlèvement sans autre forme de procès à Korhogo, et un voyage direct sans passer par la case Abidjan, le président Laurent Gbagbo s'est trouvé déporté à La Haye et plus précisément à Scheveningen, ou officie la CPI.

Pour toutes vidéos de ce proocès je vous conseille et vous encourage a visualiser celles mises en ligne sur Youtube par Rtibengue, Elles ont le mérite d'être complète et exhaustives.

https://www.youtube.com/watch?v=lhmXvzR12vI

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 15:57

 

Par Liliane Bridji

Le gouverneur du district d’Abidjan, Robert Beugré Mambé a été nommé mercredi “ministre chargé d’organiser les jeux de la Francophonie” en Côte d’Ivoire du 21 au 30 juillet 2017, a annoncé le porte-parole du gouvernement ivoirien, Bruno Koné, précisant que cette “fonction est temporaire”.

“Ces jeux ont malheureusement accusé un certain retard et il nous faut parce que l’échec n’est pas une option pour ces Jeux, tout mettre en œuvre pour que ces Jeux se tiennent du 21 au 30 juillet 2017 ici même à Abidjan”, a expliqué Bruno Koné face à la presse à l’issue du Conseil des ministres.

Selon M. Koné, le gouvernement a noté “des problèmes organisationnels” et que ce poste est “une structure de décision unique” qui devra “faciliter la prise de décision”. C’est “une fonction temporaire”, a-t-il précisé.

M. Beugré aura “l’unique et l’entière responsabilité de présider le comité ministériel déjà mis en place et rendra compte au Premier ministre et au chef de l’Etat”, a-t-il ajouté.

Le nouveau président d’organiser devrait également trouver un nouveau site d’hébergement pour loger les athlètes des VIIIe Jeux de la Francophonie après le refus des étudiants de la cité universitaire de Cocody (Abidjan-Est) de céder leurs chambres.

La décision du gouvernement ivoirien d’évacuer les résidences universitaires, dont la rénovation permettra d’accueillir les athlètes en juillet 2017 avait provoqué en mars des incidents entre des étudiants et la police faisant plusieurs blessés.

Mi-juillet, le président ivoirien Alassane Ouattara a finalement renoncé à cette idée et annoncé que les étudiants concernés ne seraient “plus délogés” de leurs chambres et qu’un autre site devrait “sera aménagé” pour accueillir les athlètes des 80 pays participants.

LIB
Alerte info/Connectionivoirienne.net

 

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 15:51
Sans aucun rapport avec le titre puisque Le président Laurent Gbagbo est à la CPI actuellement !

Sans aucun rapport avec le titre puisque Le président Laurent Gbagbo est à la CPI actuellement !

Commentaire de Pierre Soumarey

Nous avons maintenant un Ministre de la Francophonie, un Ministre des sports, un Directeur de l’Organisation des Jeux de la Francophonie, plusun Ministre provisoire (si, si vous avez bien lu) Chargé des Jeux de la francophonie (non, non, ce n’est pas une blague).

Il fallait tout le génie de la Côte d’Ivoire, pour faire cette trouvaille. Nous qui croyions naïvement qu’elle avait des problèmes, et qu’elle lui arrivait de crier famine (histoire de se distraire sans doute).

Qui a dit qu’à Ivoirien, rien n’est impossible ?

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 19:07

 

Pendant la campagne électorale, Alassane Dramane Ouattara a parcouru la Côte d’Ivoire pour faire des promesses dans chaque département. Du nord au sud, de l’ouest à l’est en passant par le centre, il a inondé tout le pays de promesses de milliards de francs. Devoir de mémoire oblige, nous avons effectué et trouvé le récapitulatif de ces énormes à nos lecteurs afin que chacun se fasse une idée. Près de 2 ans après sa prise du pouvoir, où en est-il avec ce qu’il a librement annoncé ? Ne dit-on pas que la promesse est une dette ? Maintenant que le taux de croissance grossit chaque jour comme un bébé bien nourri, les Ivoiriens devraient voir la matérialisation des promesses d ’ A l a s s a n e  D r a m a n e
Ouattara.

 

 

1- San-Pedro : 375 milliards
2- Tabou : 73 milliards
3- Sassandra : 121 milliards
4- Soubré: 531 milliards de
5- Sinfra : 85 milliards
6- Bouaflé : 95 milliards
7- Zuénoula : 66 milliards
8- Vavoua : 144 milliards
9- Daloa : 260 milliards
10- Gagnoa : 139,600 milliards
11- Oumé : 78 milliards
12- Lakota : 80 milliards
13- Divo : 47 milliards
14- Yamoussoukro : 1.000
milliards
15- Toumodi : 56 milliards
16- Tiébissou : 38 milliards
17- Bouaké : 310 milliards
18- Béoumi : 77 milliards
19- Sakassou : 37 milliards
20- Katiola : 107 milliards
21- Dabakala : 74 milliards
22- Korhogo : 300 milliards
23- Ferké : 155 milliards
24- région de Man : 1.055
milliards dont
25- Danané : 144 milliards
26- Guiglo : 114 milliards
27- Toulépleu : 44 milliards
28- Bangolo : 73 milliards
B Tiassalé, Sikensi et
Taabo : 95 milliards
30- Odienné : 194 milliards
31- Minignan : 91 milliards
32- Madinani : 90 milliards
33- Région de Touba : 155
milliards
34- Dimbokro : 45 milliards
35- Daoukro: 66 milliards
36- Bocanda : 44 milliards
37- Boundiali : 108 milliards
38- Bondoukou : 178 milliards
39- Bouna : 163 milliards
40- Tanda : 109 milliards
41- Abengourou : 122 milliards
42- Agnibilékro : 63 milliards
43- Séguéla : 192 milliards
44- Mankono : 156 milliards
45- Adzopé : 90 milliards
(le 7 janvier 2010)
46- Agboville : 83 milliards
47- Jacqueville : 44 milliards
48- Grand Lahou : 63 milliards
Total : 7.685 milliards


Benjamin Koré

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 18:58

Le Conseil de sécurité a reconduit, ce matin, pour une période de 12 mois, son régime de sanctions à l’égard de la Côte d’Ivoire, concernant les armes et les diamants, ainsi que le mandat du Groupe d’experts créé en 2004 pour évaluer la situation dans le pays.

En adoptant, à l’unanimité de ses 15 membres la résolution 2101 (2013), le Conseil de sécurité proroge jusqu’au 30 avril 2014 les mesures imposant à tous les États d’empêcher la fourniture, la vente ou le transfert, directs ou indirects, d’armes et de matériel connexe à la Côte d’Ivoire, à partir de leur territoire ou par leurs ressortissants, ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur pavillon, que ces armes et ce matériel aient ou non leur origine sur leur territoire.

Constatant que les mesures imposées par les résolutions précédentes continuent de contribuer à la stabilité en Côte d’Ivoire, le Conseil a également reconduit pour un an les sanctions concernant les opérations financières et les voyages, ainsi que l’importation de diamants bruts en provenance de Côte d’Ivoire.

En outre, en prorogeant jusqu’au 30 avril 2014 le mandat du Groupe d’experts, il a prié le Secrétaire général de prendre les mesures nécessaires pour soutenir le Groupe dans son action.

Cette résolution intervient dans un contexte marqué par des progrès considérables accomplis par le Gouvernement, a souligné le Représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des Nations Unies, M. Youssoufou Bamba. Il a insisté sur les progrès réalisés aux plans de la stabilisation de la situation sécuritaire, du dialogue politique et de la réconciliation nationale, ainsi que de la reprise économique.

La récente mission d’évaluation technique qui s’est rendue en Côte d’Ivoire a confirmé cet état de fait, comme cela est mentionné dans la résolution que vient d’adopter le Conseil, a-t-il assuré.

Le représentant a toutefois reconnu que des défis importants demeurent, qui exigent la poursuite des efforts en cours. Il a réaffirmé la totale disponibilité de son gouvernement à coopérer pleinement avec les Nations Unies, y compris avec le Groupe d’experts du Comité des sanctions, pour la mise en œuvre des mesures contenues dans la présente résolution, ainsi que les résolutions antérieures pertinentes.

Comme l’indique la résolution 2101 (2013), il a émis l’espoir que la contribution de ces mesures au renforcement de la stabilité de la Côte d’Ivoire permettra d’entrevoir, dans un proche avenir, une autre modification, voire la levée partielle ou totale du régime de sanctions concernant la Côte d’Ivoire.

LA SITUATION EN CÔTE D’IVOIRE

Lettre datée du 12 avril 2013, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1572 (2004) concernant la Côte d’Ivoire (S/2013/228)

Résolution 2101 du 25 avril 2013

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions antérieures et les déclarations de son président concernant la situation en Côte d’Ivoire, en particulier les résolutions 1880 (2009), 1893 (2009), 1911 (2010), 1933 (2010), 1946 (2010), 1962 (2010), 1975 (2011), 1980 (2011), 2000 (2011), 2045 (2012), et 2062 (2012),

Réaffirmant son ferme attachement au respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’intégrité territoriale et de l’unité de la Côte d’Ivoire, et rappelant l’importance des principes de bon voisinage, de non-ingérence et de coopération régionale,

Prenant note du rapport spécial du Secrétaire général daté du 29 mars 2012 (S/2012/186), du rapport de mi-mandat de 2012 (S/2012/766) et du rapport final de 2013 (S/2013/228) du Groupe d’experts des Nations Unies sur la Côte d’Ivoire,

Constatant que les mesures imposées par les résolutions 1572 (2004), 1643 (2005), 1975 (2011) et 1980 (2011) continuent de contribuer à la stabilité en Côte d’Ivoire et soulignant que ces mesures ayant pour but d’accompagner le processus de paix dans ce pays, il pourrait éventuellement modifier à nouveau ou lever tout ou partie de celles qui subsistent, en fonction des progrès accomplis en matière de démobilisation, de désarmement et de réinsertion ainsi que de réforme du secteur de la sécurité, de réconciliation nationale et de lutte contre l’impunité,

Se félicitant des progrès accomplis et des succès obtenus par la Côte d’Ivoire ces derniers mois dans le sens du retour à la stabilité, en faisant face aux problèmes de sécurité les plus urgents, en soutenant sa reprise économique et en renforçant la coopération internationale et régionale, notamment avec les Gouvernements ghanéen et libérien,

Saluant l’achèvement du cycle électoral enclenché par les accords de Ouagadougou, y compris les récentes élections législatives tenues dans six districts et les élections municipales organisées sur toute l’étendue du territoire, et encourageant le Gouvernement et l’opposition à s’acheminer résolument et d’un même pas vers la réconciliation politique et la réforme électorale pour garantir l’ouverture et la transparence du jeu politique,

S’inquiétant de la lenteur du processus de réconciliation et saluant les efforts consentis par tous les Ivoiriens pour soutenir la réconciliation nationale et la consolidation de la paix par le dialogue et la concertation, engageant la Commission Dialogue, vérité et réconciliation à achever ses travaux et à produire des résultats concrets d’ici au 30 septembre 2013, date d’expiration de son mandat,

Demeurant préoccupé par l’inachèvement de la réforme du secteur de la sécurité et du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), ainsi que par la circulation des armes, qui continuent de faire peser une lourde menace sur la stabilité du pays, et accueillant avec satisfaction les mesures positives prises dans le sens de la stabilité, notamment l’adoption de la stratégie nationale de réforme du secteur de la sécurité par le Conseil de sécurité national et la création d’une autorité unique chargée du programme de DDR,

Redisant le pressant besoin dans lequel se trouve le Gouvernement ivoirien d’entraîner et d’équiper ses forces de sécurité, et notamment de doter sa police et sa gendarmerie des armes et munitions nécessaires au maintien de l’ordre,

Soulignant de nouveau qu’il importe que le Gouvernement ivoirien soit en mesure d’apporter une réponse proportionnée aux menaces contre la sécurité de l’ensemble des citoyens de la Côte d’Ivoire et demandant au Gouvernement de veiller à ce que ses forces de sécurité demeurent fidèles à l’obligation de respecter les droits de l’homme et le droit international applicable,

Se félicitant de ce que le Gouvernement ivoirien ait continué de coopérer avec le Groupe d’experts créé initialement par le paragraphe 7 de la résolution 1584 (2004) à l’occasion de son mandat reconduit dernièrement par la résolution 2045 (2012), et l’encourageant à coopérer plus étroitement avec ce dernier,

Se félicitant des efforts que fait le Secrétariat pour étoffer et améliorer le registre d’experts du Service de ses organes subsidiaires, compte tenu des indications données par son président dans la note publiée sous la cote S/2006/997,

Se déclarant préoccupé par les constatations du Groupe d’experts concernant la prolifération d’une fiscalité illégale, la multiplication des postes de contrôle et de cas d’extorsion de fonds et l’insuffisance des moyens matériels et humains de police des frontières,

Se déclarant préoccupé également par la vaste contrebande de ressources naturelles, en particulier de cacao, de noix de cajou, de coton, de bois, d’or et de diamants exportés de Côte d’Ivoire ou importés dans ce pays en toute illégalité,

Rappelant ses résolutions 1325 (2000), 1820 (2008), 1888 (2009), 1889 (2009) et 1960 (2010) concernant les femmes, la paix et la sécurité, ses résolutions 1612 (2005), 1882 (2009), 1998 (2011) et 2068 (2012) concernant les enfants et les conflits armés, et ses résolutions 1674 (2006) et 1894 (2009) concernant la protection des civils en période de conflit armé,

Condamnant fermement une fois de plus toutes violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire en Côte d’Ivoire et condamnant toutes violences contre les civils, y compris les femmes, les enfants, les personnes déplacées et les étrangers, ainsi que toutes autres exactions ou atteintes aux droits de l’homme, soulignant que les auteurs de tels actes doivent être traduits en justice, devant des tribunaux internes ou internationaux, et engageant le Gouvernement ivoirien à continuer de coopérer étroitement avec la Cour pénale internationale,

Soulignant qu’il importe de doter le Groupe d’experts de ressources suffisantes pour lui permettre de s’acquitter de son mandat,

Considérant que la situation en Côte d’Ivoire continue de menacer la paix et la sécurité internationales dans la région,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

1. Décide que, jusqu’au 30 avril 2014, tous les États devront prendre les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert, directs ou indirects, d’armes et de matériel connexe à la Côte d’Ivoire, à partir de leur territoire ou par leurs ressortissants, ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur pavillon, que ces armes et ce matériel aient ou non leur origine sur leur territoire;

2. Rappelle que les mesures concernant les armes et le matériel connexe visées aux paragraphes 7 et 8 de sa résolution 1572 (2004) sont remplacées par les mesures visées aux paragraphes 2, 3 et 4 de la résolution 2045 (2012) et ne s’appliqueront plus ni à la fourniture de services de formation, de conseils et de compétences spécialisées en rapport avec les fonctions de sécurité et militaires, ni à la fourniture de véhicules civils aux forces de sécurité ivoiriennes;

3. Décide que les mesures imposées en vertu du paragraphe 1 ci-dessus ne s’appliquent pas:

a) Aux fournitures destinées exclusivement à l’appui de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et des forces françaises qui la soutiennent, ou à l’utilisation par celles-ci;

b) Au matériel militaire non létal destiné exclusivement à un usage humanitaire ou à des fins de protection, sur notification préalable au Comité créé par le paragraphe 14 de la résolution 1572 (2004);

c) Aux vêtements protecteurs, y compris les gilets pare-balles et les casques militaires, importés temporairement en Côte d’Ivoire par le personnel des Nations Unies, les représentants des médias et les agents humanitaires et du développement et le personnel associé, pour leur seul usage personnel;

d) Aux fournitures exportées temporairement en Côte d’Ivoire et destinées aux forces d’un État qui agit, conformément au droit international, exclusivement et directement pour faciliter l’évacuation de ses ressortissants et des personnes envers lesquelles il a des responsabilités consulaires en Côte d’Ivoire, sur notification préalable au Comité créé par le paragraphe 14 de la résolution 1572 (2004);

e) Au matériel de police non létal destiné à permettre aux forces de sécurité ivoiriennes d’utiliser une force appropriée et proportionnée afin de maintenir l’ordre, sur notification préalable au Comité créé par le paragraphe 14 de la résolution 1572 (2004);

f) Aux armes et autres matériels létaux destinés aux forces de sécurité ivoiriennes dans le seul but d’appuyer le processus de réforme du secteur de la sécurité ou d’être utilisés dans le cadre de ce processus, après accord préalable du Comité créé par le paragraphe 14 de la résolution 1572 (2004);

4. Décide que, pendant la période visée au paragraphe 1 ci-dessus, les autorités ivoiriennes notifieront au préalable au Comité tout envoi de matériel visé au paragraphe 3 e) ci-dessus ou solliciteront l’accord préalable du Comité pour tout envoi de matériel visé au paragraphe 3 f) ci-dessus, décide en outre que tout État Membre apportant une assistance peut, subsidiairement, notifier le Comité après avoir informé le Gouvernement ivoirien en vertu du paragraphe 3 e) de son intention de le faire, et souligne qu’il importe que ces notifications ou demandes préalables soient accompagnées de toutes les informations nécessaires, y compris l’utilisation à laquelle le matériel est destiné et l’utilisateur final, les caractéristiques techniques et le nombre d’articles à expédier ainsi que, le cas échéant, le fournisseur, la date envisagée de livraison, le mode de transport et l’itinéraire de transport;

5. Exhorte le Gouvernement ivoirien à permettre au Groupe d’experts et à l’ONUCI d’avoir accès aux équipements faisant l’objet de dérogations au moment de l’importation de ces équipements et avant qu’ils ne soient livrés aux utilisateurs finals, souligne que le Gouvernement ivoirien devra marquer les armes et les matériels connexes à leur entrée sur le territoire de la Côte d’Ivoire et en tenir un registre, et se déclare prêt à envisager une extension de la procédure de notification à toutes les dérogations à l’embargo, en fonction des progrès réalisés en matière de démobilisation, de désarmement et de réinsertion ainsi que de réforme du secteur de la sécurité;

6. Décide de reconduire jusqu’au 30 avril 2014 les mesures concernant les opérations financières et les voyages imposées aux paragraphes 9 à 12 de sa résolution 1572 (2004) et au paragraphe 12 de sa résolution 1975 (2011) et décide également de reconduire jusqu’à la même date les mesures interdisant l’importation par quelque État que ce soit de diamants bruts en provenance de Côte d’Ivoire imposées au paragraphe 6 de la résolution 1643 (2005), tout en se déclarant prêt à les réexaminer en fonction des progrès accomplis dans la voie de la mise en œuvre du Processus de Kimberley;

7. Décide de poursuivre l’examen des mesures visées aux paragraphes 1, 3 et 4 ci-dessus au regard des progrès réalisés en matière de stabilisation dans tout le pays à la fin de la période visée au paragraphe 1, en vue éventuellement de modifier à nouveau ou de lever tout ou partie des autres mesures prévues, en fonction des progrès accomplis en matière de démobilisation, de désarmement et de réinsertion ainsi que de la réforme du secteur de la sécurité, de réconciliation nationale et de lutte contre l’impunité;

8. Engage vivement le Gouvernement ivoirien à prendre les dispositions nécessaires en vue d’appliquer les mesures imposées au paragraphe 1 ci-dessus, notamment en en intégrant les dispositions pertinentes dans sa législation nationale;

9. Demande à tous les États Membres, et en particulier à ceux de la sous-région, d’appliquer intégralement les mesures énoncées aux paragraphes 1 et 6 ci-dessus;

10. Exprime sa profonde préoccupation devant l’instabilité qui règne à l’ouest de la Côte d’Ivoire, salue l’action coordonnée que mènent les autorités des pays voisins pour remédier à cette situation, en particulier s’agissant de la zone frontalière, et les encourage à poursuivre les efforts qu’elles déploient dans ce sens, y compris en renforçant le contrôle et l’échange d’informations et en menant des activités coordonnées, et en définissant et en appliquant une stratégie concernant leur frontière commune visant à favoriser le désarmement et le rapatriement d’éléments armés étrangers se trouvant des deux côtés de la frontière, ainsi que le retour volontaire des réfugiés;

11. Encourage l’ONUCI et la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) à continuer, dans les limites de leurs mandats, capacités et zones de déploiement respectifs, à coordonner étroitement l’assistance fournie aux Gouvernements ivoirien et libérien, respectivement, pour la surveillance de leur frontière, et se félicite du développement de la coopération entre le Groupe d’experts sur la Côte d’Ivoire et du Groupe d’experts sur le Libéria créé en application du paragraphe 4 de la résolution 1854 (2008);

12. Exhorte tous les combattants armés illégaux ivoiriens, y compris ceux se trouvant dans des pays voisins, à déposer immédiatement les armes, encourage l’ONUCI, dans les limites de son mandat, de ses capacités et des secteurs dans lesquels elle est déployée, à continuer d’aider le Gouvernement ivoirien à collecter et à entreposer ces armes et à enregistrer toute information pertinente les concernant, et demande au Gouvernement ivoirien, y compris à la Commission nationale de lutte contre la prolifération et le trafic illicite des armes de petit calibre et des armes légères, de veiller à ce que ces armes soient neutralisées ou ne soient pas distribuées illégalement, conformément à la Convention de la CEDEAO sur les armes légères, leurs munitions et autres matériels connexes;

13. Se félicite de la décision prise par le Gouvernement ivoirien de ratifier la Convention de la CEDEAO sur les armes légères et de petit calibre, leurs munitions et autres matériels connexes etencourage les acteurs concernés à apporter à ce dernier une assistance technique en vue de son application;

14. Rappelle que, dans le cadre du respect de l’embargo sur les armes, l’ONUCI a pour mandat de collecter, selon qu’il convient, les armes et tout matériel connexe introduits en Côte d’Ivoire en violation des mesures imposées en vertu du paragraphe 7 de la résolution 1572 (2004) telle que modifiée par les paragraphes 1 et 2 de la résolution 2045 (2012), et d’en disposer selon qu’il convient;

15. Redit qu’il est nécessaire que les autorités ivoiriennes assurent le libre accès du Groupe d’experts, ainsi que de l’ONUCI et des forces françaises qui la soutiennent, aux matériels, sites et installations visés à l’alinéa a) du paragraphe 2 de la résolution 1584 (2005), et à toutes les armes et munitions et tout matériel connexe de toutes les forces de sécurité armées, y compris les armes provenant de la collecte mentionnée plus haut aux paragraphes 11 ou 12, où qu’ils se trouvent et sans préavis le cas échéant, ainsi qu’il est dit dans les résolutions 1739 (2007), 1880 (2009), 1933 (2010), 1962 (2010), 1980 (2011) et 2062 (2012);

16. Réaffirme qu’il est déterminé à imposer des sanctions ciblées comme indiqué au paragraphe 10 de la résolution 1980 (2011);

17. Demande à tous les États concernés, en particulier ceux de la sous-région, de coopérer pleinement avec le Comité, et autorise celui-ci à solliciter tout complément d’information qu’il juge nécessaire;

18. Décide de proroger jusqu’au 30 avril 2014 le mandat du Groupe d’experts défini au paragraphe 7 de sa résolution 1727 (2006), et prie le Secrétaire général de prendre les mesures nécessaires pour soutenir le Groupe dans son action;

19. Prie le Groupe d’experts de présenter au Comité un rapport de mi-mandat pour le 15 octobre 2013 et de lui présenter, par l’intermédiaire du Comité et 30 jours avant la fin de son mandat, un rapport final et des recommandations sur l’application des mesures imposées au paragraphe 1 ci-dessus, aux paragraphes 9 et 11 de la résolution 1572 (2004), au paragraphe 6 de la résolution 1643 (2005), au paragraphe 12 de la résolution 1975 (2011) et au paragraphe 10 de la résolution 1980 (2011);

20. Décide que le rapport du Groupe d’experts visé à l’alinéa e) du paragraphe 7 de la résolution 1727 (2006) peut comprendre, selon qu’il conviendra, toutes informations ou recommandations susceptibles d’aider le Comité à désigner de nouvelles personnes ou entités répondant aux critères énoncés aux paragraphes 9 et 11 de la résolution 1572 (2004) et au paragraphe 10 de la résolution 1980 (2011), et rappelle les conclusions du rapport du Groupe de travail officieux sur les questions générales relatives aux sanctions (S/2006/997) concernant les meilleures pratiques et méthodes, dont les paragraphes 21, 22 et 23 du rapport, qui traitent des mesures susceptibles de clarifier les normes méthodologiques appliquées par les mécanismes de surveillance;

21. Prie le Secrétaire général de lui communiquer, s’il y a lieu, par l’intermédiaire du Comité, les informations recueillies par l’ONUCI et, si possible, examinées par le Groupe d’experts concernant la fourniture à la Côte d’Ivoire d’armes et de matériel connexe;

22. Prie également le Gouvernement français de lui communiquer, s’il y a lieu, par l’intermédiaire du Comité, les informations recueillies par les forces françaises et, si possible, examinées par le Groupe d’experts concernant la fourniture à la Côte d’Ivoire d’armes et de matériel connexe;

23. Prie en outre le Processus de Kimberley et d’autres organismes nationaux et internationaux compétents de coopérer étroitement avec le Groupe d’experts et à ses enquêtes concernant les individus et réseaux impliqués dans la production, le commerce et l’exportation illicite de diamants de Côte d’Ivoire, d’échanger régulièrement des informations à cet égard et de lui communiquer s’il y a lieu, par l’intermédiaire du Comité, des informations, concernant ces questions, et décidede renouveler les dérogations prévues aux paragraphes 16 et 17 de sa résolution 1893 (2009) concernant l’importation d’échantillons de diamants bruts à des fins de recherche scientifique, sous réserve que ces travaux de recherche soient coordonnés par le Processus de Kimberley;

24. Demande instamment aux autorités ivoiriennes d’élaborer et d’appliquer un plan d’action visant à faire respecter les conditions minima du Processus de Kimberley en Côte d’Ivoire et lesengage à procéder, en étroite collaboration avec le Système de certification du Processus de Kimberley, à un examen et une évaluation du système ivoirien de contrôles internes du commerce des diamants bruts et à la réalisation d’une étude géologique approfondie des ressources en diamants et de la capacité de production de la Côte d’Ivoire, en vue de modifier ou de lever éventuellement, selon qu’il conviendra, les mesures imposées au paragraphe 6 de la résolution 1643 (2005) conformément au paragraphe 6 visé plus haut;

25. Encourage les autorités ivoiriennes à participer au programme de mise en œuvre accueilli par l’OCDE sur le devoir de diligence pour une chaîne d’approvisionnement responsable en minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque et à prendre contact avec des organisations internationales en vue de profiter des enseignements tirés d’autres initiatives et pays qui se sont heurtés ou se heurtent à des problèmes similaires d’exploitation minière artisanale;

26. Demande aux autorités ivoiriennes de démanteler les réseaux de taxation illégaux, notamment en procédant à des enquêtes pertinentes et approfondies, de réduire le nombre de postes de contrôle et d’enrayer les cas d’extorsion de fonds sur toute l’étendue du territoire et leur demande également de prendre les mesures nécessaires pour rétablir et renforcer les institutions concernées, et d’accélérer le déploiement d’agents de douane et de police des frontières, dans le nord, l’ouest et l’est du pays;

27. Demande au Groupe d’experts d’évaluer l’efficacité des mesures prises et du contrôle des frontières dans la région, engage tous les États voisins à prendre conscience des efforts faits par la Côte d’Ivoire à cet égard et encourage l’ONUCI à aider les autorités ivoiriennes, dans les limites de son mandat, à rétablir les activités normales de contrôle douanier et de police des frontières;

28. Demande instamment à tous les États, aux organismes compétents des Nations Unies et aux autres organisations et parties intéressées, de coopérer pleinement avec le Comité, le Groupe d’experts, l’ONUCI et les forces françaises, notamment en communiquant tous renseignements dont ils disposeraient sur d’éventuelles violations des mesures imposées aux paragraphes 1, 2 et 3 ci-dessus, aux paragraphes 9 et 11 de la résolution 1572 (2004), au paragraphe 6 de la résolution 1643 (2005) et au paragraphe 12 de la résolution 1975 (2011), et demande au Groupe d’experts de coordonner ses activités, selon qu’il conviendra, avec tous les acteurs politiques;

29. Prie la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé et la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit de continuer de communiquer au Comité des informations sur ces questions conformément au paragraphe 7 de la résolution 1960 (2010) et au paragraphe 9 de la résolution 1998 (2011);

30. Demande instamment dans ce contexte à toutes les parties ivoiriennes et à tous les États, en particulier ceux de la région, de garantir :

– La sécurité des membres du Groupe d’experts;

– L’accès libre et immédiat du Groupe d’experts, en particulier aux personnes, documents et lieux, aux fins de l’exécution de son mandat;

31. Décide de demeurer activement saisi de la question.

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 20:19
Elections
© Abidjan.net par Didier ASSOUMOU
Elections municipales 2013: Ambiance dans la commune de Cocody
Dimanche 21 Avril 2013. Abidjan. Lycée Sainte Marie de Cocody. Jour de vote pour les élections municipales et régionales.

 

De graves incidents ont éclaté lundi à Abidjan et Yamoussoukro au lendemain des élections locales en Côte d’Ivoire, faisant plusieurs blessés, a-t-on appris de sources concordantes.

Dans la capitale politique Yamoussoukro, de jeunes partisans d’un candidat défait, dénonçant des "fraudes", ont protesté en barrant une route avec des pneus incendiés et des poubelles, a indiqué à l’AFP un journaliste local.

Ils se sont affrontés à la police qui a lancé des gaz lacrymogènes, faisant quatre blessés, a-t-il affirmé.

A Koumassi, quartier très disputé de la capitale économique abidjan, des militants ont également incendié des pneus, et la police s’efforçait de les disperser à l’aide de lacrymogènes, a constaté une journaliste de l’AFP.

Selon une source onusienne, plusieurs "fauteurs de troubles" venus intimider les électeurs à Koumassi avaient par ailleurs été arrêtés dimanche.

Une série d’incidents ont eu lieu dimanche soir à l’occasion du dépouillement des élections régionales et municipales.

Des urnes ont été détruites par "près de 200" casseurs à Treichville, quartier populaire du sud d’Abidjan, a déclaré à l’AFP Inza Diomandé, porte-parole de la Commission électorale indépendante (CEI). Ces casseurs "ont saccagé les bulletins de vote, les procès-verbaux et les urnes" puis sont revenus et ont emporté "les urnes restantes", a-t-il indiqué.

"Malheureusement les forces de l’ordre n’ont pas pu contenir les casseurs", a-t-il regretté.

Treichville était lors de ces municipales l’un des quartiers les plus disputés d’Abidjan entre les deux grands partis de la coalition gouvernementale, le Rassemblement des républicains (RDR) du président Alassane Ouattara et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ex-chef d’Etat Henri Konan Bédié.

Selon une source au sein de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), qui a appuyé les forces de sécurité ivoiriennes le jour du vote, "neuf communes" du pays ont été touchées à des degrés divers par des cas de destructions ou vols d’urnes.

Hormis ces incidents, le scrutin s’est globalement déroulé correctement, deux ans après la fin d’une crise post-électorale ayant fait environ 3.000 morts, selon les observateurs.

Les élections locales ont été boycottées par le parti de Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI).

Dans un communiqué, le FPI s’est félicité d’une participation qui s’annonce plutôt faible, y voyant un succès de son appel à bouder une "parodie électorale".

Selon le parti, la participation a oscillé "entre 13% et 15%".

Le taux de participation devrait plutôt se situer autour de 30%, a avancé la CEI, soulignant que ce chiffre correspond au niveau de mobilisation habituel pour des élections locales.

La commission estime pouvoir annoncer les résultats complets d’ici le milieu de la semaine.

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 19:48

La Côte d’Ivoire votait ce dimanche 21 avril pour des élections régionales et municipales, les premières depuis la crise post-électorale d'il y a deux ans. Au-delà des résultats, la question principale était celle de la participation.

 

A la fermeture des bureaux de vote, celle-ci est très faible, notamment à cause de l’appel au boycott du FPI. Dans l’un des six bureaux de vote du centre du groupe scolaire Les Aquarelles du nouveau quartier de Yopougon, à une demi-heure de la fermeture du scrutin, il y avait seulement 52 votants pour 368 inscrits, soit environ 15% de participation. 

 

Une participation à l’image de ce qui s’est passé ailleurs. Dans une dizaine de centres de vote visités à Abidjan, seuls 30% des électeurs se seraient déplacés. Quelques bureaux de vote, comme à Treichville, approchent les 40% de participation. Les autres électeurs n’ont pas manifestement pas entendu l’appel du président ivoirien.

 

Elections dans le calme


Peu avant midi, Alassane Ouattara avait exhorté ses compatriotes à aller voter. Mais à Yopougon, fief du FPI, c’était sans compter sur l’appel au boycott lancé par la direction du parti de l’ex-président Laurent Gbagbo. Des militants expliquaient que ces élections ne les concernaient pas.

Pour l’instant, aucun incident grave n’a été signalé. Seuls quelques problèmes de logistique ont provoqué des retards ce dimanche matin à l’ouverture du scrutin : absence d’encre indélébile, manque d’urnes, bulletins de vote mal aiguillés... Le temps perdu au début a souvent été récupéré à la fin de la journée. Les bureaux de vote ont en général fermé à 17h30, voire 18h, au lieu de 17h.

La sécurité de ces élections a été assurée par la police. Les FRCI et les gendarmes ne devaient intervenir qu’en cas d’incident grave, ce qui n’a pas été le cas. Les résultats complets de ces élections devraient être publiés d’ici le milieu de la semaine.

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 19:46

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les élections municipales n’ont pu se tenir, hier, dimanche 21 avril à Bettié. Elles ont plutôt été reportées. Les changements observés sur les bulletins de vote, notamment la modification de l’ordre de l’effigie des candidats, ont provoqué des mécontentements chez deux des trois candidats. Le candidat des républicains, Tano Manizan Etienne et l’indépendant Essueky Niamien à l’opposé de celui du PDCI, Atta Appia ont catégoriquement refusé de prendre part au scrutin malgré les conciliabules des autorités préfectorales et représentants départementaux de la commission électorale indépendante (CEI).

 

 

Les partisans de ces deux candidats ont érigé des barricades sur la voie et brulé des pneus pour empêcher le déroulement du scrutin. Face à cette fin de non recevoir de ces deux candidats, le préfet de région, Fadi Ouattara, appelé à la rescousse a décidé de reporter le scrutin électoral.

 

Les militants du PDCI pour qui la modification de l’ordre de l’effigie des candidats ne pose aucun problème ont violemment manifesté leur désapprobation à la décision de l’autorité administrative. Ils s’en sont pris aux urnes dont quelques unes ont été cassées.

 

L’appel à l’apaisement lancé par la chefferie traditionnelle, le corps préfectoral et les représentants locaux de la CEI locale a permis de ramener le calme dans la cité des hévéas, Bettié. Contrairement aux élections municipales, les Régionales opposant les candidats Abinan Pascal ,PDCI, et l’indépendant Wouadja Essay se sont tenues dans un climat apaisé.


LORNG Esmel

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 19:21

À l’aide des sources les plus fiables, notamment les archives nationales de la Côte d’Ivoire, la liste des membres des 38 gouvernements formés du 30 avril 1959 au 13 mars 2012, le Recensement général de la population et de l’habitat ainsi que la publication officielle La Côte d’Ivoire en chiffres, Loùkou, Kôkôtré et Siloué font une autre démonstration claire : « S’agissant de la marginalisation des nordistes sous Laurent Gbagbo, les faits, y compris ceux des régimes antérieurs, contredisent à tous points de vue les accusations portées par Alassane Dramane Ouattara. »

D’Houphouët-Boigny à Guéi, les « nordistes » ont occupé de 22 à 25 % des postes de ministre et ont la plupart du temps été au deuxième rang des ethnies représentées. Mieux encore, les auteurs soulignent que, pendant le mandat présidentiel de Laurent Gbagbo, « le principal mis en cause par Alassane Dramane Ouattara, les résultats épousent la tendance observée depuis le début, avec une percée fulgurante des Malinké (Mandé Nord) qui occupent la première place (62 nominations) devant les Baoulé (58 nominations) et les Bété (51 nominations) sur l’ensemble des 21 ethnies représentées aux gouvernements [successifs de] Laurent Gbagbo. »

Les auteurs démontrent en outre que « de toutes les régions du pays, le Nord est celle qui a le plus reçu de l’État de Côte d’Ivoire en matière d’appuis politico-financiers et culturels, précisément dans le cadre de la politique de réduction des disparités régionales. Sous ces différents rapports, Laurent Gbagbo a significativement œuvré à la promotion du Nord, alors que le pays était coupé en deux par une rébellion conçue et conduite par des ressortissants du Nord dont Guillaume Soro, Soumaïla Bakayoko, Ibrahima Coulibaly dit IB, Koné Zakaria, Wattao, etc. et pour le compte d’Alassane Dramane Ouattara lui-même, dixit Koné Zakaria en confession publique (lors d’un meeting) et volontaire » (idem, p. 12-13).

En conséquence, les rebelles et leur grand patron, Alassane Ouattara, n’avaient aucune raison légitime de s’attaquer par les armes à l’État ivoirien, et encore moins de faire subir à la Côte d’Ivoire une violence inouïe à partir du 19 septembre 2002.

Après avoir systématiquement diffamé Laurent Gbagbo pendant une décennie, la presse des pays de l’OTAN a jeté de l’huile sur le feu, pendant la crise postélectorale de décembre 2010 à avril 2011, en relayant diverses mises en scène destinées à faire croire au public que les « forces fidèles à Laurent Gbagbo » se livraient à des massacres. Il s’agissait essentiellement de justifier, aux yeux des contribuables qui paient les bombes de l’OTAN, les cruelles sanctions économiques et la funeste opération militaro-terroriste qui étaient déjà au programme.

L’opération militaire a donné lieu à des actes génocidaires planifiés par la France et l’ONUCI, notamment à Duékoué (voir la partie A du présent article). Quant aux sanctions, elles comprenaient l’interdiction de vendre des médicaments à la Côte d’Ivoire. Dans les deux cas, il s’agit de crimes contre l’humanité. Pourtant, on n’entend jamais les ONG occidentales réclamer que Sarkozy et Ban Ki-moon soient traduits devant la justice.

Dans leur plaidoyer en faveur du renversement de Gbagbo par la force, les médias ont notamment présenté une attaque préméditée des insurgés fortement armés de Ouattara, contre le siège de la télévision d’État, le 16 décembre 2010, comme une « manifestation pacifique » réprimée dans le sang par M. Gbagbo. Les Casques bleus de l’ONUCI avaient alors fourni un appui important aux insurgés, ce que les médias occidentaux n’avaient pas relevé.

Les médias ont aussi inventé des charniers inexistants et utilisé des figurants en parfaite santé qu’on a présentés comme des morts, notamment devant le siège de l’ONUCI, à Sebroko, et lors d’une marche de femmes le 3 mars 2011. Enfin, ils ont passé sous silence les manifestations aussi géantes que pacifiques d’appui au président Gbagbo tenues à Abidjan, par exemple, le 26 mars 2011.

Vu leur complicité enthousiaste dans le coup d’État électoral d’Alassane Ouattara et vu leur surdité devant les nombreuses protestations indignées des Québécois d’origine ivoirienne qui voyaient leurs proches disparaitre ou souffrir le martyre, Radio-Canada, La Presse, Le Devoir et les autres grands médias québécois se sont comportés comme une véritable arme de guerre de l’OTAN, dans la conquête des ressources de l’Afrique.

La part du butin obtenue par Ottawa

Comme dans n’importe quelle autre organisation criminelle, les barons de l’OTAN et leurs complices ad hoc se partagent le butin des crimes qu’ils commettent selon leur degré d’implication. Évidemment, le principal bénéficiaire du coup d’État en Côte d’Ivoire est la France, mais le Canada, État voyou ne manquant pas d’ambition néocoloniale, avait néanmoins des objectifs précis d’amélioration des bénéfices de certains actionnaires du gouvernement fédéral.

Poussés par les vrais patrons du Canada, à Bay Street, Stephen Harper et sa radiotélévision de propagande ont été parmi les plus pressés de féliciter Alassane Ouattara pour sa fausse victoire et d’accuser Laurent Gbagbo d’être un tricheur, avant la déclaration de Barack Obama et l’injonction de l’ultra-arrogant Nicolas Sarkozy, créature de l’oligarque Paul Desmarais haïe par beaucoup de Québécois. Dès le 4 décembre 2010, Stephen Harper avait fait cette déclaration truffée de gros mensonges et jamais remise en question par aucun parti politique aux Communes :

Le 28 novembre, la population de Côte d’Ivoire a voté lors d’élections présidentielles. Je félicite Alassane Ouattara pour sa victoire à cette occasion, une victoire confirmée par la Commission électorale indépendante, les Nations Unies et des observateurs accrédités [ah oui ?].

Le Canada exhorte toutes les parties du pays à respecter la volonté démocratique de la population ivoirienne et à effectuer une transition pacifique en faveur du gouvernement nouvellement élu. Nous sommes particulièrement préoccupés par des rapports récents de violence et par des couvre-feux imposés à la population.

Le gouvernement du Canada soutient fermement la population ivoirienne et son souhait d’instaurer une solution durable à la crise politique du pays. Le Canada continuera à travailler étroitement avec la communauté internationale afin que la volonté démocratique de la population ivoirienne soit respectée.

Le gouvernement du Canada soutenait la population ivoirienne ? Disons plutôt que le gouvernement du Canada avait l’intention de « soutenir » le terrorisme, au cas où la population ivoirienne refuserait d’obéir et de « transitionner » pacifiquement le pouvoir à l’usurpateur Ouattara. À l’intention de ceux qui pouvaient encore douter de la « victoire » de Ouattara, Radio-Canada appuya la déclaration de Harper : Yao N’Dré, le président du Conseil constitutionnel, était un « proche du président sortant Laurent Gbagbo ». Voilà qui expliquait et justifiait tout, n’est-ce pas ? Quiconque est soupçonné d’un hypothétique copinage mérite d’être massacré. Et dans le copier-coller pédagogique radiocanadien, les partisans de Ouattara commençaient déjà à mettre le feu à des pneus pour la galerie.

Par la suite, les crimes des partisans de Ouattara n’ont pas été seulement des mises en scène pour la galerie. Dès le 16 décembre, comme je l’ai indiqué précédemment, des rebelles lourdement armés tentèrent de s’emparer de la RTI, la télévision d’État ivoirienne. Certains, habillés en civil, se mêlèrent aux manifestants invités à participer à une « marche » et s’en servirent comme boucliers humains, sous les regards approbateurs de Ouattara, installé tranquillement à l’Hôtel du Golf et protégé par les Casques bleus de même que par quelques policiers de la Sûreté du Québec, y compris un dénommé Jérôme Filion.

Le commando invisible d’Ibrahim Coulibaly, qui sera exécuté plus tard par les hommes de son rival Guillaume Soro, au cours d’un règlement de compte typique de n’importe quelle pègre, procédait, dans le quartier Abobo, à divers attentats terroristes contre les membres des forces de sécurité, contre le personnel et les infrastructures de l’État et contre les ethnies perçues comme favorables à Laurent Gbagbo, sous les yeux des ambassades occidentales, y compris celle d’Ottawa, qui était sans doute parfaitement au courant de la situation réelle. Dans d’autres quartiers, c’étaient les Casques bleus qui répandaient la terreur sous prétexte que la population locale, non armée, faisait entrave à leur travail en érigeant des barrages pour dissuader les terroristes et les autres bandits sévissant partout. Les véhicules et les aéronefs de l’ONUCI ont été abondamment utilisés pour transporter les rebelles et leurs armes.

Qu’à cela ne tienne ! Ottawa décida de financer le commando invisible en fournissant de l’argent — au moins un million et demi de dollars — au « gouvernement Ouattara » pour l’aider à « ramasser les ordures » et à faire face à l’urgence « humanitaire », selon le « ministre » de la rébellion Patrick Achi et la journaliste Sophie Langlois. Évidemment, si Ottawa dépensait ainsi l’argent des contribuables, c’était dans l’espoir d’obtenir un généreux retour sur l’investissement. Pas pour les contribuables, bien sûr, mais pour les multinationales néocoloniales de l’Ouest canadien.

Canadian Natural Resources (CNR), une société basée à Calgary, exploitait déjà, depuis 2003, des plateformes extracôtières dans la zone économique de la Côte d’Ivoire, pour extraire le pétrole du golfe de Guinée, très recherché à cause de sa grande qualité et sa facilité d’extraction. Qui retrouvons-nous, entre autres, au conseil d’administration de CNR ? Deux fossoyeurs notoires de l’accord du lac Meech, respectivement ex-premiers ministres du Manitoba et du Nouveau-Brunswick, Gary Filmon et Frank McKenna.

Les nominations dans divers conseils d’administration et l’enrichissement personnel qui en résulte font partie des récompenses accordées par le grand capital de Bay Street aux marionnettes politiques qui ont su augmenter ses bénéfices. Un jour, ce sera le tour de Stephen Harper d’être récompensé. Soit dit en passant, Frank McKenna, également vice-président du groupe financier de la Banque TD, est membre du club sélect international de grands magouilleurs Bilderberg.

Vu l’appétit insatiable des pétrolières et des autres pillards du genre pour le rendement par action, CNR et son valet Harper salivaient à l’idée d’installer au pouvoir un néolibéral convaincu et ancien directeur du FMI comme Ouattara. Et ce même Ouattara ne les a pas déçus. Il s’est montré reconnaissant pour la généreuse aide canadienne au commando invisible. Le 21 février 2012, la société française Total, dont la famille de l’oligarque Desmarais est actionnaire de référence, annonce qu’elle obtient trois permis d’exploitation du pétrole extracôtier, en Côte d’Ivoire, à des conditions avantageuses. Elle se partagera les bénéfices avec la société étasunienne Anadarko et avec… CNR. Une séance de signature officielle pour célébrer les contrats de bradage est organisée non pas devant les médias et le public ivoiriens, mais à l’ambassade de la Côte d’Ivoire à Paris.


En février 2012, moins d’un an après le renversement de Laurent Gbagbo, Paul Desmarais et Total obtiennent 54 % des bénéfices d’exploitation relatifs au permis CI-514, tandis que Gary Filmon, Frank McKenna et Canadian Natural Resources en obtiennent 36 %. Conformément au dogme néolibéral, la société d’État Petroci et le peuple ivoirien doivent se contenter de 10 %, une part substantiellement moindre que ce qui était négocié du temps de Laurent Gbagbo.

Total et les Desmarais sont omniprésents en Afrique, par exemple à Accra, au Ghana, où ils revendent aux Africains leur pétrole, avec un généreux profit.
En bon préfet qu’il est, Ouattara passe de longs moments en France. Il semble préférer ce pays à celui qu’il est censé gouverner. Il reçoit à Paris la confirmation des consignes que lui donnent les conseillers français de son entourage, à Abidjan. Et, pour qu’il puisse plus rapidement mettre en application ces consignes, il a fait convoquer l’Assemblée nationale le 8 avril 2013 en vue d’y faire adopter une loi lui permettant de se passer dorénavant des députés et de gouverner par des ordonnances, comme un vrai dictateur. Même si la coalition qui l’appuie détient la majorité absolue à l’Assemblée nationale, Ouattara ne veut pas risquer de soulever l’indignation des élus du pays, même les plus serviles, devant le solde de liquidation auquel il procédera bientôt, comme en 1990, à l’époque où, fraichement sorti du FMI, il occupait le poste de premier ministre d’Houphouët-Boigny.



Évidemment, cette liquidation se passera loin de l’oeil des caméras, comme il en est toujours ainsi lorsque l’Afrique est pillée. Radio-Canada ne s’y intéressera aucunement, à plus forte raison si des sociétés canadiennes en profitent. Dans son éditorial du 12 avril 2013 (p. 5), le journaliste Philippe Brou, du Nouveau Courrier, nous explique, en s’appuyant sur de l’information tirée de la lettre confidentielle Africa Mining Intelligence, que ce sont les institutions de Bretton Woods, soit la Banque mondiale et le FMI, qui font comme d’habitude le chantage nécessaire au moyen des taux d’intérêt et des promesses de fausse annulation de la dette.

Tout chef d’État docile comprend qu’il doit se servir de l’épouvantail agité par la haute finance pour soit réduire les services, soit augmenter les tarifs, soit alléger les impôts des multinationales. Dans ce cas précis, un nouveau Code minier et un nouveau Code foncier rural seront décrétés en Côte d’Ivoire pour augmenter les profits des sociétés étrangères. Ouattara, Charest et Harper : même combat.

Pendant que Ouattara gambade sur les Champs-Élysées, son dauphin, le président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, parcourt lui aussi le monde et laisse ses conseillers gérer les affaires courantes, comme traiter les opposants politiques de terroristes « à éradiquer », dans son blogue. L’ancien secrétaire général des Forces nouvelles et responsable des atrocités ayant endeuillé la Côte d’Ivoire à partir du 19 septembre 2002 traine derrière lui un lourd passé de chef de guerre, mais cela ne l’empêche pas de visiter le Québec sans être inquiété le moins du monde.

Comme je l’écrivais dans « Le mégasyndicat international du crime – 2e partie », Guillaume Soro est venu à Québec pour la 127e assemblée de l’Union interparlementaire, du 21 au 26 octobre 2012, sans qu’Ottawa ne s’émeuve de la présence, sur le territoire canadien, d’un meurtrier de masse notoire, ce qui est somme toute normal puisqu’Ottawa lui-même commandite des crimes de masse. Mais, le comble, c’est que, le 27 octobre, Soro s’est pointé à l’hôtel Château Champlain de Montréal, où il avait réservé une salle pour y recevoir des membres québécois de la diaspora ivoirienne. Évidemment, il n’était pas question pour lui d’utiliser un bâtiment public pour ce faire, car il aurait été obligé d’y admettre tout le monde. À l’hôtel, son service de sécurité pouvait faire le tri.

Tout de même, je m’étais dit que j’entrerais incognito et que j’en profiterais pour poser quelques questions sous l’oeil des caméras. Après tout, qu’est-ce qu’un chef de guerre pouvait bien avoir à craindre d’un simple journaliste citoyen ? J’étais presque dans la salle lorsqu’un informateur m’a pointé du doigt, sans doute alerté par la présence, non loin de moi, de partisans de Laurent Gbagbo venus, eux aussi, poser quelques questions à Soro.

Alors, pendant que les partisans de Laurent Gbagbo essayaient de négocier leur entrée dans la salle, trois ou quatre policiers du SPVM m’ont rapidement encerclé et m’ont escorté hors de l’hôtel, comme si j’avais été moi-même un danger public. J’ai eu à peine le temps de protester. Vous vous rendez compte ? Le SPVM accourant à la rescousse d’un chef de guerre pour lui éviter des questions embarrassantes dans mon pays, qui se dit démocratique. Au moins, la preuve est faite : il n’y a rien comme la vérité pour faire peur aux menteurs.

*Communauté internationale™ est une marque de commerce de l’OTAN.

Images de la démocratie



Réfugiés venant s’inscrire à la commission ghanéenne des réfugiés, à Accra. Par l’intermédiaire de l’ACDI, Ottawa envoie de l’aide au Ghana, mais pas aux réfugiés ivoiriens qui sont au Ghana. Après avoir provoqué la crise des réfugiés avec ses partenaires de l’OTAN, Ottawa abandonne ces dizaines de milliers de personnes à leur sort. Pour Ottawa, les crises humanitaires n’ont de l’importance que lorsqu’une multinationale ayant pignon sur Bay Street peut en tirer profit.

La vie de réfugié est une vie de fugitif. Les réfugiés savent que ceux qui ont tué tantôt un voisin, tantôt un membre de leur famille et qui se sont emparés de leurs terres, de leur maison et de leurs autres biens sont de vrais fauves en liberté. Les frontières entre les pays d’Afrique de l’Ouest sont poreuses. En fait, c’est la libre circulation des personnes entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. Donc, une délégation de rebelles peut facilement rendre visite à des réfugiés pour régler ses comptes. Plusieurs réfugiés m’ont indiqué ne pas être du tout rassurés à cet égard, et ils ont raison d’être inquiets.



Ma visite au camp Ampain de réfugiés ivoiriens. Au moment de mon séjour au Ghana, les réfugiés continuaient d’arriver au camp de transit Eagle Star, près de la municipalité d’Elubo, à la frontière de la Côte d’Ivoire, et d’être envoyés dans les autres camps. Ils étaient déjà 4 600 au camp Ampain. À part Eagle Star et Ampain, des réfugiés ivoiriens se trouvent dans trois autres camps. D’autres réfugiés logent ailleurs que dans les camps. Un nombre important de réfugiés se trouvent au Liberia, à la frontière ouest de la Côte d’Ivoire.

Lorsque je suis arrivé au camp Ampain, il n’y avait pas eu de distribution de vivres aux réfugiés pendant une période anormalement longue, de sorte que la nourriture commençait à manquer. Kelly Forson, le directeur du camp, m’a expliqué que ce retard était causé bêtement par les suspicions de détournement d’aide du Programme alimentaire mondial. Apparemment, certains réfugiés ayant quitté le camp sans prévenir, le décompte lors d’une vérification a indiqué une population légèrement inférieure, ce qui a provoqué un arrêt immédiat des livraisons, le temps que les administrateurs du Programme fassent enquête. M. Forson m’a confié que, devant le désarroi de certains réfugiés, notamment des mères de famille ayant beaucoup de bouches à nourrir, il avait quelques fois puisé dans son argent personnel de modeste salarié pour les aider.



De loin, le camp a l’air d’un terrain de camping, mais la vie y est dure. La sécurité des camps est toute relative. Quand je suis arrivé au camp Ampain, j’ai été surpris de voir jusqu’à quel point il était facile d’y entrer. Le camp n’est pas clôturé. Il s’y trouve un poste avec une poignée de policiers très courtois, mais c’est loin d’être suffisant pour contrôler les allées et venues. Or, ce manque de contrôle est à l’origine d’au moins un drame important.

En effet, le 28 mars 2012 vers 2 heures du matin, un rebelle repenti, du nom d’Adama Champion, a été assassiné au camp Eagle Star, à Elubo. Les assassins ont mis le feu à sa tente en pleine nuit. Pourquoi ? Parce qu’Adama Champion avait témoigné dans Le Nouveau Courrier à propos de l’affaire Guy-André Kieffer, un Français porté disparu en 2004 en Côte d’Ivoire. Adama Champion avait livré une version totalement différente des faits de celle qu’aimait répandre la presse française et qui accablait Laurent Gbagbo et sa femme. Témoin important des faits, il accusait des responsables du RDR, le parti d’Alassane Ouattara, d’avoir assassiné Guy-André Kieffer. Ceux qui avaient intérêt à le faire disparaître y sont arrivés, et ce, en plein camp de réfugiés.


L’école du camp. Des réfugiés enseignent bénévolement aux enfants, mais ont peu de matériel.

Les tentes étant très rapprochées les unes des autres, les réfugiés n’ont aucune intimité.

Un réfugié transporte du bois pour bâtir des structures rudimentaires.

La vie familiale dans un camp de réfugiés, avec le strict minimum vital.

Aucun matelas n’est fourni dans les tentes. Les réfugiés doivent s’y entasser et dormir à même le sol.


Avant de me rendre au Ghana, j’avais déjà fait la connaissance d’un réfugié par courriel. Il s’agit de François Kouaho, maire de la ville d’Alépé, à 45 km au nord-est d’Abidjan. François fait partie des réfugiés qui vivent dans la peur constante de recevoir la visite des hommes de Ouattara. Réquisitionnée par les rebelles, sa résidence est devenue le QG local des FRCI, qui y ont même érigé un mât et hissé un drapeau. Tous ses biens ont été confisqués. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il était un dirigeant local et qu’il s’était affiché comme partisan de Laurent Gbagbo, lors d’une campagne électorale présidentielle tout ce qu’il y a de plus pacifique. Il entretenait même des relations cordiales avec les partisans d’Alassane Ouattara.



François Kouaho, maire d’Alépé, participe à la campagne présidentielle de 2010 dans sa région. Il porte un chandail à l’effigie du candidat qu’il appuie, Laurent Gbagbo. Aujourd’hui, M. Kouaho vit dans un camp de réfugiés pour délit d’opinion.

François était cadre dans les chemins de fer et maire d’Alépé. Il a travaillé pendant 29 ans pour SITARAIL (propriété du groupe Bolloré). Il gagnait honnêtement sa vie, et sa résidence n’avait pas l’air d’une case. Du jour au lendemain, il doit tout abandonner et fuir avec femme et enfants pour se retrouver dans une tente, avec les serpents et les scorpions.

La fille de François est malade, et il a perdu la trace de son deuxième fils, qui a peut-être été capturé, torturé ou tué par les FRCI, dont l’un des passe-temps favoris est d’humilier et de maltraiter les gens appartenant aux ethnies généralement favorables à Laurent Gbagbo. Les hommes d’Alépé sont particulièrement visés par ces jeux sordides, puisque cette ville est un bastion du FPI.



François Kouaho, maire d’Alépé, accueille dans sa préfecture la femme du président Laurent Gbagbo, Simone Ehivet Gbagbo, à l’occasion de la campagne présidentielle de 2010. Capturée et brutalisée le 11 avril 2011, Mme Gbagbo est détenue sans procès à Odienné depuis ce jour.

La mère de François, âgée de 76 ans, souffre d’hypertension. Demeurée au pays jusqu’en mars 2012, elle a dû subir les perquisitions incessantes des FRCI qui « cherchaient des armes » chez elle. Évidemment, ni François, ni sa mère ne cachaient des armes. Ce n’est qu’un prétexte de harcèlement souvent employé par les FRCI. La mère de François a fini par être gravement malade et c’est à ce moment qu’il l’a fait sortir de la Côte d’Ivoire, malgré l’âge de la pauvre femme et le peu de ressources dont il dispose.



Serges Kassy est un sympathique et néanmoins combatif chanteur et résistant ivoirien, vedette dans son pays au même titre qu’Alpha Blondy, mais pas pour les mêmes raisons. Les paroles de ses chansons sont sincères, et non « hypocrites ». Les oeuvres de Serges comprennent le classique « Min Révolté » et l’incisive chanson « C’est vous », dont il m’a fait entendre l’enregistrement en primeur le jour de notre rencontre.



Amara Touré et Justin Katinan Koné, deux ministres du gouvernement du premier ministre Gilbert Marie Aké N’Gbo, formé par Laurent Gbagbo après sa victoire à l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. M. Touré était ministre du Commerce. Militant du FPI depuis octobre 1989, juriste et diplômé de l’École nationale d’administration, M. Koné était ministre délégué chargé du budget. Aujourd’hui, c’est lui le porte-parole officiel du président Laurent Gbagbo.

Le gouvernement Ouattara traque sans arrêt M. Koné, notamment par une procédure d’extradition intentée au Ghana. Cette procédure est sans fondement puisqu’à l’instar des autres membres du gouvernement Aké N’Gbo, M. Koné n’a commis aucun crime, à moins que respecter la Constitution et les institutions de son pays ne soit désormais considéré comme un crime dans la nouvelle conception de la démocratie de la communauté internationale™. Rien n’est impossible en ce bas monde.

Les « crimes » reprochés au gouvernement Aké N’Gbo sont entre autres des « crimes économiques », expression qui me fait toujours sourire lorsque je l’entends dans la bouche de Ouattara et de ses suiveurs. Il est certain que, dans l’optique néolibérale radicale de Ouattara, vouloir s’affranchir de l’esclavage de la Banque mondiale, du FMI, de Wall Street et du franc CFA est un crime.

Peu avant les bombardements français contre l’admirable résistance ivoirienne, le gouvernement Aké N’Gbo avait nationalisé les banques privées qui avaient fermé leurs portes sur l’ordre de Paris et de Bruxelles et qui empêchaient les Ivoiriens de disposer de leur argent depuis plusieurs semaines. Les gens ne pouvaient plus faire leurs emplettes, et les employeurs ne pouvaient plus payer leurs employés. À l’instar de l’embargo sur les médicaments, ces mesures ont fait partie des crimes commis par l’OTAN en Côte d’Ivoire. Le gouvernement Aké N’Gbo s’apprêtait aussi à doter le pays de sa propre monnaie, ce qui est un péché mortel dans la sainte Église néolibérale.



Médecin de profession et syndicaliste, Adou Assoa a été ministre de la Construction et de l’Urbanisme, ministre des Eaux et des Forêts et ministre de la Défense dans les gouvernements formés par Laurent Gbagbo, jusqu’en 2005. À partir de cette année-là, il a cessé d’être ministre et est devenu député et conseiller spécial du président.

Comme le raconte Laurent Gbagbo lui-même dans le film Un homme une vision, de la cinéaste Hanny Tchelley, c’est dans la chambre d’étudiant d’Assoa Adou, à Strasbourg, que fut créée, en 1969, la cellule marxiste à l’origine du Front populaire ivoirien (FPI). La cellule comptait alors quatre hommesles deux autres étant Bernard Zadi Zaourou et Amadou Traoré. De cette cellule sont nées, en Côte d’Ivoire, une multitude de cellules syndicales ayant pour but de donner une voix au peuple bâillonné par la loi du parti unique d’Houphouët-Boigny.



Selon Human Rights Watch, Laurent Gbagbo « devrait répondre de ses actes devant la justice internationale ». Mais qu’en est-il des deux autres personnages sur cette photo diffusée le 11 avril 2011 ? Les connaissez-vous ?

Juste derrière le président Gbagbo se trouve Issiaka Ouattara, surnommé Wattao. C’est l’un des chefs de guerre des Forces nouvelles responsables d’innombrables crimes. Wattao était un « comzone ». Il commandait la zone de Séguéla, où se trouvent des mines de diamant. Donc, il avait pour tâche notamment de faire la contrebande des « diamants du sang », c’est-à-dire d’empocher les profits de la vente de ces diamants pour acheter les armes servant à massacrer les Ivoiriens. Human Rights Watch n’a pas l’air de s’inquiéter outre mesure des crimes de Wattao, qui sont pourtant bien connus.


À l’arrière-plan se trouve un illustre inconnu dont l’identité nous a été cachée jusqu’à ce que, dans son livre Côte d’Ivoire : Le Coup d’État, l’écrivain Charles Onana nous apprenne que cet homme était un caméraman de l’armée française. Pendant la capture de Laurent Gbagbo, c’est la force Licorne qui filmait ! En ayant leur propre caméraman sur les lieux et en interdisant la présence d’autres caméras, les Français pouvaient s’assurer qu’aucune image compromettante ne serait diffusée et que le son serait coupé pour qu’on n’entende pas justement Laurent Gbagbo s’adresser à la caméra et dire que c’était la France qui était passée tout près de l’assassiner et qui, après d’intenses bombardements de sa résidence, l’avait capturé et remis aux rebelles.

Human Rights Watch ne semble pas non plus se faire du souci concernant les crimes de la force Licorne en Côte d’Ivoire, y compris l’enlèvement du chef d’un État souverain et le meurtre de milliers de personnes massacrées par l’armée française ou les rebelles appuyés par elle.

Cette photo illustre donc la duplicité des ONG occidentales, qui doivent dénoncer les violations des droits de l’homme pour maintenir leur crédibilité, mais qui mettent cette crédibilité au service des objectifs stratégiques de l’OTAN, lorsque l’ordre leur en est donné. Voici un autre exemple de la malhonnêteté de Human Rights Watch.


Dans son rapport Transformer les discours en réalité, publié le 4 avril 2013, Human Rights Watch affirme ceci : « en dépit de liens évidents entre l’impunité profondément enracinée dont jouissent les groupes armés et les atrocités généralisées, le gouvernement Gbagbo ne considèrera jamais la lutte contre l’impunité comme une priorité. […] lorsqu’il devient évident que la CPI enquêtera tant sur les crimes perpétrés par les forces pro-Gbagbo que sur ceux commis par les Forces Nouvelles, le gouvernement ne cessera de contrecarrer les efforts déployés par la CPI pour […] mener des enquêtes ».

Human Rights Watch omet de dire qu’à partir des accords de Marcoussis, en 2003, les Forces nouvelles et le RDR — c’est-à-dire les rebelles et leur mentor Ouattara — faisaient partie du gouvernement et détenaient des ministères clés, qui auraient pu mener des enquêtes ou faciliter la tâche de la CPI. Ces ministères étaient ceux de l’Intérieur, de la Défense et de la Justice.


De 2003 à 2006, la ministre de la Justice était Henriette Diabaté, numéro deux du parti de Ouattara, le RDR. L’une des premières décisions de Mme Diabaté a été de dissoudre la commission chargée de faire la lumière sur le « charnier de Yopougon », que Human Rights Watch et les partisans de Ouattara ont maintes fois imputé à Gbagbo. De 2006 à 2010, le ministère de la Justice a été confié aux Forces Nouvelles, plus précisément à Mamadou Konè, qui avait été directeur de cabinet de Mme Diabaté de 2003 à 2004. En mai 2011, Mamadou Konè a été nommé président de la Cour suprême par Ouattara… sans doute pour avoir bien veillé à ce qu’aucune enquête embarrassante n’ait lieu.

Par conséquent, si les enquêtes étaient « contrecarrées », comme le prétend Human Rights Watch, ce n’était pas à cause de Gbagbo, mais à cause des rebelles qu’il avait accepté d’intégrer à son gouvernement, dans un esprit de réconciliation nationale. Ce sont les ministres de la rébellion à la solde de Ouattara qui ont fait obstacle à la justice. Pas Gbagbo.


Du site " Survie"  du Canadien Bernard Desgagné.

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 19:16
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Voir la partie A de l’article)

En aout et en septembre 2011, je suis allé seul et à mes frais pendant un mois au Ghana, pays voisin à l’est de la Côte d’Ivoire. J’ai pu rencontrer là-bas des Ivoiriens forcés de s’exiler. En plus de parler à de nombreux réfugiés, dans les camps et à l’extérieur, j’ai pu m’entretenir avec le coordonnateur de programme à la commission ghanéenne des réfugiés (Ghana Refugee Board), M. Tetteh Kwao Padi, ainsi qu’avec M. Kelly Forson, directeur du camp de réfugiés Ampain, près du village d’Esiama, dans le Sud-Ouest du Ghana. Le camp se trouve également non loin de la municipalité de Nkroful, lieu de naissance de Kwame Nkrumah, père de l’indépendance du Ghana. D’autres camps de réfugiés ivoiriens se trouvent au Libéria et au Togo, et des Ivoiriens vivent en exil forcé dans beaucoup d’autres pays.

L’afflux de réfugiés ivoiriens dans les pays voisins a commencé en février 2011. Les réfugiés sont de toutes les classes sociales. J’ai rencontré des agriculteurs, des militaires, des étudiants, des enseignants, des ménagères, des commerçants, des fonctionnaires, des élus municipaux et des ministres. Ils ont dû fuir leur pays par crainte d’être persécutés ou tués en raison de leur appartenance ethnique ou politique ou même en raison de leur appartenance à un groupe social.


Par exemple, un étudiant universitaire du quartier de Yopougon, à Abidjan, m’a dit qu’il avait fui après avoir vu des membres des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) contrôler les cartes d’identité, pour repérer les gens appartenant aux « mauvaises ethnies » et procéder à des arrestations massives. Ces arrestations ont donné lieu à des détentions arbitraires prolongées, à de la torture et à des exécutions sommaires, au vu et au su d’Alassane Ouattara et de la communauté internationale™.


Contrôle ethnique des cartes d’identité par les FRCI à Abidjan en avril 2011

Descente des FRCI dans une cour commune du quartier Riviera d’Abidjan, en avril 2011

Détentions arbitraires dans des conditions inhumaines 
par les FRCI, à Abidjan, en avril 2011


Exécution sommaire par les FRCI d’Alassane Ouattara à Abidjan, en avril 2011

Les Ivoiriens qui se trouvent dans les camps de réfugiés souffrent beaucoup de leur exil, notamment de privations matérielles, sanitaires et alimentaires. Mais ils n’osent pas rentrer dans leur pays par crainte de subir le même sort que les déplacés de Nahibly. Ils ont perdu leurs biens, leurs terres, leurs économies et leur travail. Leurs habitations ont été détruites ou confisquées.

Les médicaments et les traitements médicaux sont insuffisants ou ne sont pas disponibles. Les enfants n’ont pas accès à un système d’éducation normal. Les adolescents et les jeunes adultes sont désoeuvrés et tombent facilement dans la consommation de drogue et la prostitution. Les témoins de crimes graves et les personnes les plus impliquées politiquement se savent très menacées par le gouvernement, les tueurs à gages, les tortionnaires et les pantins judiciaires d’Alassane Ouattara.

Un problème entièrement attribuable à Ouattara, ses rebelles et ses commanditaires

M. Padi, le coordonnateur de programme, m’a indiqué premièrement que le problème des réfugiés ivoiriens au Ghana était survenu en même temps qu’Alassane Ouattara s’emparait du pouvoir par la force. Un petit nombre de réfugiés sont d’abord arrivés au début de 2003, après le déclenchement de la guerre civile. Il n’y avait jamais eu de réfugiés ivoiriens au Ghana avant cette année-là. Mais ce n’est qu’en février 2011 que les réfugiés ont commencé à affluer. M. Padi m’a confirmé aussi que tous les réfugiés appartenaient aux ethnies considérées comme favorables à Laurent Gbagbo, par exemple, les Wê, les Bété et les Attié, ou étaient associés au Front populaire ivoirien.

Certaines personnes pourraient croire que les Malinké et les autres partisans de Ouattara n’ont pas eu à vivre en exil parce qu’à partir de septembre 2002, les rebelles régnaient sur la zone CNO (Centre, Nord et Ouest) de la Côte d’Ivoire. Toutefois, cette perception est fausse. En fait, les partisans de Ouattara ne souffraient d’aucune persécution dans la zone gouvernementale, et ils y vivaient nombreux, à l’instar de Ouattara lui-même, qui disposait d’ailleurs d’une généreuse rente d’ancien premier ministre et de toute la latitude voulue pour s’organiser politiquement.


À l’inverse, il ne faisait pas bon vivre dans la zone CNO pendant les huit années où les chefs de guerre y faisaient la loi. Les seuls à se plaire là-bas étaient probablement les chefs eux-mêmes, leurs hommes et leurs complices, qui s’engraissaient avec le racket et la contrebande et qui avaient ravagé l’administration et les services publics. Voici, à ce sujet, la description de la vie dans la zone des rebelles que fait George Peillon, ancien porte-parole de la force Licorne, envoyée par la France pour « s’interposer » et toujours présente en Côte d’Ivoire aujourd’ hui :

Le problème de la zone nord, c’est qu’il n’y avait plus d’organisation administrative […] Comme les bandes armées des Forces nouvelles avaient pillé tout ce qui représentait l’administration […] on arrivait à trouver dans le marché de Bouaké des beignets emballés dans des extraits de naissance. […] c’était aussi un moyen, en écrasant toute forme d’administration, de semer le désordre et la zizanie, et de faire continuer une instabilité chronique militaire, sécuritaire, dans toute la moitié nord du pays. […]

Comme il n’y avait aucun contrôle de l’administration […] c’était une espèce d’anarchie totale, la Banque de Bouaké a été mise à sac, puis après la Banque de Man dans l’Ouest du pays. Des millions de FCFA ont été dispersés dans la nature. Il fallait que nous parvenions à négocier avec des gens qui étaient responsables de ces mises à sac. […]

Est-ce que c’était des voleurs, des violeurs et des pilleurs ou des vrais combattants […] Mon avis c’est que c’était tout sauf des combattants. Et qu’ils ont absolument mis à sac la partie nord du pays. Je me souviens très bien d’être allé dans le Nord-Est de la Côte d’Ivoire, dans une ville qui s’appelle Bouna, où c’était absolument la terreur qui régnait. C’était une bande armée qui faisait régner un semblant d’organisation. Et la population était effarée, terrée chez elle. C’était des exécutions sommaires. Dans le Nord du pays, c’est le porte-parole de l’ONU qui me le disait à l’époque, on a retrouvé des conteneurs remplis de prisonniers exposés en plein soleil.

[…] je dis souvent que la zone nord était une zone de non-droit, une terra incognita. Pendant des semaines, on ne savait plus ce qui se passait dans le Nord. C’était quand même assez inquiétant. […] De temps en temps, il y avait des circulations de bus qui allaient d’une zone à une autre. Mais les gens étaient rackettés systématiquement dès qu’ils passaient la zone de confiance. Je pense sincèrement que le président Gbagbo a toujours voulu construire, maintenir l’unité du pays. Et que c’était son objectif, qu’il n’a pas eu d’autre objectif politique que ça.


Donc, le problème en Côte d’Ivoire est attribuable entièrement à Alassane Ouattara, ses rebelles et leurs commanditaires étrangers, en particulier la France. L’ONU elle-même, du moins ses fonctionnaires plus ou moins corrompus par les grandes puissances occidentales, fait partie des grands responsables du sort des Ivoiriens. Tant que Ouattara et ses chefs de guerre seront au pouvoir, les réfugiés et les autres exilés ivoiriens ne pourront pas rentrer dans leur pays.

La cinématographie hollywoodienne et l’OTAN

Ceux qui connaissent le parcours héroïque du grand personnage qu’est Laurent Gbagbo le voient avec beaucoup de douleur assis dans le box des accusés de la CPI, alors que son bourreau, Alassane Ouattara, et les chefs de guerre de ce dernier vaquent tranquillement à leurs activités criminelles. Comment peut-on en arriver là sans désaveu massif de l’opinion publique dans les pays occidentaux, où l’on se dit pourtant attaché aux principes d’une justice indépendante et impartiale et au respect des droits de la personne ?

Les récits construits par la formidable machine de propagande de l’OTAN, dont font partie tous les grands médias du Québec sans exception, sont calqués sur la cinématographie hollywoodienne la plus primaire. Dans le scénario type, l’origine de tout conflit armé est un être abject, dictateur de profession et protagoniste d’une tragédie où s’affrontent ethnies, sectes ou religions. Nous en avons connu plusieurs au cours des dernières années : Juvénal Habyarimana, Slobodan Milosevic, Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, Bachar Al-Assad et, bien entendu, Laurent Gbagbo.

Les ONG et les médias occidentaux investissent beaucoup de temps et d’énergie à occulter les faits et à imputer au monstre les pires atrocités. La répétition incessante des mêmes mensonges fait que le public finit par y croire et perd tout sens critique, même devant les trucages les plus maladroits. Beaucoup de journalistes y croient aussi. Dans une guerre, les premiers à se faire laver le cerveau sont toujours les soldats.

Les insurgés en lutte contre le monstre, qui sont encouragés, armés, financés et appuyés militairement par l’OTAN ou ses affidés, commettent eux-mêmes un grand nombre d’atrocités qui sont avérées, à la différence des atrocités inventées. Mais le scénario s’en accommode parfaitement pour au moins cinq raisons.

Premièrement, on peut imputer plus ou moins subtilement au supposé monstre diverses atrocités commises par ses adversaires, les insurgés. Les ONG et les médias occidentaux affectionnent particulièrement le conditionnel et l’imprécision de la forme passive, qui se prêtent bien à l’inversion de la réalité.

Deuxièmement, les insurgés ont une cause légitime, qui est de mettre fin aux atrocités du monstre. À l’instar de Rambo, ils peuvent s’autoriser divers excès « compréhensibles » dans leur entreprise vengeresse.

Troisièmement, les exécutants ne sont soumis à aucune chaine de commandement officielle, ce qui permet d’absoudre leur grand chef, c’est-à-dire celui qui remplacera le monstre.

Quatrièmement, tout se joue en réalité sur le terrain militaire, et la propagande n’est qu’un volet de la stratégie militaire. Que ceux qui affrontent le monstre soient des truands ne les empêchera pas de le vaincre s’ils disposent de moyens militaires nettement supérieurs. L’objectif visé par l’OTAN sera donc atteint malgré tout.

Cinquièmement, si le préfet nommé par l’OTAN s’avise un jour de désobéir aux injonctions du grand capital occidental, on dispose d’un dossier accablant contre lui pour lui faire subir le même sort que son prédécesseur. On n’aura qu’à dépoussiérer les passages incriminants des rapports des ONG que les médias auront jusque-là occultés ou justifiés implicitement par les injustices et les horreurs attribuées au monstre.


Bref, malgré les ficelles et les décors de carton-pâte que les victimes muselées par les médias pointent du doigt en hurlant de douleur et d’indignation, le scénario hollywoodien appliqué par la machine de propagande de l’OTAN parvient très bien à endormir le public cible, même lorsque les insurgés ne sont rien d’autre que de vulgaires criminels.

La diabolisation de Gbagbo et de ses partisans


La Constitution de la Côte d’Ivoire, approuvée à 87 % par la population, lors d’un référendum, en 2000, est un document juridique exemplaire, qui n’a rien à envier aux Constitutions des États occidentaux, et certainement pas à la Constitution monarchiste du Canada, où le peuple n’est même pas mentionné. À l’article 30, la loi fondamentale de la Côte d’Ivoire dit entre autres que « la République de Côte d’Ivoire est une et indivisible, laïque et sociale. Elle assure à tous l’égalité devant la loi, sans distinction d’origine, de race, d’ethnie et de religion ». Néanmoins, la propagande des médias unanimes du patronat français et de l’OTAN, systématiquement reprise par les médias québécois et canadiens, a diabolisé le premier défenseur de cette Constitution, Laurent Gbagbo, au moyen de diverses légendes, la plus importante étant celle de la fameuse « ivoirité », de la xénophobie et de la discrimination prétendument infligée aux Ivoiriens du Nord. Avec l’aide des ONG et des médias, Alassane Ouattara et ses chefs de guerre ont créé de toutes pièces un conflit interethnique pour masquer leurs objectifs véritables, qui étaient la conquête du pouvoir par les armes, l’enrichissement personnel et le retour en force du système d’exploitation économique occidental.


Dans leur ouvrage intitulé Côte d’Ivoire : Le rattrapage ethnique sous Alassane Ouattara, Gaha Bi Loùkou, Tata Kôkôtré et Océane Siloué démontrent clairement l’absence totale de fondement pouvant étayer la thèse de la dérive ethnocentrique de l’État ivoirien après le décès d’Houphouët-Boigny, autocrate ayant dirigé la Côte d’Ivoire pendant 33 ans et ayant néanmoins été présenté comme un saint par la faune ailée à bec crochu des médias. À l’inverse, Laurent Gbagbo n’a été président que pendant dix ans, y compris huit années de guerre civile commanditée par la France. Voici ce qu’écrivent Loùkou, Kôkôtré et Siloué au sujet du « rattrapage ethnique » de Ouattara et de sa justification, l’ivoirité.

[…] ce projet de rattrapage remonte au début des années 1990. Il faut rappeler qu’à cette époque, M. Alassane Dramane Ouattara avait des démêlés judiciaires à propos de sa nationalité. En lice pour succéder à Houphouët-Boigny, Alassane Dramane Ouattara a réussi à fédérer autour de sa personne et ses ambitions personnelles le sursaut communautariste de ses frères musulmans du Nord. Ce mouvement a débouché sur la publication d’une Charte dite du Nord, « un brûlot ethnocentriste datant de 1991, période où la bataille de succession à Félix Houphouët-Boigny se met en place. Cette charte éclaire d’une lumière crue une stratégie de conquête du pouvoir fondée dès le commencement sur l’exploitation des oppositions tribales pouvant aller jusqu’à la guerre civile. Cette stratégie, c’est celle d’Alassane Ouattara » (Théophile Kouamouo).

Lier rattrapage ethnique et ivoirité, c’est donc faire preuve de mauvaise foi dans la mesure où la source du rattrapage en tant que mode de gouvernance politique sous Ouattara remonte à 1991, et que l’ivoirité comme concept n’a, en soi, rien d’ignoble ou d’infamant.

L’ivoirité se veut en effet la revendication d’une personnalité culturelle spécifique qui soit le produit parfait de la fusion intelligente de « nos traditions » et de « la modernité ». Au demeurant, l’ivoirité, en tant que projet politique et visée sociétale, n’est ni un concept isolé dans le monde ni une démarche exclusionniste. En effet, du point de vue sémantique, le concept de l’ivoirité se rapproche des vocables tels que la francité, l’arabité, la sénégalité ou même « l’American Way of Life ». Malheureusement, il fut dévoyé par le RDR et ses alliés qui l’ont galvaudé de façon opportuniste et à des fins politiciennes. — Extrait de : Gaha Bi Loùkou, Tata Kôkôtré et Océane Siloué, dir., Côte d’Ivoire : Le rattrapage ethnique sous Alassane Ouattara – Fondements, pratiques et conséquences, L’Harmattan, Paris, 2012, p. 11-12. La citation de Théophile Kouamouo est tirée de son ouvrage J’accuse Ouattara (Le Gri-Gri, Paris, 2012, p. 25-26).

Donc, l’ivoirité est postérieure, et non antérieure, à la Charte du Nord de Ouattara, qui ne peut pas prétendre que cette charte est une réaction de défense contre l’ivoirité. De plus, bien que l’ivoirité n’ait rien d’une idéologie xénophobe, elle n’a de toute façon jamais été invoquée ou promue par Gbagbo, dont les efforts ont plutôt été axés sur la promotion de la démocratie, le progrès économique, la justice sociale, la souveraineté de son pays et la défense de la Constitution, des lois et des institutions. En revanche, le gouvernement ethnique de Ouattara ne cesse de porter atteinte aux droits de ses citoyens et de commettre des violations criantes de la Constitution et les lois du pays.

Non seulement l’ivoirité n’est qu’un prétexte pour les ouattaristes des salles de presse occidentales, mais la discrimination qui serait censée en découler n’a jamais existé. Les ethnies du Nord, c’est-à-dire celles des aires culturelles Gur et Mandé Nord, qui constituent environ 25 % de la population ivoirienne (et non 40 % comme le soutient Ouattara), n’ont jamais fait l’objet d’une discrimination systématique. Au contraire, elles ont été constamment favorisées par les gouvernements d’Houphouët-Boigny, de Bédié de Guéi et de Gbagbo.

À l’aide des sources les plus fiables, notamment les archives nationales de la Côte d’Ivoire, la liste des membres des 38 gouvernements formés du 30 avril 1959 au 13 mars 2012, le Recensement général de la population et de l’habitat ainsi que la publication officielle La Côte d’Ivoire en chiffres, Loùkou, Kôkôtré et Siloué font une autre démonstration claire : « S’agissant de la marginalisation des nordistes sous Laurent Gbagbo, les faits, y compris ceux des régimes antérieurs, contredisent à tous points de vue les accusations portées par Alassane Dramane Ouattara. »

D’Houphouët-Boigny à Guéi, les « nordistes » ont occupé de 22 à 25 % des postes de ministre et ont la plupart du temps été au deuxième rang des ethnies représentées. Mieux encore, les auteurs soulignent que, pendant le mandat présidentiel de Laurent Gbagbo, « le principal mis en cause par Alassane Dramane Ouattara, les résultats épousent la tendance observée depuis le début, avec une percée fulgurante des Malinké (Mandé Nord) qui occupent la première place (62 nominations) devant les Baoulé (58 nominations) et les Bété (51 nominations) sur l’ensemble des 21 ethnies représentées aux gouvernements [successifs de] Laurent Gbagbo. »

Les auteurs démontrent en outre que « de toutes les régions du pays, le Nord est celle qui a le plus reçu de l’État de Côte d’Ivoire en matière d’appuis politico-financiers et culturels, précisément dans le cadre de la politique de réduction des disparités régionales. Sous ces différents rapports, Laurent Gbagbo a significativement œuvré à la promotion du Nord, alors que le pays était coupé en deux par une rébellion conçue et conduite par des ressortissants du Nord dont Guillaume Soro, Soumaïla Bakayoko, Ibrahima Coulibaly dit IB, Koné Zakaria, Wattao, etc. et pour le compte d’Alassane Dramane Ouattara lui-même, dixit Koné Zakaria en confession publique (lors d’un meeting) et volontaire » (idem, p. 12-13).

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